Manteaux d'hiver : une spécialité montarvilloise

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Par Frédéric Khalkhal
Manteaux d'hiver : une spécialité montarvilloise

Sophie Boyer a acheté il y a cinq ans Audvik, une entreprise qui fabrique des manteaux d’hiver.
Dans la vingtaine, Sophie Boyer, une enfant de Saint-Bruno-de-Montarville résidant désormais à Montréal, regardait d’un air intéressé la marque Audvik. En 2011, l’entreprise de manteaux d’hiver, qui existe depuis 30 ans, ne semble plus intéresser les propriétaires de l’époque, des amis de la famille de Mme Boyer. La jeune entrepreneure, alors aux études en marketing en même temps que de travailler au magasin de sport Atmosphère aux Promenades St-Bruno, saute sur l’occasion. Elle achète.
« Je l’ai vu comme une belle opportunité. La marque manquait d’amour et était destinée à une population plus âgée. J’ai vu là l’occasion de rajeunir Audvik et de la rendre plus attrayante pour des jeunes actifs », révèle l’entrepreneure du haut de ses 29 ans aujourd’hui.
Rajeunir une marque en commençant par lui créer un site Internet. « Ça a été l’une des premières étapes. Les gens peuvent désormais passer des commandes sur le Web, ce qui n’était pas le cas avant. Nous sommes également présents sur les réseaux sociaux. J’ai visé les jeunes professionnels, dans le monde du manteau d’hiver, avant que les autres fabricants au Québec n’embarquent », explique-t-elle avec beaucoup de fierté.

« On a, de nos jours, des matériaux légers qui font qu’on ne devrait plus craindre de sortir faire du sport l’hiver. » – Sophie Boyer

On pourrait croire que le manteau d’hiver est d’ailleurs une spécialité québécoise et plus particulièrement montarvilloise, car le concurrent direct d’Audvik, Kanuk, même s’il ne s’adresse pas au même public, d’après Mme Boyer, est la propriété d’un résidant de la ville. L’entreprise quarantenaire a été fondée par Louis Grenier, un artisan demeurant à Saint-Bruno-de-Montarville.

Bien entourée

À 24 ans, lorsqu’on se lance dans le manteau d’hiver en achetant une enseigne peu connue, il est nécessaire d’être bien entouré. C’était le cas de Mme Boyer. « Il y a beaucoup d’entrepreneurs dans ma famille. Ma mère est même designer en mode et elle a travaillé pour de grandes marques. La première année, après l’acquisition, j’ai travaillé dans le sous-sol de mes parents à Saint-Bruno. Aujourd’hui, après cinq ans d’efforts, cela fait plaisir d’en récolter les fruits », précise-t-elle.
Les grands magasins de sport ont fait confiance à l’entrepreneure en proposant ses produits sur leurs tablettes. Les ventes étant au rendez-vous, les manteaux y ont acquis une place plus permanente. « La prochaine étape est d’exporter Audvik dans l’Ouest et à l’international. »

Un travail de fond

L’endurance et la ténacité ont été deux des qualités nécessaires à Sophie Boyer pour réussir son pari. Deux traits de caractère qu’elle a pu aisément développer tout au long de son parcours sportif. « Je participais à Équipe Québec en ski de fond. Mes parents habitent près de la montagne, alors je n’avais qu’à chausser mes skis pour embarquer sur les pistes. À l’Université de Sherbrooke, je faisais partie de l’équipe Vert et Or. Il a fallu que je choisisse ma voie, à un certain moment, et ce sont mes études et le monde de l’entrepreneuriat qui ont gagné. »
La barrière entre le ski de fond et la conception des manteaux d’hiver est très fine dans le choix de vie de Mme Boyer. « Audvik reste au plus proche de mes valeurs. Il y a plein d’activités l’hiver, j’apprécie cette saison. On a, de nos jours, des matériaux légers qui font qu’on ne devrait plus craindre de sortir faire du sport l’hiver. »
Aussi, les manteaux sont confectionnés à 100 % à Montréal. « Il n’y a que les tissus très techniques qui ne viennent pas d’ici. C’est important d’encourager les gens d’ici. La fourrure que nous employons pour les capuches vient d’Harricana et est donc recyclée. »
À 29 ans, une dizaine de personnes travaillent pour elle dans les ateliers à Montréal. Cette année. Les manteaux, garantis à vie, peuvent être réparés au besoin aux ateliers en se rendant sur place.
« La gamme de prix s’étend sur une échelle de 500 $ à 700 $, ce qui s’avère donc un excellent rapport qualité-prix. Notre gamme de produits propose huit modèles pour les hommes et huit pour les femmes », indique Mme Boyer, qui se transforme pour l’occasion en vendeuse.
 
 

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