Un projet qui ne plaît pas à tous

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Par Frank Rodi
Un projet qui ne plaît pas à tous
Le stationnement commun entre la Ville et la CSP est projeté à proximité de l'École Jacques-Rocheleau. (Photo : Frank Jr Rodi )

Stationnement à Saint-Basile-le-Grand

Le projet de stationnement en collaboration entre la Municipalité de Saint-Basile-le-Grand et la Commission scolaire des Patriotes (CSP) risque de faire jaser au cours des prochaines semaines. Ce fut d’ailleurs un sujet abordé lors de la plus récente assemblée ordinaire, le 4 novembre dernier.

C’est le cas de Jean-Loui Di Scala, qui s’est indigné à propos des cases du stationnement de la fabrique de la paroisse de Saint-Basile-le-Grand réservées maintenant pour la Ville. On parle d’une vingtaine d’espaces. « Pourquoi ne pas avoir prévu du stationnement suffisant lors des travaux d’agrandissement de l’hôtel de ville? », a demandé M. Di SCala.

« Couper dans l’espace de la cour d’école pour faire dormir 60 véhicules, […], est complètement illogique. » – Corinne Voyer

Les travaux d’agrandissement à la mairie devraient bientôt se terminer. Son stationnement, dont l’aménagement sera aussi complété prochainement, proposera une dizaine de cases consacrées aux visiteurs, certaines dédiées aux personnes à mobilité réduite, d’autres aux véhicules électriques.

Du côté de la Municipalité, la directrice du Service des communications et des relations avec les citoyens, Stéphanie Plamondon, précise le projet : « La Ville de Saint-Basile et la CSP ont conclu une entente de principe afin d’ériger un stationnement commun qui permettra de répondre tant aux besoins de la CSP que de la Municipalité. Une demande de subvention a été acheminée afin de diminuer les coûts liés à la construction. Aussi, nous prévoyons un pavage perméable qui permet, entre autres, une infiltration naturelle de l’eau dans le sol. L’endroit projeté est à l’École Jacques-Rocheleau, sur le terrain de la commission scolaire. » Le stationnement serait érigé entre l’établissement scolaire et le stationnement de l’ancienne caisse.

« La pagaille » sur la rue Préfontaine

À la Parole aux Grandbasilois, Jean-Loui Di Scala a continué : « J’ai parlé avec des parents d’élèves; pour plusieurs d’entre eux, ce sera la pagaille à l’École Jacques-Rocheleau!» Situés à proximité de la mairie et de l’église, l’École primaire Jacques-Rocheleau ainsi que son pavillon Saint-Basile, consacré aux enfants du préscolaire, se trouvent sur la rue Préfontaine. Un sens unique.

Par ailleurs, à la suite de la parution de l’article « Un, deux, trois stationnements », le 30 octobre dernier, le journal Les Versants a reçu une lettre ouverte écrite par une citoyenne de Saint-Basile, et maman d’une enfant de l’École Jacques-Rocheleau. Corinne Voyer se dit en désaccord avec l’initiative projetée par la Municipalité et la CSP. « Dans une ère où il est question de réduire collectivement les GES, la dépendance à l’automobile, la réduction des îlots de chaleur, d’assurer la préservation des milieux naturels et des espaces verts, cette mesure s’oppose à tous les principes de développement durable, en plus de nuire à la sécurité des enfants et à la santé de la population », mentionne Corinne Voyer, qui ne manque pas de rappeler la Politique de développement durable de la Municipalité, adoptée en 2012.

« Aménager des stationnements supplémentaires, en volant de l’espace de jeu et de verdure dans la cour d’école, va à l’encontre des engagements de la Ville […]. Vous encouragez ainsi l’usage de l’automobile à défaut des transports alternatifs. […] Couper dans l’espace de la cour d’école pour faire dormir 60 véhicules, alors que plus de 300 enfants de Jacques-Rocheleau sortent pour y jouer cinq fois par jour, est complètement illogique », estime la Grandbasiloise. Elle conclut sa lettre ainsi : « Le 27 septembre dernier, nos enfants ont marché pour l’environnement; quel message leur envoie-t-on? »

Or, ce n’est pas tout le monde qui est contre l’idée du stationnement commun sur le terrain de la CSP.

