Un Olivier Aubin-Mercier champion et retraité

Pour la deuxième année consécutive, Olivier Aubin-Mercier a remporté la finale des poids légers de la Professional Fighters League (PFL), le 24 novembre à Washington. Une victoire d’un million de dollars synonyme de retraite pour le Montarvillois d’origine, annoncée le 29 novembre dernier. 

« Je suis content de ma décision! C’est le bon moment pour accrocher mes gants », indique Olivier Aubin-Mercier. Après son combat, c’est un Olivier Aubin-Mercier émotif et épuisé, physiquement et mentalement, qui s’est exprimé en français. « Ils peuvent le garder, leur anglais, eux autres, lance-t-il en référence à Marc-Antoine Dequoy des Alouettes de Montréal. Je suis vraiment fatigué. C’est difficile pour moi de vous dire ça, mais je pense que c’est fini. J’ai besoin d’un gros repos. »

La fin

En entrevue, il explique ce flot d’émotions ressenti dans l’octogone. « Le combat, c’est l’entité de toute ma vie! Je ferme le plus gros et le seul chapitre de ma vie. Je suis content que ce soit fini et j’avais hâte de revoir ma famille », mentionne celui qui est devenu papa une deuxième fois, il y a à peine deux mois.

D’ailleurs, il y a un an, il évoquait déjà cette idée de retraite, mais pas avant une dernière saison dans la PFL. « Je veux gagner à nouveau la ceinture au terme de la prochaine saison », disait-il. L’objectif a été réalisé. Au centre de la petite table que nous occupons pour la rencontre sont déposées ses deux ceintures de champion. Celle de l’année dernière et celle acquise il y a quelques jours contre l’Américain Clay Collard par décision unanime (49-46, 49-46, 49-46). « C’est bien de finir ça au top », commente-t-il, faisant référence à sa fiche de 11-0 en PFL en trois ans. 

Quand on lui demande quelle ceinture est la plus importante à ses yeux, il pointe celle de 2022 sans hésitation. Cette victoire a changé sa vie complètement, sur tous les plans. C’est aussi son moment le plus marquant de son passage dans la PFL. « Cette année, c’est un bonus pour solidifier mon statut, insiste-t-il avant de croquer dans un sandwich. J’aurais pu perdre mon dernier combat. Ça aurait été correct, mais plate. »

Reconnaissance

Dans le café où il est attablé pour l’entrevue, les gens zieutent du coin de l’œil les deux trophées. Les clients l’accostent. Ils le félicitent, impressionnés, pour sa ceinture, pour sa victoire. Ils lui souhaitent bonne retraite. Selon lui, cette reconnaissance du public s’estompera d’ici deux, trois semaines. En attendant, les Québécois sont respectueux sans exagérer. « Aux États-Unis, ils sont plus intenses. Je me tiens avec Georges [St-Pierre]. Avec GSP, le monde perd le contrôle de leur corps. Avec moi, les gens ne perdent pas le contrôle! »    

En tant que Québécois, fait-il partie de l’élite de son sport, au même titre que Laurent Duvernay-Tardif, GSP, Charles Hamelin, Mikaël Kingsbury ou Mario Lemieux? Selon le principal intéressé, il fait partie de l’élite des arts martiaux mixtes (MMA). « Je pense que tout le monde est d’accord là-dessus. Mais est-ce que je suis aussi grand que GSP? Non! Je n’ai pas accompli la moitié de ce qu’il a accompli. »

Champion retraité

Se retirer avec une ceinture de championnat termine bien une carrière, selon l’homme de 34 ans. « M’entraîner avec Georges m’a aidé à prendre cette décision. Notre sport est différent des autres. Dans le MMA, t’es souvent le dernier à savoir que c’est le temps d’arrêter. Ton entourage le sait alors que toi, tu as toujours espoir. J’aimais mieux arrêter avant de me casser la gueule » indique celui qui aurait déjà des offres du côté de la télévision.