Entretien avec Stéphane Bergeron candidat du Bloc québécois

Photo de Frédéric Khalkhal
Par Frédéric Khalkhal
Entretien avec Stéphane Bergeron candidat du Bloc québécois
Stéphane Bergeron, candidat du Bloc québécois dans la circonscription de Montarville, lors de son investiture avec son chef Yves-François Blanchet. (Photo : courtoisie)

Les élections fédérales se dérouleront le 21 octobre. Le journal Les Versants a décidé de s’entretenir avec l’ensemble des candidats de la circonscription de Montarville pour les présenter aux citoyens. La diffusion des entretiens respectera un ordre alphabétique.

Ça vous fait quoi, ce retour sur la scène fédérale?

J’avais l’impression de me réinstaller dans mes vieux souliers confortables de candidat dans une élection même si, d’emblée, ce n’était pas quelque chose qui était prévu dans mon plan de vie. Je suis secrétaire général du cégep de Rimouski depuis l’élection de l’automne dernier. L’appel d’Yves-François Blanchet a un peu bouleversé mes plans, mais je dois dire que c’est fort agréable. J’ai sillonné la circonscription dans tous les sens pendant presque tout l’été et c’est très positif. L’été a été magnifique.

Qu’est-ce qui vous a motivé à être candidat de nouveau?

Plusieurs raisons. Je me suis dit qu’Yves-François Blanchet, qui avait décidé de quitter Radio-Canada, Le Club des ex et sa position confortable de commentateur de l’actualité pour sauter à nouveau dans l’arène, pour prendre les rênes d’un navire, le Bloc québécois, qu’on croyait en perdition, faisait preuve de courage. C’était un risque considérable pour lui et je me suis dit qu’il ne pouvait pas être tout seul à prendre des risques. Il faut serrer les rangs autour de lui. Quand il m’a approché, j’étais plutôt dans l’état d’esprit de dire “ Bon bien, j’ai donné, c’est à d’autres de prendre le relais “, mais j’ai vu que ce qu’il me demandait, c’était également de prendre un risque. Il y a une belle équipe de jeunes candidates et candidats partout à travers le Québec qui, je pense, amène un renouveau incroyable pour l’équipe du Bloc québécois. Peut-être le fait qu’il m’ait demandé de se joindre à son équipe avec la présence d’Alain Therrien et de Christiane Gagnon, c’est une façon de donner un peu de profondeur, un peu d’expérience. Alors je me suis dit “ Je comprends qu’il me demande de serrer les rangs avec lui “. J’ai donc décidé de sauter dans l’arène. Puis, j’étais en pleine réflexion, lors de la candidature probable de Réjean Hébert (un ancien député du Parti québécois) dans le comté de Longueuil – Saint-Hubert pour les libéraux, et là, je me suis dit qu’il était important, en cette ère de cynisme en politique, qu’on puisse faire la démonstration aux gens qu’il y a encore des citoyens qui s’engagent en politique par conviction et non pas simplement par opportunisme ou par intérêt, et c’est la raison pour laquelle je saute à nouveau dans l’arène politique pour le scrutin du 21 octobre sous les couleurs du Bloc québécois dans la circonscription de Montarville.

Il y a des difficultés au Bloc. Aujourd’hui, on en est où?

Il y a encore des plaies qui ne sont pas totalement cicatrisées. On est en train d’y travailler et Yves-François Blanchet fait un travail formidable à cet égard depuis son arrivée. On retrouve parmi nos membres des gens qui reprochent le plébiscite de Martine Ouellette à la tête du Bloc québécois, d’autres qui reprochent de l’avoir pour ainsi dire éjectée, mais de manière générale, les membres ont tourné la page et souhaitent que le Bloc puisse se concentrer sur sa mission, celle de promouvoir l’indépendance du Québec et de défendre au mieux les intérêts du Québec à Ottawa. On constate dans l’histoire récente du Québec que la province n’a jamais été aussi bien représentée à Ottawa que lorsqu’il y a eu un important contingent de députés du Bloc québécois sur la banquette de la Chambre des communes. Je pense que la vague orange, la vague rouge nous ont démontré que l’on n’est jamais aussi bien servi que par soi-même. Comme le dit le slogan du Bloc québécois, “ Le Québec c’est nous! “. Alors comme le Québec, c’est nous, il vaut mieux que ce soit nous qui représentions le Québec, car nous n’avons de loyauté qu’à l’égard des Québécoises et des Québécois. Nous n’avons pas de compromis à faire avec la majorité d’un caucus qui viendrait d’ailleurs. Pour le Bloc québécois, quand c’est bon pour le Québec, on appuie, lorsque ce n’est pas bon, on s’y oppose.

Il n’y a pas beaucoup de députés du Bloc québécois à Ottawa. Défendre l’indépendance du Québec est encore vendeur à Ottawa?

