Une valeur sûre en bibliothèque

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Par Frank Rodi
Une valeur sûre en bibliothèque
À la bibliothèque Roland-LeBlanc, à Saint-Basile-le-Grand, un présentoir a été préparé à l’entrée pour rendre hommage à la reine du suspense. (Photo : Frank Jr Rodi)

Décès de Mary Higgins Clark

L’auteure à succès Mary Higgins Clark est décédée le 31 janvier dernier, à l’âge de 92 ans. Dans les bibliothèques municipales, ses romans se comptent par dizaines.

La reine du suspense aura rédigé plus d’une cinquantaine de romans au cours de sa prolifique carrière. Son premier, La maison du guet, est paru en 1975; son plus récent, En secret, a été publié l’année dernière. À partir des années 90, elle s’est mise à lancer de nouveaux ouvrages tous les ans.

« Je crois que depuis l’annonce de son décès, il y aura une recrudescence d’intérêt pour ses ouvrages. » – Marie-Hélène Parent

Pour la bibliothécaire en chef Marie-Hélène Parent, de la bibliothèque municipale de Sainte-Julie, Mary Higgins Clark est une auteure qui a mis le genre du suspense de l’avant tout au long de sa carrière : « Mary Higgins Clark a permis de créer un grand engouement autour de ce genre littéraire. Son succès a ouvert la porte à d’autres écrivaines semblables, à donner une erre d’aller. » Marie-Hélène Parent pense notamment aux Patricia Highsmith et Lisa Gardner.

« Comme auteure, elle avait ce talent pour nous tenir en haleine dans ses intrigues, mais aussi cette facilité à nous accrocher pour aller lire le roman suivant. Elle maîtrisait très bien son art », de mentionner Marie-Hélène Parent.

En entrevue avec Les Versants, la bibliothécaire indique que les plus récents titres de la romancière sont encore empruntés par les usagers de Sainte-Julie. La preuve, au moment d’écrire ces lignes, il y a 18 réservations pour son dernier, En secret. Dernière danse, paru en 2018, est aussi emprunté. Les plus anciens le sont un peu moins. Tout de même, il y aurait 74 prêts par document de Mary Higgins Clark, en moyenne, dont plusieurs ont été empruntés plus de 100 fois. Pour un seul titre, on dénombre près de 300 sorties. « Elle connaît du succès pas seulement chez nous, mais dans plusieurs autres bibliothèques aussi. Je crois que depuis l’annonce de son décès, il y aura une recrudescence d’intérêt pour ses ouvrages. »

À la bibliothèque municipale de Sainte-Julie, un présentoir sera installé pour promouvoir les romans de Mary Higgins Clark, confirme Mme Parent. « C’est quelque chose que nous faisons régulièrement, afin que les lecteurs découvrent ou redécouvrent un auteur. Mais souvent, la problématique avec ce concept, c’est que dès le lendemain, il n’y a déjà plus rien… »

Bibliothèque Roland-LeBlanc

De son côté, la directrice de la bibliothèque Roland-LeBlanc, à Saint-Basile-le-Grand, France Goyette, évoque une « écrivaine de longue date, une valeur sûre, mais dont le style s’était essoufflé avec le temps alors que les intrigues étaient devenues redondantes ». Elle précise sa pensée : « Ce n’est pas évident de se renouveler en publiant un roman par année. Cependant, je sais que plusieurs vont continuer à la lire. »

Sylvette Toutant, du service d’aide aux lecteurs, avance un total de 131 emprunts des romans de Mary Higgins Clark en 2019, dont 128 pour les titres en français.

France Goyette croit que le genre littéraire que préconisait Mary Higgins Clark a été remplacé au cours des dernières années par les polars scandinaves, devenus fort populaires depuis la sortie de la trilogie Millénium du Suédois Stieg Larsson, et tous les autres écrivains qui ont suivi la vague : les Henning Mankell, Jo Nesbø , Jussi Adler-Olsen, Camilla Läckberg… « Ils présentent des intrigues beaucoup plus complexes, dans un univers glauque, et souvent écorchent la société moderne. »

Or, France Goyette reconnaît le succès et l’influence de Mary Higgins Clark. « C’est un genre qui fonctionne et qui est fort populaire aujourd’hui. L’enquête policière avec un enquêteur, c’est aussi très apprécié des lecteurs. » Elle pense à Martin Michaud, Louise Penny, Chrystine Brouillet, qui imaginent des intrigues policières avec un personnage d’enquêteur.

À la bibliothèque Roland-LeBlanc, il y a un présentoir à l’entrée, avec une dizaine de romans de l’auteure récemment décédée.

À la bibliothèque municipale de Saint-Bruno-de-Montarville, les romans imprimés de Mary Higgings Clark (en français et en anglais) ont été empruntés 332 fois en 2019. Il y a 99 livres imprimés de cette écrivaine dans la collection de la bibliothèque. La demande d’entrevue avec le journal a été déclinée.

QUESTION AUX LECTEURS :

Quelle influence Mary Higgins Clark laisse-t-elle dans la littérature de suspense?

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