Une première année encourageante

Une première année encourageante

Le responsable des opérations et le directeur général démontrent une partie du digestat produit.

Crédit photo : Courtoisie

Matières organiques

L’usine de biométhanisation de Varennes complète bientôt sa première année d’opération et présente un bilan prometteur pour les années à venir.

En opération depuis le 8 janvier 2018, l’usine de biométhanisation de la Société d’économie mixte de l’est de la couronne sud (SÉMECS) est très près d’atteindre l’objectif du gouvernement de traiter 60 % des matières organiques de son territoire.

Il s’agit d’un grand pas en une seule année, considérant qu’en 2017, seulement 12 % de ces matières étaient valorisées, selon Sylvain Berthiaume, directeur général par intérim de la SÉMECS.

Ce dernier se dit satisfait de la participation de la population à ce jour : « Les citoyens sont de bons citoyens, le taux de participation rencontre nos attentes pour une première année. C’est sûr qu’il y a encore du travail à faire, c’est un processus normal que je comparerais aux bacs bleus à l’époque, c’est une question de temps avant qu’on aille un taux de participation de 100 %. »

Même son de cloche pour ce qui se trouve dans les fameux bacs bruns. « La qualité de la matière que nos citoyens envoient est bonne, pas trop de sacs, ça va bien. On est somme toute très satisfaits », ajoute Sylvain Berthiaume.

Encore des améliorations à faire

« La qualité de la matière que nos citoyens envoient est bonne. On est somme toute très satisfaits. » – Sylvain Berthiaume

Il y a toutefois quelques ajustements à faire pour optimiser le traitement des matières organiques.

Le directeur général informe que l’usine reçoit trop de branches et de feuilles, alors que c’est interdit : « Il faut comprendre que la place des branches c’est au compostage, pas dans une usine de biométhanisation. »

Pendant une visite des installations, le gestionnaire et responsable des opérations, Sylvain Trépanier, a aussi démontré que des gens mettaient parfois des bouts de métal, des pierres et d’autres grosses matières non organiques dans les bacs. Ces matières pourraient endommager la machinerie.

Sylvain Berthiaume a également émis un avertissement concernant les sacs de plastique. Il ne faut pas les utiliser, même s’ils sont dits compostables ou biodégradables. « Les sacs compostables prennent trop de temps à se dégrader pour qu’on les garde et les sacs biodégradables sont un mythe environnemental : ils se dégradent en microparticules qui prennent autant de temps que n’importe quel plastique à se dégrader, explique-t-il On ne veut pas de plastique dans notre digestat, c’est pourquoi on encourage les gens à utiliser les sacs qu’on a donné ou toute source de papier. »

À savoir sur la biométhanisation

La biométhanisation est un procédé de recyclage biologique qui, sous l’action de microorganismes en l’absence d’oxygène, produit un digestat, du biogaz et de l’eau.

Le biogaz pourra bientôt être vendu à Greenfield global, membre du consortium Biogaz EG qui détient 33 % des actions de la SÉMECS, tandis que le digestat est utilisé en milieu agricole.

L’usine détient une technologie qui permet d’extraire du sulfate d’ammonium lors du traitement des eaux utilisées pendant le procédé, une matière pouvant être vendue aux producteurs d’engrais chimiques.

À quand pour Saint-Bruno ?

La SÉMECS traite actuellement 30 000 tonnes de matières organiques provenant des 27 municipalités des MRC de la Vallée-du-Richelieu, Marguerite-d’Youville et de Rouville. Sa capacité est de 40 000 tonnes sur une courbe de croissance prévue sur 20 ans et Sylvain Berthiaume pense déjà atteindre cette cible vers 2019-2020.

Saint-Bruno-de-Montarville, qui a prévu de commencer la collecte de matières organiques en janvier 2019, ne semble pas encore avoir d’entente avec la SÉMECS pour les faire traiter. « Il y a des discussions avec l’agglomération », s’est contenté de dire le directeur général.

Une entente nécessiterait obligatoirement l’agrandissement de l’usine, puisque l’agglomération de Longueuil représenterait l’ajout d’environ 35 000 tonnes de matières organiques. Selon Sylvain Trépanier, la SÉMECS aurait assez de terrain pour doubler sa capacité.

Les affaires semblent bien se dérouler pour la SÉMECS, qui est près d’atteindre son objectif de 60 % des matières traitées pour 2018. Sa prochaine cible est de valoriser 100 % de ces matières d’ici 2022. « Il y a encore du travail à faire, il faut vraiment travailler avec les citoyens pour mettre en valeur le bac brun », de conclure Sylvain Berthiaume.

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