Un moratoire demandé par des organismes pour le développement de l’aéroport Saint-Hubert

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Par Gabriel Provost
Un moratoire demandé par des organismes pour le développement de l’aéroport Saint-Hubert
Plusieurs représentants d'organismes de la Rive-Sud de Montréal étaient présents mercredi matin pour demander un moratoire sur le développement de l'aéroport de Saint-Hubert. (Photo: Gabriel Provost)

Des organisations environnementales de la Rive-Sud se regroupent et demandent un moratoire sur le développement de l’aéroport de Saint-Hubert.

C’est sous le nom de Coalition Halte-Air Saint-Hubert (CHASH) que ces organisations ont décidé de s’identifier. Elles ont un but commun: l’imposition d’un moratoire sur le développement de l’aéroport tant que Développement Aéroport de Saint-Hubert Longueuil (DASH-L) n’aura pas fait « d’étude sérieuse »  et dévoilé toutes les informations sur ses projets avant qu’ils ne soient mis en place.

Les portes-paroles de La Planète s’invite au Parlement Longueuil (Carole Mainville), du Comité anti-pollution des avions de Longueuil (CAPA-L) (Mathieu Péladeau) et de Mères au front Rive-Sud (Sylvie Cantin) étaient donc au micro lors d’un point de presse, mercredi matin, près de l’aéroport. Ils souhaitaient montrer leur union et expliquer leur point de vue vis-à-vis du développement du site situé à Saint-Hubert. Urgence Climatique Montérégie, Saint-Bruno en transition, Rive-Sud en transition, Ciel et Terre, et le Réseau écocitoyen de Saint-Lambert avaient aussi des représentants qui s’étaient présentés pour l’occasion.

« On ne peut pas appuyer un projet quand les citoyens et les développeurs ne savent même pas ça va être quoi les impacts sur le futur et sur la santé »

-Sylvie Cantin

Mathieu Péladeau, du CAPA-L, a d’abord indiqué qu’il voulait que les nuisances actuelles soient résolues et que « tous les projets de développement de l’aéroport soient soumis à une consultation publique. » Il ajoute que même si DASH-L mentionne que la paix sociale est revenue en ce qui a trait au bruit à l’aéroport, les élus reçoivent pour leur part de plus en plus de plaintes de citoyens, qui « sont inquiets plus que jamais qu’un tel projet puisse voir le jour sans aucune étude d’impact sérieuse sur leur santé et leur environnement. » 

Carole Mainville, de La Planète s’invite au Parlement Longueuil, a de son côté ajouté que « pour le moment, on veut que ce soit étudié. […] Si ces études-là sont faites et que ça dit qu’il n’y a pas d’impact et pas de problème, ça va être correct. »

Sylvie Cantin, de Mères au front rive-sud, indique qu’ « on ne peut plus accepter qu’il y ait du développement économique qui se fasse sans avoir pensé, sans avoir contrôlé, sans s’être assuré qu’il n’y ait pas d’impact négatif sur l’environnement et sur la santé des populations. On demande ça à tous les élus et tous les développeurs de projets, dont DASH-L. […] C’est ce qu’on appelle le test climat. » Elle croit également qu’ « on ne peut pas appuyer un projet quand on ne sait même pas et que les développeurs ne savent même pas ça va être quoi les impacts sur le futur et sur la santé. »

Consultation de DASH-L critiquée

Les portes-paroles ont été questionnés en lien avec la consultation menée par DASH-L, laquelle ils ont critiqué à plusieurs égards. Sylvie Cantin a d’ailleurs mentionné que « beaucoup de monde n’étaient pas au courant, donc ils n’ont pas pu participer. Dans les gens qui ont participé, DASH-L indique qu’il y a un appui massif. Mais quand on regarde les données, il y a quand même 35% des gens qui disaient “on ne veut pas de développement”. On ne peut pas dire que c’est un appui massif. »  Elle ajoute que « nulle part dans le sondage ils parlaient par exemple des impacts environnementaux. Ils disaient « avez-vous des préoccupations » et là les gens en mettaient sur le bruit, sur l’environnement, mais il n’y avait pas d’enjeux et d’informations pour que les gens puissent prendre une décision éclairée. »

Le regroupement a par ailleurs indiqué qu’il fera partie de la consultation organisée par le député fédéral de Longueuil-Saint-Hubert, Denis Trudel en collaboration avec la ville de Longueuil. « On s’attend à être vraiment écoutés et entendus. » Les audiences de la consultation se tiendront du 25 au 28 mai prochains. DASH-L a pour sa part indiqué qu’il ne ferait pas partie de cet exercice consultatif.

1 milliard en retombées

L’objectif de développement de DASH-L vise à faire en sorte que l’aéroport devienne un endroit d’où davantage de vols internationaux partiront dès 2024. Au terme de quatre phases, les activités se développeraient entre autres pour accueillir des vols vers des destinations soleil, notamment les Caraïbes.

DASH-L prévoit que son plan pourrait amener un trafic aérien supplémentaire de 1 million de voyageurs, avec 5000 nouveaux emplois liés à ce développement et des retombées économiques de 1 milliard de dollars. 

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