Un départ à regret

Académie de tennis Bernard-Dagenais

 
Après 15 ans de service, l’Académie de tennis Bernard-Dagenais quitte la ville de Saint-Bruno-de-Montarville. L’école de tennis offre maintenant des cours à Saint-Amable.
« Nous avons connu de très beaux moments à Saint-Bruno, de beaux succès. Je n’ai qu’à penser au développement du sport comme tel au début de l’aventure, mais voilà, depuis deux ans, c’était de plus en plus difficile. C’est à regret que je m’en vais », mentionne Bernard Dagenais, en entrevue avec le journal.
Pour expliquer ces moments difficiles, M. Dagenais déplore les coupes qui ont été effectuées aux loisirs, mais aussi, et surtout, la prolifération des paniers de balles sur les terrains de tennis de la part de membres non enseignants. « Le soutien de la Ville n’était plus le même. Des parents enseignaient eux-mêmes à leurs enfants. À l’Académie, il existe une technique pour apprendre le tennis aux enfants, avec des balles de différentes couleurs, qui ont chacune un poids différent, et des raquettes adaptées aux jeunes. Ces parents qui essayaient d’apprendre le sport à leurs enfants ne le faisaient donc pas de la bonne façon, avec des balles de tennis régulières. Mes entraîneurs se sont fait donner le doigt d’honneur et se sont fait traiter parfois d’incompétents », raconte M. Dagenais.
Pour ces raisons, l’Académie de tennis Bernard-Dagenais (ATBD) a décidé de ne pas participer au récent appel d’offres pour le programme de tennis à Saint-Bruno-de-Montarville. C’est l’équipe de Tennis 40-0 qui a pris le relais. Bernard Dagenais, quant à lui, continue d’offrir ses cours à Saint-Amable, et ce, depuis trois ans. « Je me sens un peu comme Astérix et les Gaulois, seul à Saint-Amable, entouré de camps romains, puisque Tennis 40-0 détient plus de 30 villes au Québec, dont plusieurs sur la Rive-Sud (Montréal) – Saint-Bruno, Chambly, Longueuil, Sainte-Julie, Saint-Lambert… »
Et ce n’est pas seulement difficile pour les dirigeants de l’ATBD, mais aussi pour les enfants et les parents qui avaient appris à apprécier le travail, l’engagement, les efforts de ces entraîneurs dévoués. « Plusieurs enfants ont pleuré à l’annonce du dernier cours. Ils ne comprennent pas », de poursuivre Bernard Dagenais, qui remercie tous les entraîneurs avec qui il a collaboré durant ces 15 années, particulièrement Jean Riendeau, un « entraîneur-chef exemplaire et passionné », ainsi que Bertrand Gauthier.
Objectif : développer le tennis
C’est lors de l’été 2002 que Bernard Dagenais fut engagé comme entraîneur-chef en tennis à la Ville de Saint-Bruno-de-Montarville. Cinq ans plus tard, il fondait son Académie de tennis. Depuis, l’organisme sportif a toujours eu le même objectif, soit d’offrir le meilleur service possible et développer le tennis, et ce, dès l’âge de trois ans. La clientèle est rapidement passée de 50 à plus de 200 joueurs. En 2009-2010, l’ATBD connaissait son plus haut taux d’inscriptions avec plus de 750 membres.

« Je me sens un peu comme Astérix et les Gaulois, seul à Saint-Amable, entouré de camps romains, puisque Tennis 40-0 détient plus de 30 villes au Québec, dont plusieurs sur la Rive-Sud. » – Bernard Dagenais.

Avec une troisième année de service à Saint-Amable, Bernard Dagenais compare sa situation actuelle avec celle de ses débuts à Saint-Bruno-de-Montarville. « J’avais accès à 12 terrains à Saint-Bruno. À Saint-Amable, il y en a 2. J’ai aussi très peu d’inscriptions pour le moment. Je recommence à zéro. »
Silence radio
M. Dagenais déplore également le silence de la Ville à la suite de son départ. « J’ai l’impression que je me suis fait montrer la porte. Je suis sorti par la porte d’en arrière, sans remerciements et appréciations de la part d’une Ville à qui j’ai donné 15 ans de ma vie. Mes entraîneurs, Jean Riendeau et Bertrand Gauthier, n’ont même pas été considérés pour me remplacer. C’est dommage, mais j’imagine que c’est dans la continuité de la société de consommation dans laquelle nous vivons : on passe rapidement de héros à zéro », lance celui qui désire aussi remercier tous les élèves qui ont soutenu l’ATBD au cours des 15 dernières années.
Concernant les relations des dernières années entre l’ATBD et la Ville, la directrice des communications à Saint-Bruno-de-Montarville, Suzanne Le Blanc, a répondu : « L’Académie de tennis Bernard-Dagenais a choisi de ne pas participer au récent appel d’offres. La Ville respecte ce choix. »
QUESTION AUX LECTEURS :
Comment réagissez-vous au départ de l’Académie de tennis Bernard-Dagenais?