Un rapace qui n’a pas peur du froid!

Un rapace qui n’a pas peur du froid!

En février, vous pouvez observer des mâles en parade nuptiale. Car oui, le grand-duc est déjà en mode reproduction dans le sud du Québec, même s’il fait -20 oC! Afin d’attirer les femelles, le mâle fait alors une série de bruits, de hululements et de claquements. Lorsque le couple se forme, il choisit généralement d’anciens nids de rapaces, écureuils ou corneilles ou une cavité naturelle pour élever les jeunes. Les femelles pondent des œufs, en général 1 ou 2, qui  sont assez résistants pour supporter les froids intenses. Tout comme la plupart des rapaces, la femelle est un peu plus grosse que le mâle.

Lors de cette période, le grand-duc a un comportement très territorial. Il va se percher à moins de 100 mètres du nid et faire des hululements afin d’avertir les intrus de sa présence sur le territoire. Il est intolérant envers les autres rapaces et farouche envers les humains. Il y a deux ans, un couple avait niché à proximité d’une aire de jeux au parc national du Mont-Saint-Bruno. Nous avions alors établi un périmètre de sécurité afin de ne pas perturber la couvaison des œufs et permettre aux jeunes de s’élancer hors du nid en toute quiétude.

Rapace nocturne sans prédateur, le grand-duc chasse la nuit à l’affût, pour se nourrir de petits mammifères comme des musaraignes, mais peut également s’attaquer à de plus grosses proies comme la mouffette, le raton laveur ou le renard; cependant, il affectionne particulièrement le lièvre. D’ailleurs, quelques études démontrent que lorsqu’il y a abondance de lièvres, les couples de grands-ducs produisent davantage de jeunes au nid que lorsque les populations de lièvres sont en baisse. Sinon, buse à queue rousse, épervier de Cooper ou chouette rayée peuvent parfois tomber sous ses serres puissantes.

Les nombreux milieux ouverts parsemés de secteurs forestiers que l’on retrouve en Montérégie font le bonheur du grand-duc! Ces secteurs boisés lui offrent un abri sécuritaire où il pourra se reposer et se reproduire, et les milieux ouverts deviennent un terrain de chasse de prédilection.

En hiver, surveillez les arbres dans une zone de conifères ou les boisés en bordure d’aires ouvertes où vous trouverez soit des fientes blanches sur les branches ou au sol, soit des boulettes de régurgitation. Vous aurez peut-être la chance d’observer ce grand rapace se reposant, perché sur une branche, aigrettes aux vents!

 

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