Je pense que lorsqu’on parle d’octroi de plusieurs dizaines de milliards de dollars en contrats pour la construction de navire à deux chantiers navals du Canada, l’un sur la côte Est, l’autre sur la côte Ouest, alors que l’un des meilleurs chantiers navals du Canada est à Lévis, qui lui, n’a eu droit qu’à des miettes, et encore a-t-il fallu qu’il se batte pour obtenir ces miettes, on se dit que le régime fédéral n’est peut-être pas à l’avantage des Québécois. Donc, peut-être n’est-ce pas dans l’air du temps de parler d’indépendance, mais s’il y a une trame de fond qui est quasi permanente dans l’histoire du Québec, c’est cette aspiration à cette pleine autonomie que procurerait l’indépendance. Alors il y a eu des moments de dormance, je pense entre autres à la période des Patriotes, où l’on a cru que l’idée de l’indépendance était quelque chose qu’on ne reverrait jamais, et pourtant. Il est d’autant plus important d’avoir à Ottawa un contingent de députés qui fera en sorte que dans le cadre fédéral actuel, le Québec s’en tire le moins mal possible. L’absence de député du Bloc québécois à Ottawa a pesé très lourd dans le développement du Québec. Il est temps de retrouver un contingent pour faire que le Québec soit pris en compte à l’intérieur de cette fédération. Tant qu’il en fait partie, tant que nous versons à Ottawa des milliards de dollars en taxes et en impôts, le Québec doit avoir sa juste part.

Quel sera votre rôle au sein du bloc?

Je crois que j’ai une responsabilité. Mon expérience, tant à Québec qu’à Ottawa, Yves-François Blanchet souhaite l’exploiter par ma présence dans l’équipe et éventuellement de député par la suite. J’en suis honoré quelque part, mais d’autre part, j’ai mes preuves à faire aux citoyennes et citoyens de Montarville. J’ai toujours prétendu qu’il ne fallait jamais tenir quoi que ce soit pour acquis. Il faut faire campagne et expliquer la pertinence du programme qu’on défend. Ce travail est déjà commencé et je continuerai jusqu’au 21 octobre. La présence lors de mon investiture de Guy Ouellette montre ce que représente le Bloc québécois pour l’ensemble des Québécois. Je disais à quelqu’un que l’on sait que traditionnellement, le Parti québécois a toujours soutenu le Bloc québécois, mais on sait aussi que le Bloc n’est pas inutile à des formations politiques comme la CAQ ou le Parti libéral. On sait que Robert Bourassa, alors premier ministre libéral du Québec, aurait même contribué à la formation du Bloc québécois. Donc, même pour des formations politiques fédéralistes, la présence à Ottawa d’un important contingent de députés du Bloc pour que le Québec tire le maximum de sa participation du régime fédéral canadien, c’est significatif tout cela.

Comment pensez-vous faire la différence dans la circonscription de Montarville?

Mon intention n’est pas de battre Michel Picard, mais de lui succéder. J’entretiens une très bonne relation avec M. Picard. Je ne suis pas de ces politiciens qui font campagne de manière belliqueuse à l’égard des personnes qui leur font face et qui les considèrent comme des adversaires. Moi, je les considère comme des concurrents et la démocratie fera en sorte qu’au terme de la course, il n’y ait qu’un seul gagnant. J’ai bien l’intention de faire en sorte d’être cette personne. Qu’est-ce qui a permis à M. Picard d’être le gagnant en 2015? Je pense que c’est parce qu’à ce moment-là, il y a eu un contexte favorable à sa formation politique, ce qui a pu avoir une incidence sur le résultat. Les résultats en 2015 ont été serrés entre trois partis. Le NPD, selon les sondages, ne serait pas dans la course cette année, mais on ne sait jamais. Quant au Parti libéral, même s’il semble en avance au Québec, pas forcément chez les francophones, on ne sent pas cependant cette vague qui s’était dégagée à la fin de la campagne de 2015. Donc, au moment où l’on se parle, je pense qu’on a affaire à un nouvel échiquier qui peut se transformer en cours de campagne. C’est ça, la beauté d’une campagne. J’ai l’intention d’aller voir les gens sur le terrain et de faire une campagne positive en expliquant ce que je souhaite faire dans la circonscription. Je veux être sincère, honnête en disant qui je suis, ce que j’ai fait dans le passé, ce que je propose de faire à l’avenir.

Le 21, vous êtes élu. Quelle est votre priorité?

Pour Montarville, ma priorité sera alors d’ouvrir un bureau de circonscription, car j’ai l’intention d’être un député au service de la population. On ne peut pas l’être si l’on ne se met pas au travail pour servir la population. La priorité absolue sera donc d’ouvrir un bureau de circonscription et d’y recevoir les doléances des citoyens pour les rapporter à Ottawa auprès des ministères et des agences fédérales. Il faudra aussi organiser le bureau parlementaire rapidement, se coordonner avec le caucus du Bloc et se familiariser avec les responsabilités qui nous seront confiées, le but étant d’être rapidement au service des citoyens.

Partager cet article

Laisser un commentaire

avatar
  S'inscrire  
Me notifier des