Un lent départ pour le golf

Printemps pluvieux

Les pluies des dernières semaines sont venues jouer les trouble-fête dans le début de saison des clubs de golf de la région. Les amateurs ont été moins nombreux à fouler les terrains.
Au club de golf Vallée du Richelieu, ce sont environ 3 000 golfeurs de moins depuis l’ouverture de la saison, nous confie le directeur général du terrain privé, Patrice Forcier. « C’est certain que c’est plus tranquille, et c’est sûr que cette diminution entraîne des répercussions. Ça se ressent. Malheureusement, ce que nous perdons en début de saison est difficile à aller récupérer », mentionne Patrice Forcier. D’après lui, il faut s’attendre à des périodes plus creuses; cela fait partie du jeu saisonnier. « C’est le cas du golf, mais c’est aussi la même chose pour les stations de ski en hiver, les piscines, les terrains de camping, les plaisanciers sur les cours d’eau. Nous sommes tous à la merci de dame Nature. »

Club privé club public

Le directeur général du terrain privé évoque la différence au niveau financier que peuvent connaître les dirigeants de club public. Il rappelle que les membres d’un club privé paient pour la saison, alors que les golfeurs qui fréquentent les clubs publics déboursent à la visite. « Beau temps, mauvais temps, il y a de l’argent dans nos coffres en début de saison », poursuit M. Forcier.

« Nous sommes tous à la merci de dame Nature. » – Patrice Forcier

Par contre, avec moins de joutes de golf en raison des précipitations abondantes, il y a moins d’achalandage sur la terrasse, en salle à manger et pour les voiturettes. Après une partie, un golfeur peut manger, prendre une consommation. Les invités se font plus rares aussi. Il y a moins de revenus. « Pour le privé, l’impact est moins important que pour le public. Mais il y en a tout de même un. »
Moins de revenus veut dire contrôle des dépenses, ajoute le directeur général.
Le directeur et copropriétaire du club de golf Rive-Sud, Tom Bissegger, estime une baisse de 20 % de l’achalandage en avril et en mai. « Nous avons connu des saisons records de pluie en avril et en mai. Deux mois qui ont été moins bons pour l’industrie. Par contre, les verts sont très beaux, parce que la pluie a aidé et en raison d’un hiver qui n’a pas été difficile pour les terrains », déclare Tom Bissegger.
En fait, le Québec a reçu 3,6 millimètres de moins que le record de précipitation qui est de 158,8 millimètres de pluie pour un mois d’avril. Le mois de mai a été moins pire, avec quelque 114 mm environ. Ce mois a plutôt été marqué par la grisaille et de basses températures.

Mauvaise perception

Pour Tom Bissegger, les gens planifient leur journée et leurs activités d’après l’application météo de leur téléphone intelligent. « C’est dommage toute cette pluie, mais le gros problème, c’est que tout le monde observe son cellulaire 24 h sur 24 pour connaître le temps qu’il fera. Environnement Canada et Météo Média, ils ne l’ont pas pour caller la météo; ça change tellement », poursuit M. Bissegger. Il regrette l’époque où les golfeurs arrivaient au club, prenaient le temps de s’offrir un café et partaient ensuite sur le terrain, même sous la pluie. « Ce n’est plus comme ça, beaucoup moins en tout cas. De nos jours, les gens ont une perception de la pluie comme si c’était de l’acide. »
Du côté du club de golf Le Riviera, on nous répond que ce début de saison n’est pas facile. « Ce n’est pas une période facile, mais nous sommes faits forts, nous allons par passer à travers », révèle Bruno Harvey.
Patrice Forcier conclut : « Espérons maintenant que toute cette pluie est derrière nous et que dame Nature continue de nous donner de la chaleur! »

QUESTION AUX LECTEURS :

Est-ce que la pluie vous force à annuler certaines activités?