Vers des destinations vacances depuis l’aéroport de Longueuil

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Par Frédéric Khalkhal
Vers des destinations vacances depuis l’aéroport de Longueuil
(Photo : archives)

L’aéroport Montréal – Saint-Hubert – Longueuil confirme dans sa « Vision prête à décoller » sa volonté d’aller de l’avant pour devenir un aéroport régional et international.

Charles Vaillancourt, président du conseil d’administration de Développement aéroport Saint-Hubert de Longueuil (DASH-L), gérant l’aéroport Montréal – Saint-Hubert – Longueuil, a confirmé la vision aéroportuaire de YHU(identifiant de localisation de l’aéroport).

La « Vision prête à décoller » de l’aéroport, présentée mardi, la semaine dernière, par M. Vaillancourt, invité par la Chambre de commerce et d’industrie de la Rive-Sud (CCIRS), confirme que la vision à long terme de l’administration aéroportuaire est de faire de Longueuil une ville dotée d’un aéroport international. À la dernière phase du projet, M. Vaillancourt envisage « un million de passagers par année. C’est 3 % du volume projeté à Dorval en 2030. Cela représenterait 50 vols par semaine. L’aéroport deviendra le plus accessible au grand public ».

Les vols commerciaux régionaux, déjà assurés par Pascan Aviation, pourraient s’accroître, mais la volonté à long terme de l’aéroport est de devenir l’aéroport secondaire de l’aéroport Pierre-Elliott Trudeau, en proposant des vols internationaux à bas coût. « À plus long terme, on veut ramener les usagers des aéroports de Burlington et de Plattsburgh à Longueuil vers les destinations vacances. Une étude du Conseil des aéroports du Canada en 2012 a indiqué que 724 000 Canadiens avaient pris un vol dans des aéroports limitrophes aux États-Unis. Le slogan de l’aéroport de Plattsburgh est même ‘’l’aéroport américain de Montréal’’. Nous voulons être en concurrence avec les aéroports américains pour un service qui n’est pas offert à l’aéroport de Montréal. »

« À plus long terme, on veut ramener les usagers des aéroports de Burlington et de Plattsburgh à Longueuil vers les destinations vacances. » – Charles Vaillancourt

Début de la vision
Déjà, à l’été 2018, l’aéroport Montréal – Saint-Hubert inaugurait sa nouvelle piste capable d’accueillir de gros porteurs tels que des Boeing 737 et des Airbus A220/320. Cet investissement de 17 M$, largement subventionné par Ottawa, a marqué le début de la vision de l’aéroport encore mise de l’avant trois ans plus tard.

La nouvelle piste a marqué le coup d’envoi d’une vaste stratégie de développement visant à faire de l’aéroport Montréal – Saint-Hubert la plaque tournante du transport aérien régional au Québec et à offrir des services aériens abordables et de qualité à la population de la Rive-Sud et de la Montérégie. À l’époque, l’aéroport ne se cachait pas de sa volonté d’accueillir déjà des compagnies aériennes à bas coût pour des vols internationaux.

Clause de non-concurrence
L’aéroport a réussi rapidement à se sortir des effets néfastes de la pandémie qui l’a frappé de plein fouet au début de la crise en 2020. « Beaucoup des activités de l’aéroport sont des services essentiels. On en est presque, aujourd’hui, à une activité normale », d’indiquer M. Vaillancourt.

Ce qui semble plus problématique pour l’instant, c’est de devoir respecter une clause de non-concurrence avec l’aéroport de Montréal, signée dans les années 90 et valide pendant 60 ans. « L’aéroport de Montréal a l’exclusivité des vols internationaux. Il faudra travailler avec Transports Canada pour éliminer ces restrictions afin que l’on puisse travailler en toute complémentarité avec Dorval, qui ne propose pas de vols internationaux à bas coût. Ceci oblige les usagers à aller aux États-Unis pour en bénéficier aujourd’hui. »

Si la vision se réalisait, les perspectives économiques avancées par M. Vaillancourt auraient des retombées financières annuelles d’un milliard de dollars et près de 5 000 emplois seraient créés d’ici 2037.
Mais avec l’impossibilité de proposer des vols internationaux aux compagnies à rabais pour le moment, l’aéroport souhaite se concentrer sur le rôle régional qu’il veut développer. Sans oublier de négocier avec le gouvernement fédéral pour proposer des vols internationaux.

« Depuis le retrait d’Air Canada, Pascan a fait l’acquisition de nouveaux appareils pour devenir le transporteur régional du Québec. On va tout faire pour favoriser le développement de Pascan. »

Prochaine étape : une aérogare
Pour l’instant, aucune date n’a été avancée pour la mise en place de cette vision qui a pris du retard.

Mais la priorité semble être la construction d’une aérogare. « On a besoin d’une aérogare. On va commencer avec quelque chose de petit. Nous comptons investir entre 20 et 100 millions dans les infrastructures de l’aéroport pour notre vision », de conclure M. Vaillancourt.

Réaction des élus
La mairesse de Sainte-Julie, Suzanne Roy, reste vigilante quant à cette annonce. « Nous sommes conscients du rôle économique majeur de l’aéroport et de son importance pour le tissu socio-économique de la région, mais il est essentiel que ce développement ne se fasse pas au détriment de la qualité de vie des citoyens. Cependant, il est inconcevable que des avions circulent la nuit et perturbent le sommeil de nos citoyens. Nous demandons expressément que l’aéroport cesse ses vols de nuit. »

À Saint-Basile-le-Grand, le maire, Yves Lessard, voit dans le développement de l’aéroport quelque chose de logique. « Pour notre région, il y a certes un intérêt économique, mais l’intérêt réside aussi dans la facilité d’accès à des services aéroportuaires de proximité, tant à l’intérieur de nos frontières qu’à l’international. Ce projet est en devenir. Le potentiel dormant de cet aéroport va, par la force des choses, être appelé à se réveiller. Pour obtenir l’adhésion citoyenne des communautés limitrophes à l’aéroport, les promoteurs ont une obligation de démonstration, soit celle d’assurer une cohabitation harmonieuse avec les résidants des villes voisines; c’est un impératif. »

Pour le député fédéral de Montarville, Stéphane Bergeron, « même si une panoplie de mesures ont été mises en place par DASH-L, il n’en demeure pas moins que les perceptions sont toujours présentes et à mon sens, les vols de nuit restent le principal irritant. Ma compréhension est que l’aéroport n’est pas surchargé de vols et que les passagers ne sont pas davantage enthousiastes à l’idée de prendre leurs vols au milieu de la nuit. Il doit certainement y avoir moyen de concilier tout cela ».

La députée provinciale de Montarville, ministre de la Culture, Nathalie Roy, n’a pas voulu commenter l’information. Son entourage nous a indiqué que comme les aéroports sont régis par le fédéral et que puisqu’il s’agit d’un dossier régional, « le sujet sera abordé au sein du caucus des députés de la Montérégie ».

Le maire de Saint-Bruno-de-Montarville a refusé de se prononcer sur le sujet.

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