Trois illusions boursières

Trois illusions boursières

Claudine Hébert, CFA, hebertc@cote100.com

Crédit photo : courtoisie

Avant d’investir, les investisseurs cherchent généralement des indicateurs qui leur permettent de se former une opinion sur un titre boursier. Voici trois éléments auxquels certains investisseurs accordent à mon avis trop d’importance :

– Le fractionnement d’actions est utilisé par certaines sociétés pour augmenter le nombre de leurs actions en circulation. Par exemple, les actionnaires d’une entreprise dont le titre vaut 20 $ et qui est fractionné à raison de deux actions pour une, détiendront après coup deux actions à 10 $. Pour l’investisseur dont le titre est fractionné, la valeur de son investissement demeure donc inchangée. Un fractionnement ne change en rien la valeur de la société. Il faut donc être prudent et ne pas se fier uniquement à cet élément pour prendre une décision de placement. De fait, les entreprises qui connaissent une belle croissance ne doivent pas obligatoirement fractionner leurs actions pour se rendre attrayantes.

– Le cours d’une action. Un titre qui se transige à 2,35 $ est-il cher ou est-il une aubaine ? En fait, nous ne pouvons d’aucune façon évaluer une entreprise en se fiant uniquement au cours de son action. Pourtant, dans les derniers mois, plusieurs ont dû entendre des commentaires du genre : je viens d’acheter du Bombardier à 1,20 $, c’est toute une aubaine! En revanche, le titre de Berkshire Hathaway, à près de 222 800 $ US l’action, est-il trop cher?

– Pour savoir si un titre est cher ou pas, il faut le comparer aux profits par action de la société. C’est ce qu’on appelle le ratio cours-bénéfices. À l’instar du rapport qualité-prix bien connu des consommateurs, le ratio cours-bénéfices donne une idée de l’évaluation d’un titre. Ce ratio est-il raisonnable comparativement aux autres entreprises du même secteur? Où se situe-t-il sur une base historique? Est-ce que les perspectives de croissance sont assez solides pour mériter un tel ratio ? Il ne faut surtout pas se fier à l’illusion dégagée par le cours peu élevé d’un titre en termes absolus. Car même si le cours est bas, ce pourrait être payer chèrement pour un placement.

Enfin, la capitalisation boursière représente la valeur boursière totale d’une société en Bourse et se calcule en multipliant le nombre de ses actions en circulation par son cours boursier. Avec un nombre d’actions en circulation constant, les fluctuations dans la capitalisation boursière nous indiquent la performance boursière d’une entreprise. À elle seule, la capitalisation boursière procure bien peu d’information à l’investisseur. Elle l’informe seulement de la taille de la société, mais ne lui indique rien quant à sa valeur – celle-ci étant en grande partie fondée sur les profits de la société en question. De plus, le fait que la capitalisation boursière d’une entreprise ait fortement augmenté au cours des dernières années ne signifie pas nécessairement qu’elle ait enrichi ses actionnaires. Une société qui grossit rapidement en augmentant surtout le nombre de ses actions pourrait très bien avoir appauvri ses actionnaires.

Pour investir à la Bourse et espérer avoir du succès, il faut éviter de se laisser influencer par de telles illusions. Il est primordial de baser ses décisions sur des critères rigoureux qui démontrent la valeur réelle de l’entreprise étudiée.

COTE 100 est une boutique de gestion de portefeuille basée à Saint-Bruno depuis plus de 27 ans. Pour plus d’informations, visitez le site Internet à www.cote100.com.

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