Un retour à l’école qui inquiète

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Par Frédéric Khalkhal
Un retour à l’école qui inquiète
Jean-François Roberge évaluera la situation avec François Legault et la santé publique du Québec pour la date du retour à l'école. (Photo : archives)

Depuis que le 9 avril, Jean-François Roberge a émis l’hypothèse d’une ouverture des classes peut-être avant le 4 mai, les réactions de la population s’enchaînent.

Le 9 avril, Jean-François Roberge laissait entendre que les écoles pourraient ouvrir avant le 4 mai, date prévue pour la fin de la période du confinement, pouvait-on lire sur le site des Versants. « La décision sera prise dans les deux prochaines semaines », indiquait-il alors en visioconférence avec la Chambre de commerce Mont-Saint-Bruno, moment auquel a assisté le journal Les Versants

Le lendemain, dans son point de presse, le premier ministre François Legault confirmait sa volonté de regarder tous les scénarios, dont celui d’un retour à l’école peut-être avant le 4 mai.

Après cette annonce, les messages ont été nombreux à se faire entendre. C’est pourquoi le 11 avril, M. Legault a préféré préciser la démarche du gouvernement. « Je voudrais rassurer les parents qui sont inquiets sur la réouverture des écoles. Je ne donnerai pas mon OK sans l’accord de la santé publique. Rien n’est décidé pour le moment. Nous ne regarderons qu’un seul critère, celui de la santé des enfants. On prendra une décision dans l’intérêt de nos enfants. »

Les réactions

Après la publication de notre article le 9 avril, beaucoup de nos lecteurs se sont inquiétés d’une possible ouverture des écoles avant le 4 mai.

« J’espère juste que le ministre Roberge ne mettra pas ses enseignants à risque en ouvrant les écoles trop vite pour satisfaire les pressions parentales. Est-ce que ça vaut vraiment la peine alors qu’il restera peu de semaines d’école? Je me questionne. Certaines enseignantes sont dans la cinquantaine avancée, elles sont peut-être moins protégées que les plus jeunes ! À réfléchir… », a publié Sophie Brillon.

Des propos qui concernent particulièrement Marie André Morin, une enseignante diabétique. « Je suis enseignante. J’ai 54 ans et je suis diabétique donc à risque de complications si j’attrape le virus. Il faut penser aux enseignants dans cette décision. Impossible pour des enfants de respecter le deux mètres. Ils sont dans notre bulle constamment surtout au préscolaire. Les enfants ne sont peut-être pas à risque, mais peuvent être porteurs du virus et le transmettre. J’espère que les responsables de la santé publique vont considérer ces points. »

Pour Katrin René, retirer les enseignants vulnérables serait une solution pour ouvrir de nouveau les classes. « Est-ce pour répondre aux pressions parentales ou pour offrir des solutions aux parents qui se mettent à risque depuis le début pour répondre aux besoins de la population, dont les enseignants? Les personnes à risques de tous les milieux de travail sont retirées donc je ne verrais pas pourquoi ce serait différent pour les enseignants qui seront considérés à risques à cause de leur âge ou condition médicale . Des moyens ont été mis en place pour tous les services essentiels jusqu’à présent : est-ce qu’elles sont parfaites : non. Est-ce que ça permet de maintenir les services à la population : oui. J’ai hâte que les gens pensent en collectif et non en nombriliste. Est-ce que c’est l’idéal : non. Dites-vous qu’il y en a des pires que vous. »

« J’espère juste que le ministre Roberge ne mettra pas ses enseignants à risque en ouvrant les écoles trop vite pour satisfaire les pressions parentales. » – Sophie Brillon

Mila Archambault, souhaite prolonger l’année scolaire. « Il y a plusieurs autres employés qui travaillent avec le risque. Pourquoi les professeurs doivent être privilégiés? Je pense qu’on devrait prolonger l’année scolaire jusqu’à la fin juillet. »

Annie Tremblay, pense quant à elle aux parents. « Mais ont-ils pensé aux parents qui présentent certains problèmes de santé? Diabète, asthme, etc. Depuis le début de la pandémie, on se sent plus en sécurité d’avoir nos enfants à la maison. On évite ainsi d’être contaminé plus facilement. C’est inquiétant! »

Akila Brahimi pense aux enfants fragiles. « Tous les enseignants et enseignantes n’ont pas vingt ans, et ne sont pas tous en bonne santé, les élèves non plus! Qu’est-ce qui peut garantir une immunité parfaite sans aucune complication?? Avez-vous vraiment une idée du quotidien d’une école? Il s’agit de vies humaines! »

Même son de cloche pour Amélie Avoine. « Et que faire des élèves qui sont eux-mêmes à risque et/ou dont les parents font partie de la population à risque? C’est irresponsable! »

Nicole Beauséjour se pose des questions. « Le Québec a sévi et autorise les policiers à donner de grosses contraventions pour tout rassemblement de deux personnes et plus, mais en même temps, ce serait OK de retourner les élèves dans les écoles? »

Samira, elle, ne cache pas sa peur. « Je suis une maman de trois enfants et je ne suis pas à l’aise avec l’idée d’ouvrir les écoles et les garderies. J’ai peur. »

Rappelons cependant que rien n’est décidé pour l’instant. Aujourd’hui, le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, indiquait lors de son point presse quotidien que la situation actuelle serait là pour durer « des semaines. »

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