Une solution pour la directrice

Pour la directrice de l’École Jacques-Rocheleau, Diane Hubert, ce projet de stationnement est non seulement une bonne nouvelle, c’est aussi une solution depuis longtemps escomptée. « Le stationnement pour les employés de Jacques-Rocheleau est un problème qui dure depuis plusieurs années. Mon prédecesseur, Stéphane Joyal m’avait mise au topo. Les gens se stationnent dans la rue ou près du presbytère. C’est très problématique, surtout le matin. Le soir aussi, mais le pire, c’est en matinée. Mais un nouveau stationnement viendrait solutionner ce problème, parce que la Ville a maintenant plus d’employés à la mairie, et que de notre côté, nous n’avons pas diminué. »

Selon la directrice, quelque 90 employés, bénévoles et stagiaires peuvent parfois se trouver dans l’établissement. Dans le stationnement prévu pour eux, sur la rue Lapointe, que Mme Hubert surnomme « la cage à poules », près de 40 places sont disponibles. « Un nouveau stationnement répondrait à un problème criant. »

De son côté, le maire de Saint-Basile, Yves Lessard, évoque un avantage : celui de la sécurité. « Avec ce stationnement, on va dégager la rue Préfontaine. On libère toutes les voitures qui se stationnaient des deux côtés de la rue. »

Combien ça coûte?

Au cours de la Parole aux Grandbasilois, il a aussi été question du coût de ce stationnement envisagé. Le directeur général de Saint-Basile, Jean-Marie Beaupré, a avancé une somme de 750 000 $, dont la moitié serait assurée par la Commission scolaire des Patriotes. Questionné par Les Versants, il précise : « [Ce montant] représente la totalité du projet, incluant les deux parts, les contingences, les frais de financement, les servitudes… Le coût de construction du stationnement est de 625 000 $. » L’endroit serait partagé ainsi : 25 cases pour la CSP et 36 dédiées à la Ville. Autre partage, les frais, décortiqués de cette manière : 250 000 $ pour la CSP et 375 000 $ pour la Ville, mais grâce à une subvention, les deux parties débourseraient respectivement 112 900 $ et 168 900 $. « Évidemment, ces chiffres tiennent la route dans la mesure où la subvention, qui représente 50 % des coûts, est accordée telle que présentée; la subvention et la part de la CSP ne doivent pas dépasser 80 %. C’est ainsi que nous avons fait la demande », observe M. Beaupré.

Il insiste : « Il ne faut pas oublier la portion de 125 000 $, pour les frais de financement, les contingences…, qui devrait s’ajouter à la part de la Ville seulement. Le coût global du projet pour Saint-Basile, dans la mesure où l’on obtient la subvention, est donc de 293 900 $, bien que ça demeure des prévisions. »

Notons qu’au Programme triennal d’immobilisations 2019-2020-2021, adopté en décembre dernier, il est inscrit un montant de 600 000 $ pour le stationnement de la mairie. Le directeur général rectifie la chose: « Cette estimation était pour la construction d’un nouveau stationnement uniquement pour la mairie, et non celui [en commun] avec la CSP. Les frais de construction avec la CSP sont plus élevés, mais le partage et la subvention font en sorte que le coût, pour la Municipalité, est moindre que d’aménager son propre stationnement. »

Le stationnement commun entre la Ville et la CSP, un projet qui ne plaît pas à tous, semble-t-il… mais au point de faire reculer les parties concernées? En attendant, la CSP continue de dire qu’il faut attendre que le projet soit présenté au conseil des commissaires pour obtenir plus de détails. Le stationnement est prévu pour l’automne 2020.

QUESTION AUX LECTEURS :

Que pensez-vous de ce projet de stationnement commun?

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Véronique

En plus d’agrandir la mairie à coût de milliers de dollars provenant des citoyens, la ville vient de prendre le stationnement de la paroisse Saint-Basile pour ses employés et ceux de la commission scolaire des Patriotes. Ce stationnement était à l’usage des citoyens de Saint-Basile pendant la semaine, surtout pour ceux qui vont prendre le transport en commun sur le boulevard Laurier. Ce geste plus ou moins égoïste de la ville démontre encore une fois que ses priorités se basent surtout sur ses propres intérêts et non sur les citoyens qu’elle a pour mission de servir. Au lieu d’encourager le… Lire plus »