Une première ferme urbaine

Par Marianne Julien
Une première ferme urbaine
(Photo : Courtoisie)

Dossier

Agriculture urbaine Saint-Bruno développe un projet de complexe agricole à bilan carbone neutre afin de nourrir la population sans négliger l’environnement.
Élizabeth Ménard, à la tête d’Agriculture urbaine Saint-Bruno, est prête à offrir plus de produits du terroir aux Montarvillois. « Jusqu’à aujourd’hui, on fournissait surtout des fruits et des légumes, maintenant on passe à autre chose, on agrandit notre offre et on veut amener des animaux », déclare-t-elle.
Elle lance un appel à tous les citoyens afin de déterminer ce qu’ils veulent : « Ils ont maintenant la possibilité de demander la nourriture dont ils ont besoin. Désormais, on est une ville nourricière et on va leur donner ce qu’ils veulent. » Elle ajoute que c’est la période pour le faire, car en juillet, il sera trop tard.
Parmi les nouveaux produits, Élizabeth Ménard annonce qu’il y aura des céréales, le blé étant en grande demande : « On a eu beaucoup d’intérêt pour des grains, donc on s’affaire à ça et on va s’ajuster d’année en année pour fournir plus de grains pour les citoyens. »
Les œufs aussi sont très demandés, c’est pourquoi l’entreprise se lancera dans une production de 1500 canards cet été. Les canards en tant que tels seront pratiques pour l’élevage de poisson que l’entreprise prévoit installer.
Un autre animal fera son entrée sur le site : des brebis en lactation. « La brebis, c’est une espèce acceptable et polyvalente. On peut utiliser sa laine, son lait, sa viande, etc. », explique l’entrepreneure. Elle estime leur nombre à 400.
Sur le long terme, plusieurs arbres fruitiers et d’arbres à noix seront plantés, comme des pruniers, cerisiers, poiriers, etc.

« Ils ont maintenant la possibilité de demander la nourriture dont ils ont besoin. »
– Élizabeth Ménard

Complexe agricole à bilan carbone neutre

Ce projet a pour objectif de produire encore plus de nourriture tout en réduisant les émissions de gaz à effet de serre (GES).
Afin d’y arriver, l’entreprise fera usage de nouvelles technologies et pratiques. Elle se convertira à la production biologique, ce qui signifie qu’elle traitera les déchets organiques afin de produire du compost et du méthane à l’aide d’un biométhaniseur.
Ces technologies seront mises à sa disposition grâce à plusieurs partenaires, tels que l’Université du Québec à Trois-Rivières, le Conseil national de recherches Canada, l’Institut de recherche et de développement en agroenvironnement (IRDA).
Selon Élizabeth Ménard, 10 technologies seront développées grâce à ces laboratoires. « Elles existent déjà depuis des années, mais elles n’ont jamais eu la chance de sortir des laboratoires. Notre projet va permettre de les mobiliser et de les adapter au domaine agricole. »
Le complexe contiendra notamment des serres afin de produire des fruits et légumes hors saison, mais aussi des productions tropicales. « On va être capables de faire pousser des citrons, des avocats et plein d’autres fruits et légumes qui ne poussent pas d’habitude au Québec. »

Un projet à long terme

Ce n’est pas bientôt que ce complexe se construira à Saint-Bruno. Bien que le projet ait été accepté par le ministère de l’Économie, de la Science et de l’Innovation (MESI), le financement provenant de celui-ci n’est pas encore confirmé. « Le ministère met 12 millions de dollars à la disponibilité d’un certain nombre de projets selon un pointage, explique Élizabeth Ménard. On attend encore de savoir quel sera le nôtre afin de savoir quel montant on va recevoir. »
D’autres partenaires ont annoncé leur participation, dont la Ville de Saint-Bruno, qui investira environ 850 000 $, sous condition de l’adoption d’un règlement permettant l’emprunt.
Il y a également des difficultés techniques qui s’imposent. Élizabeth Ménard a souligné que le site n’était pas encore idéal : « Avant d’amener les animaux, il faut régler le problème de l’eau. Les souterrains sont salés, donc il faut améliorer la qualité de l’eau en la dessalant. »
Elle mentionne aussi que ces terres étaient en friche depuis plus de 15 ans : « La qualité du sol n’est pas là, il va falloir des années de travail pour ramener ces sites en culture. L’année passée, on a fauché le phragmite et cette année, on va se concentrer sur le drainage. »
Ce projet en est un d’envergure, mais Élizabeth Ménard se dit déterminée. « On est engagés à livrer aux citoyens ce dont ils ont besoin. Ça fait plusieurs années qu’on travaille sur le projet et on est vraiment sur le point d’y arriver », conclut-elle.

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