Une photographe qui fait du bien

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Par Frank Rodi
Une photographe qui fait du bien
La photographe Élie Roy Vaillancourt. (Photo : Élie Photo )

Élie Roy Vaillancourt

Élie Roy Vaillancourt se sert de la pandémie pour innover dans son métier de photographe. Distanciation sociale oblige, la Montarvilloise immortalise des familles avec des clichés captés devant la porte d’entrée.

Il y a peu de temps, l’artiste peintre Boudro évoquait la créativité de ceux qui s’adaptent à la situation. « La beauté de la chose, […] c’est que les gens deviennent plus créatifs, trouvent des solutions », disait-il en entrevue, rappelant aussi que « l’art fait du bien ».

« C’est gratifiant comme geste. » – Élie Roy Vaillancourt

C’est ce qu’Élie Roy Vaillancourt s’est donnée comme mission. En tant que photographe, elle a récemment adhéré au mouvement The Front Steps Project [traduction : le Projet des pas de la porte], qui consiste à prendre en photo des familles sur le porche de leurs maisons. Une façon de respecter les mesures de sécurité demandées par la santé publique, dont les deux mètres de distance.

Élément déclencheur

Élie Roy Vaillancourt est photographe depuis cinq ans. Au cours des dernières années, elle participe bénévolement à un projet qui lui tient à cœur : Une pose pour le rose, une campagne de financement au profit de la Société canadienne du cancer, spécifiquement dédiée au cancer du sein. Or, en raison des circonstances, l’édition 2020 n’a pas lieu. « Pour moi, ce fut l’élément déclencheur, explique Élie Roy Vaillancourt, en entrevue avec Les Versants. Une pose pour le rose se déroule en avril; j’étais déçue de voir que c’était annulé. »

Par contre, la photographe de Saint-Bruno désirait tout de même remplir son objectif de réaliser un projet bénévole par année. Elle a fouillé Internet, puis a découvert The Front Steps Project. « Un concept génial, d’autant plus que le respect des règles de distanciation physique complique en ce moment le domaine de la photographie. »

Des dons et des organismes

En échange d’une séance, la bénévole demande aux gens photographiés un don minimum de 40 $, à remettre à un organisme de leur choix, afin de le soutenir pendant cette période difficile. « Les besoins sont partout », dira-t-elle durant l’entretien. En deux semaines, plus de 40 familles ont fait appel aux services de la photographe. Ainsi, Moisson Rive-Sud, la Maison de soins palliatifs Source Bleue, la Fondation du Centre jeunesse de la Montérégie, La Maison Victor-Gadbois, le Centre d’action bénévole de la Vallée-du-Richelieu et le Club des petits déjeuners, entre autres, ont obtenu des dons plus que bienvenus. Le Centre d’action bénévole Les p’tits bonheurs, à Saint-Bruno, a été choisi à plusieurs reprises par les familles. « Les citoyens de Saint-Bruno sont généreux, témoigne-t-elle. Certains donnent plus que le minimum. Je constate aussi qu’il y a une belle solidarité dans la communauté. » La majorité des demandes, 80 %, se déroulent en territoire montarvillois. « Pour la logistique, c’est plus facile de rester à Saint-Bruno. » Mais elle se déplace aussi dans les villes avoisinantes. Les dons, finalement, oscillent entre 40 et 200 $.

Son projet bénévole, Élie Roy Vaillancourt y tient, surtout en cette période de crise. « C’est important pour moi. Je suis privilégiée. Je suis à la maison, nous avons une cour pour jouer avec les enfants. On continue d’aller à l’épicerie. Mon conjoint a conservé son emploi. Ce n’est pas le cas pour tout le monde; si je peux redonner tout en immortalisant un moment unique… »

Quand elle se déplace de maison en maison, tout en respectant les directives de distanciation, la photographe constate que les gens sont heureux de voir enfin quelqu’un d’autre. Selon elle, ça va au-delà du projet. « Ils en profitent pour se préparer, s’habiller, sortir, se coller, se serrer entre eux. Ils sont contents aussi de redonner pour une bonne cause », raconte celle qui exerce aussi le métier de graphiste. Quand on lui demande quelle a été sa plus belle rencontre, elle n’hésite pas à citer cette femme qui héberge ses parents pendant le confinement. « Ils étaient beaux à voir. J’ai trouvé que les parents étaient sereins, rayonnants. »

Plus personnellement, la photographe, que l’on peut contacter par courriel (elieroyvphoto@gmail.com), retrouve un certain équilibre dans sa tâche. « Ça me fait du bien à moi aussi. C’est gratifiant comme geste. On se sent très impuissant face à ces événements… la situation dans les CHSLD n’aide pas non plus. Mais j’ai l’impression de mettre la main à la pâte. Je ne soigne pas les gens, mais je donne de mon temps! »

QUESTION AUX LECTEURS :

Comment le confinement vous a permis de vous renouveler?

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