Triathlon sprint: Philippe Drolet, champion du monde chez les 35-39 ans
Philippe Drolet a été couronné champion du monde chez les 35-39 ans au Triathlon sprint, le 17 octobre dernier, à Wollongong en Australie.
Si ce résultat est impressionnant, le parcours pour atteindre un tel niveau l’est davantage. En 2019, à la fin de sa première saison, l’athlète s’est qualifié pour les Championnats du monde. Toutefois, l’évènement a été annulé en 2020 et en 2021 en raison de la pandémie.
En 2022, alors que le trentenaire souhaite reprendre l’entraînement pour atteindre son rêve d’être champion mondial au Triathlon sprint, des douleurs articulaires l’en empêchent. Pendant deux ans, il luttera contre cette condition médicale sans savoir si un jour la forme physique reviendra. « C’était un dérèglement du cerveau. Mon corps s’autodétruisait », mentionne-t-il. Pour lui, cette époque est la plus grosse épreuve qu’il a dû traverser. « Je ne savais pas si j’allais pouvoir refaire du sport un jour. »
Le Montarvillois revient alors à Saint-Bruno, et après avoir entraîné de nouveau son cerveau, il doit mettre son corps à contribution pour reprendre les sorties à vélo, la course et la natation afin de regagner son laissez-passer pour les Championnats mondiaux.
Réaliser un triathlon sprint consiste à nager 750 mètres, à pédaler près de 20 kilomètres et à courir 5 kilomètres. L’athlète a réalisé ce test, avec les temps de transition, en 59 minutes et 21 secondes lors de son épreuve à Wollongong.
De retour à la compétition
À l’été 2024, au Triathlon Etchemin, en Beauce, le Montarvillois est arrivé à décrocher une autre qualification pour les mondiaux en 2025 à Wollongong en Australie. « Malgré tout ce que j’ai pu traverser, je suis dans la meilleure forme physique de ma vie », explique-t-il.
Il s’est donc envolé, une semaine avant le triathlon, seul vers un pays qu’il connaît très bien. Philippe Drolet a étudié, lorsqu’il était à la maîtrise, en Australie. « Retourner en Australie 15 ans plus tard, c’était particulier. C’est un endroit marquant où j’avais déjà réalisé plusieurs grands accomplissements » exprime-t-il, reconnaissant d’avoir pu compter sur le soutien de son père, Normand Drolet, et de la conjointe de ce dernier lors de son épreuve le 17 octobre.
« Mon père, ç’a toujours été un mentor sportif pour moi. Il a toujours été mon mini fan-club de mes réalisations », explique l’athlète qui, adolescent, faisait ses débuts dans le monde de la natation. Normand Drolet était, quant à lui, un coureur reconnu au Québec. Philippe raconte que jeune, il faisait aussi beaucoup de vélo avec sa famille. « À l’âge adulte, c’était comme naturel pour moi de débuter le triathlon », mentionne-t-il. C’est d’ailleurs le style de vie que lui apporte cette discipline, qui lui manquait dans les dernières années.
« Malgré tout ce que j’ai pu traverser, je suis dans la meilleure forme physique de ma vie. » – Philippe Drolet
Plus grosse course de sa vie
Les heures avant le jour J ont été remplies de nervosité, alors qu’il était seul, confronté à lui-même et à ses craintes envers ce qu’il appelle la plus grosse course de sa vie. Il était important pour lui d’arriver plusieurs jours en avance pour s’adapter et réduire les effets du décalage horaire.
« C’était incroyable, une fois parti, de prendre conscience que j’étais en train de réaliser ce parcours, que j’avais visualisé des centaines de fois dans ma préparation », mentionne-t-il.
L’Australie connaît des températures similaires au Québec en octobre. Sur le parcours, l’une des grandes différences observées par Philippe, c’est l’océan. « On avait de gros vents à combattre sur le bord de la côte. C’était un parcours, autant à vélo qu’à la course, avec beaucoup de dénivelés. Somme toute, c’était très challengeant », explique-t-il.
D’autres défis
À l’aube de ses 40 ans, l’athlète a réalisé un défi de longue date après avoir traversé toutes sortes d’épreuves. « Pour y arriver, ce n’est pas seulement une force physique ou mentale que j’ai dû travailler, mais aussi énormément de résilience », exprime-t-il, fier d’avoir continué d’y croire tout ce temps.
Maintenant que ce rêve est derrière lui, d’autres se dessinent, comme celui de courir son premier demi-Ironman l’été prochain.
« J’ai commencé avec le sprint et j’avais envie de réaliser l’objectif que je me suis donné avant d’en réaliser d’autres », explique-t-il. Depuis son retour à la compétition, en 2024, sa relation avec le sport a grandement évolué, avoue-t-il. « Chaque fois que je sors m’entraîner, j’apprécie le fait de bouger mon corps. C’est une maturité que je n’avais pas avant et que j’entretiens aujourd’hui à chaque entraînement », exprime-t-il.
