Djaouida Sellah : toujours impliquée au Québec et au Canada pour le NPD

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Par Frédéric Khalkhal
Djaouida Sellah : toujours impliquée au Québec et au Canada pour le NPD
Djaouida Sellah, candidate NPD dans la circonscription de Montarville. (Photo : archives)

Les Canadiens se choisiront un nouveau gouvernement le 21 octobre. Le journal Les Versants a décidé de s’entretenir avec l’ensemble des candidats de la circonscription de Montarville pour les présenter aux citoyens. La diffusion des entretiens respectera un ordre alphabétique.

Comment se déroule votre campagne?

C’est une campagne qui évolue bien à mon sens. Au moment de collecter mes signatures, les gens étaient sceptiques concernant le fait que le chef du NPD portait un signe religieux, mais avec le temps, les gens ont bien compris qu’il faut choisir ce qui nous convient et non ce qui nous différencie.

Est-ce que l’appartenance religieuse de votre chef est l’une des raisons de ce manque de popularité du NPD pour l’instant, même si les sondages sont meilleurs depuis les débats des chefs?

Parfois, les gens se fient aux apparences et quand ils ont découvert un homme très progressiste qui partage les mêmes valeurs que les Québécois et qui respecte aussi les juridictions provinciales, il change d’avis. Les gens ont donc vu que c’était un vrai progressiste qui est de la fibre et de l’éthique de Jack Layton. Les gens voient que c’est quelqu’un qui s’est battu pour arriver là où il est et qui comprend tout le monde. Il se met à la place de tout le monde. Il travaille aussi sur les choses qui nous rassemblent, plutôt que celles qui nous divisent. C’est ce qu’a toujours fait le NPD.

Aujourd’hui, le PLC et le Bloc québécois sont au coude à coude dans les intentions de vote dans la circonscription de Montarville. Comment pourriez-vous renverser la tendance?

Je participe à cette bataille dans le sens où j’ai eu l’expérience et l’honneur de la confiance de mes concitoyens en 2011. Je pense pouvoir continuer à me battre sur le plan de la chambre parlementaire afin de bien représenter mes citoyens et aussi d’être leur porte-parole par rapport aux enjeux locaux. Les gens continuent à m’apostropher pour me dire que le problème des boîtes aux lettres n’a jamais été réglé par les libéraux. Ils me parlent aussi de la pollution sonore qui s’est accentuée. J’ai noté que les problèmes pour lesquels j’avais travaillé fort dans la campagne de 2015 étaient restés sans solution. Alors, j’aimerais bien, une fois pour toutes les résoudre, car j’ai déjà fait la démonstration que j’étais capable de faire changer des choses. J’ai eu la chance de présenter un projet de loi qui me tenait à cœur et que les libéraux ont adopté sans m’en donner le crédit. Je parle de la loi sur la pénurie des médicaments pour que les citoyens soient protégés. Cela démontre que même si on n’est qu’un seul parlementaire, il est possible de travailler avec les autres si on sait comment les sensibiliser et leur exposer les problèmes. On est dans une démocratie, les gens peuvent voter pour qui ils veulent, mais j’espère que cette fois, les gens voteront en réfléchissant sur un programme plutôt que par habitude ou sentiment d’appartenance.

Depuis la dernière élection en 2015, qu’est-ce qui a changé dans votre démarche de convaincre les électeurs?

Moi, je ne changerai pas dans le sens où j’ai toujours été authentique. Je n’ai pas une langue de bois, c’est pour cela que les gens me reconnaissaient et étaient très contents que je revienne sur la scène politique. J’ai déjà croisé M. Picard, il n’y a pas longtemps, avec un organisme communautaire de Saint-Bruno. Les membres de l’organisme étaient très impressionnés dans ma façon d’interagir avec eux, d’expliquer les choses, plutôt que de faire un discours-fleuve qui, au fond, ne veut rien dire. On est un parti avec des députés toujours sur le terrain. On va se battre pour les citoyens. Comme le dit notre chef, la peur n’a jamais rien changé, mais l’espoir, oui.

On parle de la Loi sur la laïcité au Québec. Quelle est votre opinion par rapport à ce projet de loi 21?

