Sur un air de 375

Sur un air de 375

Daniel Scott a composé la trame musicale originale de la série de cinq films documentaires.

Crédit photo : Frédéric Khalkhal

Tout le monde y met du sien pour que les célébrations du 375e de Montréal soit une réussite. Même de l’autre côté du Saint-Laurent, sur la Rive-Sud, à Saint-Bruno-de-Montarville.

 

réalisé par Paul Carvalho, est une série de cinq films documentaires et un CD, reprenant des morceaux choisis et arrangés, qu’on peut, depuis quelques semaines, retrouver chez tous les bons distributeurs, selon la formule consacrée.

À la baguette, c’est un Montarvillois, d’origine montréalaise, qui s’est illustré dans ce projet de plusieurs années.

« Je travaille avec Paul Carvalho (le réalisateur) depuis les années 2000. Lorsqu’il a entamé ce projet en 2010, il a pensé à moi. Il a fait un énorme travail de recherche en réalisant, en moyenne, un film par année. Il y a plus de 1000 photos d’archives », explique M. Scott dans son studio, rue Montarville, où il a reçu le journal .

Le réalisateur, scénariste et producteur montréalais ne prenait pas trop de risque non plus en faisant confiance à son ami montarvillois.

Daniel Scott est un compositeur primé, orchestrateur et chef d’orchestre canadien de musique de films et de séries télévisées. Il a créé la musique de près d’une trentaine de films et documentaires et d’une vingtaine de séries télévisées pour des productions canadiennes et internationales. Ces cinq dernières années, il fut cinq fois lauréat du prix international « compositeur québécois s’étant le plus illustré en film et en télé » de la SOCAN et fut mis en nomination à huit reprises aux prix Gémeaux et Gemini.

Un projet unique

Il fallait que le documentaire soit à la hauteur des festivités que prépare la métropole québécoise. C’est ainsi que ni le réalisateur ni Daniel Scott n’ont ménagé leur temps pour produire du matériel de qualité.

« En un an de travail, j’ai dû produire 2 h 45 de musique originale pour la série. Ensuite, il a fallu choisir 16 pièces musicales, sur la quarantaine, à mettre sur le CD. En collaboration avec Dominique Messier, il a fallu toutes les remixer, les rematricer, ajouter des instruments et parfois même les réenregistrer. J’ai été très exigeant dans la réalisation de ce CD et je suis très content du résultat. Les musiciens y sont aussi pour beaucoup. »

Le multi-instrumentiste s’est entouré des meilleurs. Philippe Dunnigan, le 1 violon de Céline Dion, Julie Lamontagne, une pianiste jazz de renom, ou encore des musiciens de l’Orchestre symphonique de Montréal (OSM) ou de l’Orchestre de Montréal (OM).

« J’ai adoré l’expérience de faire mon premier CD après 30 ans de carrière », précise l’artiste.

La musique

Les musiques des documentaires évoluent tout au long de la série, au même rythme que la construction de Montréal. Faire une musique qui ne mange pas les commentaires du document a été le plus grand défi pour l’artiste. « J’ai travaillé en étroite collaboration avec le réalisateur et nous ne voulions pas qu’une simple musique d’ambiance. Il fallait une musique qui ait une voix, qui traduise une histoire. C’est un documentaire avec une musique de film, avec beaucoup de mouvement. »

Après un an de travail, « ce qui est assez rare pour un documentaire », le résultat est concluant. « On a investi dans ce projet beaucoup plus que ce qui était prévu en temps, par amour pour l’histoire. Nous y sommes allés sans compter. »

Une cinquantaine de musiciens et de chanteurs ont collaboré au projet. « Une organisation assez rare pour un long métrage au Québec, mais totalement inexistante pour un court métrage. »

« En un an de travail, j’ai dû produire 2 h 45 de musique originale pour la série. Ensuite, il a fallu choisir 16 pièces musicales, sur la quarantaine, à mettre sur le CD. » – Daniel Scott

Prêt à voyager

PBS, ArtTV, Radio-Canada se sont entendus pour diffuser le documentaire. L’histoire de Montréal pourrait atteindre l’Europe. Le souhait du musicien, c’est que la Ville de Montréal utilise ce documentaire pour représenter la ville. « Lors du 375 de Montréal, il n’y a pas grand-chose d’organisé autour de l’histoire du patrimoine montréalais. » Les concepteurs du documentaire sont d’ailleurs en discussion avec la Ville pour qu’elle puisse s’appuyer sur leur travail.

D’autres projets

Daniel Scott, qui a travaillé avec la Warner Bros., Walt Disney, qui a fait beaucoup de direction de voix et de musique de film, semble avoir un agenda bien chargé.

« Cette année, ma priorité, c’était ce documentaire avec le CD. J’ai plusieurs projets, dont un film israélien; un film d’animation qui débutera la semaine prochaine avec la coproduction canadienne, américaine, chinoise et norvégienne; la musique d’une série qui sera diffusée l’automne prochain… »

Le métier semble pourtant de plus en plus difficile. « Aujourd’hui, si je n’avais pas d’expérience, je ne sais pas si je choisirais de nouveau ce chemin professionnel. Il y a de plus en plus de diffuseurs, mais avec des budgets limités; beaucoup plus de compositeurs sur le marché. L’arrivée des nouvelles technologies rend la profession beaucoup plus compétitive, mais moi, personnellement ,je ne pourrais plus m’en passer », de conclure Daniel Scott.

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