Un rêve devenu réalité

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Par Frank Rodi
Un rêve devenu réalité
La Montarvilloise Francine Laviolette publie son premier roman. (Photo : courtoisie)

Un premier roman pour Francine Laviolette

Avec la publication de son premier roman, Francine Laviolette réalise un rêve, un projet qu’elle caressait depuis plusieurs années. Dans les yeux de Laurence, un récit historique, a été publié chez Les Éditeurs réunis.

L’histoire de Laurence Michaud s’amorce en 1958 sur la rue Saint-Joseph, à Longueuil, où l’enfant de 6 ans demeure avec ses parents et sa sœur. Malgré des amis dans le voisinage, la rentrée de Laurence à l’école Saint-George ne se passe pas comme prévue, prise à partie par une autre élève. Laurence porte des lunettes pour corriger un strabisme sévère et à l’école, elle hérite du surnom « les barniques ». Ciblée par des moqueries, victime d’intimidation et de harcèlement, Laurence changera d’établissement scolaire, pour cette fois être attirée du côté de la délinquance. Et s’il fallait revenir aux sources pour trouver le bonheur?

Pour Francine Laviolette, ce roman représente beaucoup. Le dessein d’une vie. « C’est un projet que je souhaitais réaliser depuis de nombreuses années. Une histoire qui me trottait dans la tête depuis toujours, parce que j’ai eu une jeunesse extraordinaire. Je ne voulais pas laisser ça ainsi; j’ai décidé d’écrire là-dessus », raconte la Montarvilloise, qui a déjà signé une chronique sportive dans le Courrier du Sud.

« Une histoire qui me trottait dans la tête depuis toujours. » -Francine Laviolette

Mais ne devient pas écrivain qui veut. Or, avec son roman, Francine Laviolette démontre qu’elle possède tous les outils pour rédiger une histoire, de la première page au mot fin. « J’ai cette facilité à écrire », dira-t-elle en entrevue avec Les Versants.

Intimidation

Quand on lui demande si elle se projette dans le personnage de Laurence, l’auteure répond que ce n’est pas le cas, bien que son roman reflète une partie de la réalité, mais aussi une bonne part de fiction. « J’ai bâti entre les deux. J’ai été pigée dans les plus beaux souvenirs de ma jeunesse et j’ai brodé autour de ces moments », mentionne Mme Laviolette, qui confie par contre avoir été victime d’intimidation. Laurence Michaud n’est pas Francine Laviolette, au même titre que Francine Laviolette n’est pas Laurence Michaud. « Par contre, oui, j’ai vécu de l’intimidation plus jeune. C’est ce qui m’a poussée à laisser l’école avant la fin de mon secondaire. Ça m’avait beaucoup chavirée. »

Selon elle, le sujet se devait d’être abordé dans le récit, parce qu’il est encore trop présent à notre époque. C’était important de glisser l’angle de l’intimidation dans votre histoire? « Absolument!, répond-elle. Il y en a encore tellement, aujourd’hui. On entend des cas d’intimidation presque quotidiennement. Pour moi, c’était l’occasion non seulement d’en parler, mais de dénoncer la chose. » Francine Laviolette confie que seul le temps lui aura permis de se sortir de cette douleur.

À 45 ans, celle qui s’adonne aussi à la peinture est retournée sur les bancs d’école pour compléter son diplôme d’études secondaires (DES). Elle croit que c’est ce retour en classe qui est à l’origine de ce qui allait devenir son premier roman. Un DES qui lui aura permis ensuite de se retrouver à l’emploi de Bombardier Transport, à Saint-Bruno-de-Montarville; d’abord comme réceptionniste, plus tard dans le secteur de l’ingénierie.

C’est en 2016, alors qu’elle travaille toujours pour Bombardier Transport, que la Montarvilloise amorce la rédaction de son histoire. « J’avais le goût d’écrire. Mais au départ, je ne le faisais que pour moi. J’avais plusieurs idées. Puis j’ai accumulé les pages… 50, 100…, relate l’auteure. Ce projet mijotait dans ma tête depuis très longtemps, mais le travail et le manque de temps m’en empêchait. »

Démission

Un projet si prenant et personnel que Mme Laviolette décide de quitter son emploi. « J’ai remis ma démission. Ça été une décision crève-cœur, mais une décision mûrie longuement. J’adorais mon travail. J’ai pleuré, d’ailleurs, mais je voulais profiter de mes belles années pour faire les choses que j’aime avant tout, dont écrire à temps plein. »

Pendant sa retraite, elle continue de coucher les mots, les pages, les chapitres sur le papier, jusqu’au point de rédiger quelque 300 pages. Débutante en la matière, elle s’informe et lit sur le sujet. « J’ai consulté beaucoup de livres à la bibliothèque de Saint-Bruno. C’est quoi, un roman? Ça prend combien de caractères, de mots…? La prochaine étape, c’était d’envoyer mon manuscrit dans les maisons d’édition pour une éventuelle publication. Ce que Les Éditeurs réunis m’ont proposé. Ils m’ont appelé et m’ont dit qu’ils acceptaient de me publier! »

C’était en 2019. Le roman devait paraître en avril dernier, mais la pandémie a repoussé sa sortie, ainsi que deux séances de dédicaces. C’est en juin que Dans les yeux de Laurence a commencé à faire sa place chez les libraires.

Les conseils de Maryse Pagé

D’ailleurs, à la fin de son bouquin, Francine Laviolette remercie Maryse Pagé, une auteure de Saint-Bruno-de-Montarville qui a récemment publié une biographie, Woody Belfort : pourquoi marcher quand on peut voler? C’est que la romancière de Dans les yeux de Laurence a demandé les conseils d’une écrivaine. À la bibliothèque, on lui a suggéré Mme Pagé. « Je lui ai envoyé des questions et elle m’a répondu. Elle a été très généreuse dans ses conseils », de poursuivre Mme Laviolette. L’une de ces interrogations concernait la fiction par rapport à la réalité dans la création. « Maryse Pagé m’a expliqué que je pouvais écrire tout ce que je voulais dans une fiction. Quand j’ai su cela, j’ai été libérée de quelque chose; ça m’a enlevé un poids. »

Contactée par Les Versants, Maryse Pagé a déclaré à ce propos : « Ça me fait toujours plaisir d’aider les gens qui travaillent fort pour réaliser leur rêve. Je suis heureuse que ça ait fonctionné pour elle, mais je ne savais pas qu’elle me remerciait dans son livre. Je suis toujours ouverte à répondre aux questions des gens qui prennent la peine de m’écrire et qui me font confiance. »

Francine Laviolette planche actuellement sur son deuxième titre, une histoire qui se déroule entre 1949 et 1956 sur les rives du Saint-Laurent, dans un village fictif à proximité de Sorel. Le récit mettra en lumière les difficultés que rencontre un couple aux prises avec des problèmes d’infertilité. « Le confinement m’a permis de travailler ce roman plus rapidement. Il est bien avancé », annonce-t-elle fièrement.

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