Un retour à la normale pour le marché de l’automobile

Durant la pandémie, le marché de l’automobile fonctionnait au ralenti. Les manufacturiers peinaient à répondre à la demande. Qu’en est-il aujourd’hui?

« On revient à un marché normal comme il était en 2019. Il n’y a pratiquement plus de pénurie, explique Bruno-Pier Dubeau, directeur général du concessionnaire Park Avenue Lexus Sainte-Julie. C’est sûr que durant la pandémie, on a du s’adapter. On a appris à vendre des véhicules en commande plutôt que des véhicules en stock [parce qu’il n’y en avait pas]. On remarque des changements dans le comportement des acheteurs. Les gens sont plus prévoyants. Par exemple, les clients qui louent un véhicule viennent parfois un an ou deux avant la fin de la location pour commander un nouveau véhicule. Mais aujourd’hui, ce n’est plus nécessaire de se prendre autant en avance. »

Il ajoute « Pour les modèles populaires, le délai d’attente est de quelques jours. Pour des modèles plus spécifiques, le délai se trouve entre huit et douze semaines. Ce sont des délais normaux. Rien à voir avec les mois d’attente que l’on a vus durant la pandémie. »

Pour Michel Schelgel, président de St-Bruno Nissan, « Le stock n’est pas tout à fait revenu comme avant, mais ça devrait l’être d’ici l’été. Pour ce qui est des véhicules neufs, les prix n’ont pas augmenté, on voit le retour des promotions. Pour les véhicules usagés, on voit que les prix se sont stabilisés. Pendant la pandémie, on a vu une chute des ventes d’environ 25 %. Cette année, on a vu une hausse des ventes, il n’y a pas de liste d’attente pour des véhicules à part pour des modèles spécifiques. Donc, on revient à la normale prépandémique ».

Pour St-Basile Honda, le marché de l’usagé durant la pandémie a explosé. « L’année 2021 a été la plus profitable depuis longtemps. Il n’y avait pratiquement plus de modèles neufs disponibles. Les gens se sont tournés vers le marché de l’occasion. Pour ce qui est de la fabrication des véhicules, on est de retour à la normale. On parle de quelques semaines environ », déclare Anthony Labrecque, directeur général des ventes chez St-Basile Honda.

« On a appris à vendre des véhicules en commande plutôt que des véhicules en stock. » – Bruno-Pier Dubeau

Taux d’intérêt

La hausse des taux d’intérêt n’a pas seulement freiné quelque peu le marché immobilier, elle a aussi touché le domaine de l’automobile. « Les gens qui ont un véhicule en échange, ça ne les a pas beaucoup affectés, mais ceux qui n’en avaient pas ont préféré attendre que les taux baissent », explique M. Dubeau.

Pour St-Basile Honda, la hausse des taux d’intérêt n’a pas vraiment affecté les ventes. « Pour les modèles neufs en location, on offre des taux très avantageux. On n’est plus dans le 6 ou 7 %, maintenant. C’est dans le marché des véhicules usagés que les taux n’ont pas changé », mentionne M. Labrecque.

Électrification

À compter du 1er janvier 2025, la subvention de 7 000 $ du gouvernement du Québec pour l’achat d’une voiture hybride ou électrique sera graduellement réduite jusqu’à son abolition complète, en 2027. Ce qui incite les gens à acheter leur véhicule électrique plus rapidement. « L’offre a beaucoup augmenté. Les gens qui pensaient acheter un véhicule électrique dans deux ans ont devancé leur décision. On prévoit un engouement jusqu’à la fin de la subvention », explique M. Dubeau.

Comme chez Lexus Sainte-Julie, Nissan St-Bruno voit une hausse de la demande pour les voitures électriques. « On prévoit un boost des ventes pour les deux prochaines années », mentionne M. Schelgel.

Chez St-Basile Honda, les voitures électriques ne sont pas monnaie courante. Donc, de ce côté, le concessionnaire n’en a pas été affecté. « Honda n’est pas en avance pour ce qui est de ses modèles électriques. Honda avait préféré s’orienter vers des pratiques écoresponsables dans la construction de ses modèles à essence. Ce sont les produits les plus verts du marché. Le Honda Prologue devrait voir le jour sous peu. Il s’agit d’un modèle d’essai qui sera offert pendant seulement deux ans. Par la suite, quelques modèles électriques devraient voir le jour d’ici 2025 ou 2026, mais à ce moment-là, les subventions n’existeront plus », déplore M. Labrecque.