Vaccination contre la COVID-19, c’est bientôt au tour des enfants

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Par Frank Rodi
Vaccination contre la COVID-19, c’est bientôt au tour des enfants
C’est le sujet de l’heure autour de la COVID-19 : la vaccination des enfants. (Photo : archives)

Pendant que Pfizer demande à Santé Canada d’approuver le premier vaccin contre la COVID-19 pour les enfants âgés de 5 à 11 ans, les États-Unis s’apprêtent à vacciner les leurs dès le mois prochain. Le journal Les Versants aborde le sujet avec la professeure au Département des sciences biologiques à l’Université du Québec à Montréal (UQAM), Tatiana Scorza.

Vacciner les enfants de 5 à 11 ans, pourquoi?

Compte tenu que les enfants peuvent être une source d’infection, de transmission et que certains d’entre eux peuvent manifester des formes plus sévères de la COVID-19. La plupart des enfants ne manifestent pas de symptômes importants, mais il y a des exceptions; certains sont malades. [Enfin, puisque] les essais cliniques démontrent une excellente tolérance à la vaccination – c’est-à-dire l’absence d’effets secondaires majeurs –, [alors] leur vaccination est envisagée. [Elle] mènera à un meilleur contrôle de l’épidémie et de possibles éclosions. Le vaccin à base d’ARN est moins dangereux qu’un vaccin à base de virus atténué. Il faut aussi considérer que plus un virus se transmet, plus il sera en mesure de muter.

Appréhendez-vous la réaction des parents?

Je pense que la plupart des parents seront pour la vaccination, mais certains pourraient craindre l’inconnu. Il faut faire confiance aux vaccins, car la technologie est de pointe, les essais cliniques sont rigoureux et il y a une transparence dans la communication des résultats.

Des enfants de 0-4 ans et de 5-11 ans, des ados et des adultes, une différence entre ces systèmes immunitaires?

Oui! C’est clair que l’immunité est différente. Notre immunité adaptative (avec mémoire) se développe progressivement. Chaque cellule de l’immunité adaptative (cellules B et T) qui est stimulée par la présence d’un micro-organisme étrange, se multiplie et devient plus efficace à répondre. Un nouveau-né n’a jamais eu de contact avec des pathogènes ou des micro-organismes (sauf dans le cas de certaines infections durant la grossesse), et son corps est protégé par des anticorps de la mère qui passent à travers le placenta, ou des anticorps fournis par le lait maternel (immunité passive). Mais cette protection est de courte durée, car les anticorps ont des dates d’expiration, n’étant pas produits par l’enfant lui-même. Les jeunes enfants ont un système immunitaire inné qui les protège, mais il est moins bien performant que celui des enfants plus âgés, adolescents et adultes. À Radio-Canada, j’ai été interviewée au sujet du vaccin RTS-S/ASO1 contre la malaria, qui sera donné aux enfants en Afrique. On vise la même stratégie : renforcer l’immunité chez les très jeunes au moment où l’allaitement sera diminué et que les anticorps transmis par le placenta auront disparu. La malaria est plus complexe que la COVID-19, et le vaccin est un outil accessible qui pourra sauver des vies.

Des risques à vacciner les enfants?

Les données publiées montrent que les bénéfices surpassent largement les risques. Comme mentionné, les effets secondaires sont comparables et rares. La vaccination stimulera le système immunitaire des jeunes enfants et les préparera à mieux combattre une infection éventuelle par le virus. Ceci est analogue à la vaccination DCaT-Polio-Hib. Les rappels sont nécessaires à cause de la même raison.

Que pensez-vous des antivaccins?

Être antivaccin représente être égoïste. Être antivaccin représente être indifférent à la situation de pandémie, être contre le contrôle de la pandémie. Ceci veut dire être indifférent au fait que d’autres pourront tomber malades et même mourir.

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