Un dernier hommage à Georges Brossard

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Par Frank Rodi
Un dernier hommage à Georges Brossard
Un dernier au revoir à l'entomologiste de Saint-Bruno, Georges Brossard. (Photo : Frank Jr Rodi)

Funérailles à Saint-Bruno-de-Montarville

Les obsèques de l’entomologiste Georges Brossard, qui s’est envolé le 26 juin à l’âge de 79 ans à la suite d’un cancer du poumon, ont eu lieu aujourd’hui midi en l’église de Saint-Bruno-de-Montarville.

Plusieurs amis et personnalités du fondateur de l’Insectarium de Montréal étaient réunis aujourd’hui à Saint-Bruno-de-Montarville, qui pour lui rendre hommage, qui pour le remercier, qui pour raconter des moments de sa vie, qui pour témoigner de sa passion, qui pour le pleurer et lui dire un dernier au revoir.

Témoignages

Quelques proches de Georges Brossard  ont ensuite livré des témoignages. D’abord sa soeur Monique, qui a partagé des souvenirs de son frère. L’ancien maire de Montréal, Pierre Bourque, a été le suivant. Il a d’abord remercié les gens qui étaient si nombreux pour l’événement. Il a ensuite repris une partie de la lettre qu’il a publié le 5 juillet dans le quotidien Le Devoir, Un grand Québécois vient de nous quitter. « Tu es parti rapidement, sans nous prévenir que tes jours étaient comptés; nous te pensions éternel, toi qui incarnais si bien la vie. Ta mort nous laisse orphelins; nous n’aurons plus accès à ton monde fabuleux. Mais il nous reste ton souvenir, tes œuvres, […] ta famille et tes amis proches, sans oublier les milliers de Québécois, grands et petits, que tu as aimés et inspirés. »

Parlant de son ami, son frère, M. Bourque a continué son témoignage, soulignant que Georges Brossard s’était « confortablement installé dans [son] royaume du parc national de Saint-Bruno en face du lac Seigneurial ». Il a ensuite rappelé que son camarade avait conçu un temple consacré aux insectes, l’Insectarium de Montréal, et que face au succès d’un tel musée, il en avait essaimé ailleurs sur la planète.

« Nous te pensions éternel, toi qui incarnais si bien la vie. » – L’ancien maire de Montréal, Pierre Bourque

Au-delà des distinctions que Georges Brossard a reçues par le passé, « au-delà des récompenses et des médailles comme l’Ordre du Canada ou celui du Québec, et encore les doctorats honorifiques », Pierre Bourque demande que le futur Insectarium de Montréal soit baptisé Insectarium Georges-Brossard et qu’une salle d’exposition à l’intérieur de la future bâtisse lui soit consacrée pour que son oeuvre, sa vie et sa personnalité demeurent vivantes dans le coeur de tous.

La gouverneure générale du Canada, Julie Payette, a également partagé quelques souvenirs de Georges Brossard.  « Georges venait me rencontrer lorsque j’étais directrice du Centre des sciences de Montréal. Il nous parlait de ses insectes, qu’il déposait sur lui. Des fois, ça se mettait à bouger! Chaque fois qu’il était en conférence, il présentait d’abord ses papillons, puis il y avait une montée dans son histoire… pour aboutir au scarabée [Julie Payette confond le scarabée et le scorpion]. Il le tenait par la queue, nous invitait à toucher le scarabée. Personne ne souhaitait s’en approcher, de peur d’être piqué. Heureusement, ce n’est jamais arrivé. Georges nous manque déjà. »

Enfin, l’un de ses fils, Georges, Jr a rappelé la bonté et l’humanisme de son père, en évoquant un moment en 1980, alors que l’entomologiste était en visite dans l’un de ces pays étrangers. Le fils a raconté comment son paternel avait aidé un infirme a rencontré le pape Jean-Paul II. « Cet homme, un handicapé, voulait voir le pape, mais il était bousculé par la foule. « Mon ami! Mais qu’est-ce que tu fais par terre? » lui demanda mon père. L’homme lui répond : « Je veux voir le pape, mais je ne peux pas! » Mon père a pris l’homme sur ses épaules et l’a amené au sommet d’une colline pour qu’il puisse voir le pape. »

Rick et Lulu Hughes touchés

L’artiste Lulu Hughes, également de Saint-Bruno-de-Montarville, avait eu la demande de chanter lors des obsèques. Elle a notamment livré une version du succès « Le monde est stone », qui a fait verser quelques larmes à plusieurs personnes. Après avoir vaincu un cancer du sein en 2016, Lulu Hughes annonçait le 17 juin dernier qu’elle devait reprendre de nouveaux traitements contre la maladie.

Rencontré à la sortie de l’église, son frère Rick Hughes explique le lien entre les deux familles. « Ma mère, qui est décédée d’un cancer du poumon en 2017, était la meilleure amie de Suzanne, la femme de Georges. Ils étaient là lors du décès de maman. »

Outre Rick et Lulu Hughes, notons aussi la présence du sculpteur et artiste peintre Armand Vaillancourt, de l’ancien défenseur du Canadien de Montréal et résidant de Saint-Bruno-de-Montarville Serge Savard, de la chroniqueuse culturelle québécoise nouvellement à la retraite Francine Grimaldi, des Montarvillois Claude Clément et Jacques Grisé, du député fédéral de Montarville Michel Picard, de la députée provinciale de Montarville et ministre de la Culture et des Communications Nathalie Roy, de même que de l’impresario, producteur et agent d’artistes Guy Latraverse.

Envolée de papillons

Les funérailles se sont conclues avec une envolée de papillons. Les deux fils du célèbre entomologiste, Guillaume et Georges Jr, et leur mère Suzanne, avaient convié tout le monde sur le parvis de l’église pour y assister.

Rappelons que la famille recevait les condoléances des amis et des proches ce vendredi 5 juillet ainsi que samedi en matinée.

Georges Brossard est décédé le 26 juin dernier à la Maison Victor-Gadbois, à Saint-Mathieu-de-Beloeil.

QUESTION AUX LECTEURS : Quels souvenirs conservez-vous de Georges Brossard?

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RÉJEAN LANGLOIS
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RÉJEAN LANGLOIS

À chaque fois que j’ai croisé Georges, son incroyable générosité me fascinait er ce, avec la plus grande simplicité. Je me souviens d’une fois alors qu’un ami fermait définitivement les portes de son commerce, je vis Georges arriver en trombe avec un cadeau accompagné d’une adresse d’encouragement pour cet ami . Inutile de vous dire que celui-ci en avait les larmes aux yeux et tout ça, Georges l’a fait avec une simplicité renversante.