Une athlète dans l’incertitude olympique

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Par Pascal Dugas Bourdon
Une athlète dans l’incertitude olympique
Rachel Leblanc-Bazinet s'entraîne dans le garage de ses parents, à Richelieu (Photo : Roger Bazinet)

Une haltérophile de Saint-Bruno s’est officiellement qualifiée pour les prochains Jeux olympiques, mais se trouve plongée dans l’incertitude en raison de la pandémie, à quatre mois de la date prévue du plus grand événement sportif de la planète.

« C’est un petit peu bizarre, depuis une semaine. Les Olympiques étaient vraiment présents dans ma tête dans les dernières semaines. Là, on dirait que c’est secondaire », a confié aux Versants Rachel Leblanc-Bazinet, qui habite Saint-Bruno, mais qui a grandi à Richelieu.

« Les Olympiques étaient vraiment présents dans ma tête dans les dernières semaines. Là, on dirait que c’est secondaire. » – Rachel Leblanc-Bazinet

L’athlète de 31 ans devait participer à la fin avril à une compétition importante à Saint-Domingue, en République dominicaine. Mais l’évolution de la pandémie remet tout en question, y compris les événements de la planète sport.

« C’est sûr que là, on est un peu dans le néant, parce qu’on est censé compétitionner dans quatre semaines. On est pas mal sûr que ça sera annulé, mais on continue à s’entraîner quand même, dans l’optique que peut-être il y aura une compétition», a expliqué Leblanc-Bazinet.

Une incertitude qui a des conséquences sur l’entraînement. La Montarvilloise reconnaît que la concentration n’est pas à son comble. « Pour être honnête, c’est vraiment difficile mentalement , soutient celle qui doit perdre 1,5 kg pour respecter le poids limite de sa catégorie. Perdre du poids sans raison, ce n’est pas aussi motivant que quand tu sais que tu as une compétition qui s’en vient. Ma coéquipière et moi, on manquait quelques barres parce qu’on n’était pas concentrées, moins motivées. »

Gymnase improvisé

Surtout que le centre d’entraînement qu’elle fréquente est bien entendu fermé pour prévenir la propagation du virus. La future olympienne a donc mis sur pied un gymnase impromptu dans le garage de ses parents, qui habitent toujours Richelieu : « On se débrouille pour s’entraîner comme on peut. C’est assez précaire comme préparation. La motivation n’est pas la même, disons. »

L’haltérophile a appris il y a moins d’un mois qu’elle se qualifiait officiellement pour les Olympiques, après qu’une compétitrice de sa catégorie a obtenu un résultat positif à un test antidopage.

« Pour les Olympiques, on ne parle pas d’annuler ou de repousser pour le moment, d’insister l’athlète. Les organisateurs attendent de voir l’évolution de la situation, parce que c’est quand même dans quelques mois. Si jamais c’est reporté, ça serait au plus tard en décembre 2020. »

Même si elle trouve dommage qu’un virus rende son rêve olympique plus nébuleux, elle tente de ne pas s’en faire outre mesure. « On essaie de le prendre avec un grain de sel. C’est plate un peu, mais on ne peut pas faire grand-chose. Il y a des gens dont la vie est en danger : nous, ce sont des Olympiques. Il faut savoir faire la part des choses », a-t-elle relativisé.

Question aux lecteurs : Croyez-vous que les Jeux olympiques auront lieu comme prévu en juillet?

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