Un roman pour Julien Guy-Béland

Un roman pour Julien Guy-Béland

Julien Guy-Béland a passé une partie de sa vie à Saint-Bruno-de-Montarville.

Crédit photo : Sandra Lachance

Vos voix ne nous atteindront plus

Julien Guy-Béland propose un premier roman aux éditions Héliotrope, Vos voix ne nous atteindront plus. Dans son intrigue, l’auteur balade son personnage de Montréal à Los Angeles, en passant par Saint-Bruno-de-Montarville.

Un livre dans lequel le personnage principal, une jeune femme aux cheveux rouges qui jadis s’est fait voler son prénom par une hackeuse, déambule entre théories du complot, conspiration, vol d’identité, poursuite et meurtres. C’est un bouquin sur la peur et l’anxiété. Mais c’est aussi le premier roman de Julien Guy-Béland, un jeune étudiant originaire de Saint-Bruno qui a obtenu sa maîtrise en études littéraires, et qui parle de ce projet artistique comme d’un besoin à combler. « C’est un gros accomplissement. Ça fait longtemps que j’écris, mais ce roman, c’est l’aboutissement de quelque chose de cohérent. Un projet qui a pris beaucoup de place dans ma vie depuis 4 ou 5 ans, et qui m’a tenu sur le qui-vive jusqu’à la fin », mentionne, au téléphone, Julien Guy-Béland.

Selon lui, il aurait pu venir à bout de ce roman sans les études universitaires : « N’en demeure pas moins que le programme de création littéraire aura été un espace qui m’aura permis de faire des rencontres marquantes, sans lesquelles je n’aurais pas la même approche à ma pratique qu’aujourd’hui. J’ai eu la chance d’y côtoyer des professeurs eux-mêmes auteurs, autrices, poètes, poétesses, qui m’ont lu avec attention et qui m’ont donné des conseils qui me suivront toute ma vie. D’autant plus, je m’y suis fait des amis qui font la même chose que moi, et avec lesquels je partage toujours ma vie aujourd’hui. C’est précieux parce que l´écriture a tendance à être un processus très solitaire. »

À la suite d’un premier jet élaboré en 2013, il dit avoir accouché de 300 ou 400 versions différentes, travaillées sur deux ordinateurs : « Le processus d’écriture s’est étalé sur le long terme; j’ai hésité sur la forme, la voix de la narratrice, sur plusieurs aspects. Mais je crois que l’écriture est une pratique qui se développe durant toute une vie. »

« Les gens n’ont pas idée à quel point il y a des trucs plus sombres, nocturnes, qui se passent dans l’ombre à Saint-Bruno. » – Julien Guy-Béland

L’éloge de Saint-Bruno-de-Montarville

Julien Guy-Béland a passé une partie de son enfance et de son adolescence à Saint-Bruno. Cela se reflète dans son roman, puisqu’il y a des scènes qui s’y déroulent. Aujourd’hui, l’écrivain habite Montréal, mais traverse les ponts au moins une fois par mois pour revenir dans son patelin, retrouver des amis, visiter ses parents, des retours dans la ville qui le rendent parfois nostalgique et qui font remonter des souvenirs. « C’est un endroit qui m’a formé, enfant. J’ai travaillé pour la Ville dans les camps de jour et j’ai rencontré des gens extraordinaires, observe-t-il. Mais adolescent, je me souviens que je fuyais; je prenais l’autobus vers Longueuil ou vers Montréal. » Fuir, comme son personnage traqué, qui s’évade de Montréal après un meurtre, et qui lève les pattes de Saint-Bruno après avoir été témoin d’un deuxième homicide. « Plus jeune, je n’avais pas l’impression d’être à ma place. À l’école, je m’intéressais aux arts, mais je n’excellais pas en sports; on me niaisait. Je m’habillais en emo; on me criait des noms dans la rue… mais bon, on fait réagir, ça fait partie de la game! »

En 5e et 6e année, il s’est retrouvé sur les bancs de l’École De Montarville. Mais pour son passage au secondaire, il a préféré s’inscrire au Collège Durocher, à Saint-Lambert, « pour ne pas rencontrer le même monde ».

Pour la rédaction de Vos voix ne nous atteindront plus, il explique qu’il a dû se replonger dans sa jeunesse passée sur le territoire montarvillois, puisqu’à la base, le roman a un côté autofiction. Par exemple, l’auteur y a glissé de véritables souvenirs, évoquant le bar 1250 et Le Pub (il dit qu’il a préféré ce dernier, « une drôle de place, un très gros bar dans lequel il n’y avait pas grand-monde, mais où les punks se regroupaient pendant que les fresh allaient au 1250 »), le café Second Cup, le quartier Carignan-sur-le-Golf, la boulangerie au coin de la route 116, le Tim Hortons… « Les gens n’ont pas idée à quel point il y a des trucs plus sombres, nocturnes, qui se passent dans l’ombre à Saint-Bruno. Comme dans toute banlieue à 20 minutes de Montréal en fait », de poursuivre Julien Guy-Béland, qui affirme avoir encore des choses à écrire sur cette ville où il a grandi.

Ses endroits de prédilection

En entrevue, le principal intéressé parle du parc Bisaillon, où il jouait au tennis avec son père, les parcs avec leurs structures en bois, les différents cafés, où il étudiait ou faisait ses travaux scolaires, la bibliothèque municipale, où il empruntait des bouquins à la pelle, et les sous-sols des parents de ses amis. « Aujourd’hui, nous avons plus ou moins besoin d’aller dans les lieux publics de Saint-Bruno. Quand j’y reviens, c’est pour des BBQ dans la cour privée de mes amis. C’est notre propre espace. Ce n’est pas le cas à Montréal, puisque je n’ai pas de cour arrière », remarque le jeune homme de 30 ans qui n’a pas d’enfant. « Je vis seul avec mon chat. »

Quand on lui demande si Saint-Bruno est une municipalité inspirante, l’universitaire répond qu’à sa manière, elle l’a été : « Je pense que tout endroit peut l’être. J’y ai grandi, j’ai dû être très inspiré, influencé. Ce n’était pas le cas à 11, 12, 13 ans, alors que je me croyais plutôt au milieu de nulle part. » Comme Los Angeles… métropole dans laquelle la deuxième partie de l’histoire se déroule. Une ville qu’il a visitée, à l’époque où il était musicien à temps plein. Son groupe, Blooming Season, avait réussi à décrocher un contrat de disques avec une bannière de la Californie et à partir en tournée au Canada, aux États-Unis, au Japon. « C’est une ville au rythme unique qui a influencé mon imaginaire, c’est sûr! »

Toujours en allant puiser dans sa mémoire, le romancier note qu’avant même de savoir écrire, enfant, il racontait des histoires à sa mère pour qu’elle les rédige pour lui. « J’ai toujours aimé écrire, à part à l’adolescence, où cela a pris le bord pour la musique. L’écriture demeure la forme d’art avec laquelle je m’exprime avec le plus d’authenticité », conclut-il.

QUESTION AUX LECTEURS :

Que connaissez-vous de la vie nocturne de Saint-Bruno-de-Montarville?

 

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