Je pense que notre chef a été très clair. Au lendemain du deuxième débat en anglais, il a indiqué clairement qu’il ne contesterait pas cette loi. Il avait indiqué même bien avant les débats qu’il n’avait pas le temps ni l’envie d’utiliser l’argent des contribuables pour contester une loi qui a été adoptée par l’Assemblée nationale. Notre chef est religieux, mais il a bien soutenu que cela est personnel. Mme May est très religieuse, elle porte toujours sa croix, mais cela ne me dérangeait nullement de travailler avec elle.

Et pour vous?

Je pense que c’est une loi qui a été acceptée à 60 à 70 % par les Québécois et il faut respecter cette volonté.

Des réalités dans Montarville, quelles sont celles qui vous interpellent le plus?

Comme je le mentionnais, je continuerai toujours mon combat par rapport à la livraison du courrier à domicile. N’oublions pas que la population des aînés va augmenter avec les années et c’est un service assez primordial pour eux. J’avais parlé de la pollution sonore par rapport à l’aéroport de Longueuil, surtout qu’on ne parle plus que des avions d’écoles de pilotage, mais aussi de gros porteurs. Il faudrait travailler, comme je l’avais dit, avec le municipal, le provincial, et travailler ensemble pour améliorer le bien-être de mes citoyens.

On ne vous a pas beaucoup entendu sur la scène publique depuis les dernières élections de 2015, pourquoi?

Parce que je me suis affairée avec certains de mes collègues à mettre en place le Nouveau Parti démocratique du Québec. Vous savez que ce n’est pas facile de mettre en place un nouveau parti au Québec. J’ai toujours été présente aussi à Ottawa et j’étais redevenue une militante du parti. Le NPD pourra ressurgir…, quand on voit que le Bloc reprend du poil de la bête, alors que tout le monde le disait mort.

Justement, le Bloc québécois a pris une partie de votre électorat, non?

Absolument! En fait, ce que je vois, c’est que l’électorat ne vote pas sur les valeurs du parti, mais plutôt pour sanctionner celui qui est au pouvoir. En 2015, nous avons été battus à cause de la controverse du niqab. Nous n’avions pas été bien compris et d’autant plus que certains partis faisaient des campagnes de salissage. Le NPD commence à émerger, car les Québécois commencent à percevoir que c’est un parti progressiste, qui se bat pour les gens et non pour les grandes compagnies, ou les amis riches. En plus, c’est un parti qui peut parler avec le reste du Canada, négocier et ramener des choses pour le Québec. Je peux vous dire que je me sens 1000 % québécoise et francophone. Je ne pense pas qu’il y ait une certaine catégorie de personne qui peut, à elle seule, défendre le Québec ou encore le français. Nous sommes dans un pays d’immigration. Nous sommes tous des Québécois et des Canadiens. Quand on a choisi un pays, on a décidé de se battre pour lui.

Vous êtes élue le 21 octobre, que faites-vous en premier?

Je commence par remercier les citoyens de me renouveler leur confiance. On va ensuite se retrousser les manches pour permettre un régime d’assurance médicament, une première. Je vais travailler aussi sur l’abordabilité des logements, lutter contre l’endettement des étudiants pour diminuer les intérêts sur leurs prêts, nous allons mettre en place des mesures concrètes pour lutter contre la crise climatique. Je ne pense pas d’ailleurs que cette crise doit être traitée de manière partisane. Il faut travailler ensemble pour faire face à cette crise. Nous sommes réalistes, il faudra se tourner vers les énergies propres. Nous voulons aussi avoir des services de télécommunications abordables pour que les Canadiens et les Québécois ne payent pas plus que la moyenne mondiale des prix pour leur cellulaire, ou Internet. Et enfin, nous travaillerons pour que les ultra-riches payent leur juste part en introduisant des impôts sur les grandes fortunes, en éliminant les échappatoires fiscales, en mettant fin aux cadeaux offerts aux entreprises ainsi qu’aux particuliers les plus riches. L’argent est là, il faut juste choisir les priorités. Tout cela est faisable et touche le bien-être des Québécois et des Québécoises.

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