Sainte-Julie: un champion du monde au minigolf

En 2025, Francis « The Spinner » a décroché plusieurs titres mondiaux en minigolf.

« On m’appelle Francis « The Spinner », car je mets du « spin » en frappant ma balle à cause d’une chirurgie, en 2011, pour une scoliose », explique l’athlète.

Champion du premier tournoi de l’année du National Putting Tour à Daytona Beach, en Floride, en janvier 2025, champion du tournoi intérieur du Aloha à Myrtle Beach, en octobre dernier, en plus de détenir le record du terrain, premier mondial après 8 parties de la série 22 du circuit Putt18 World Pro League, Francis Levine Croteau, un Julievillois, a connu une année remplie d’exploits, alors qu’il a découvert cette discipline il n’y a que quatre ans, soit en 2021.

Des quilles au minigolf

Son parcours comme athlète débute toutefois à l’âge de cinq ans, où il est initié aux petites quilles. En 2014, Francis décroche le record du monde de 14 abats en une minute, ici même, à Sainte-Julie.

En 2020, avec la fermeture des salons de quilles, en raison de la pandémie de COVID-19, et l’épuisement physique entraîné par ce sport sur son corps, Francis décide de se lancer au minigolf. « J’ai toujours été passionné par le sport, mais ma scoliose m’empêche d’être bon sur les longues distances. Si je ne peux pas être le premier mondial au golf, pourquoi ne pas devenir le premier mondial au minigolf? », lance-t-il.

Il a débuté la pratique du minigolf en 2021, puis il a participé à son premier tournoi à l’international en Arizona, en 2023. Il fait toutefois ses débuts au Putt18 en 2024. Les joueurs doivent s’adonner à cette discipline sur un tapis où la balle doit arrêter directement sur la cible plutôt que de rentrer dans un trou, comme au minigolf conventionnel. 

Francis a une façon bien à lui de jouer. Son style non conventionnel de la prise du bâton et de la position de ses pieds lui permet d’effectuer certains effets sur la balle, comme une rotation arrière (backspin), un effet de levier (topspin), un crochet et un crochet renversé. Ce n’est pas la seule distinction propre à l’athlète quant à sa renommée. Il est reconnu pour quelques phrases marquantes, qu’il lance à des moments précis lors de ses parties. « It’s Spinner time, c’est un classique. Quand je réussis un bon coup, je lance  » Oh, que oui!  » », explique-t-il avec une gestuelle associée à chacune de ses phrases-clés, qui démarquent le joueur des autres.

Sur les médias sociaux

En juin 2025, Francis Levine Croteau a terminé premier, ex æquo avec un autre candidat, au tournoi diffusé à ESPN News, tourné au American Dream Mall à New York. Cette tribune lui a permis de se faire connaître davantage et de se lancer sur les réseaux sociaux. L’athlète, qui a plus d’une corde à son arc, connaît bien les rouages de la captation vidéo et du monde. Responsable des diffusions des sports électroniques pour le cégep Édouard-Montpetit, commentateur sportif pour les quilles, le minigolf, les sports électroniques et le hockey féminin, animateur à l’émission On mise sur les différences, diffusée à la Télévision Rive-Sud, l’athlète profite de sa tribune sur les réseaux sociaux pour aller à la rencontre des jeunes et des moins jeunes dans les parcs des environs.

« Je divertis les jeunes à Sainte-Julie et aux alentours en mettant le minigolf en lumière », explique-t-il. Pour lui, créer des mises en scène avec les jeunes pour augmenter le degré de difficulté du minigolf pratiqué en milieu urbain permet une foule d’apprentissages. 

Que ce soit en tentant d’imiter « The Spinner » ou en lui lançant un défi, Francis amène les jeunes à développer leur concentration, leur précision et à bien comprendre les rudiments du minigolf. Sous forme ludique et parfois même farfelue, les jeunes doivent créer des situations où les distractions mettront à l’épreuve la concentration de Francis. 

Il utilise tout plein d’endroits publics, dont la piste à rouleaux à Sainte-Julie ou le planchodrome, pour réaliser des coups inusités. Au-delà du caractère ludique de ces rencontres avec les citoyens, Francis souhaite transmettre le goût d’entretenir une passion et d’éduquer les jeunes à se respecter et à respecter les autres. 

« Il faut être capable de s’adapter très vite, connaître la logique des angles, maîtriser sa balle. Bref, il y a plusieurs paramètres à comprendre pour réussir un coup », explique-t-il. Si c’est le cas dans les défis qu’il se lance avec le mobilier urbain, ce sont aussi des paramètres à analyser en compétition. « Les différences de température ou même l’humidité peuvent avoir une influence sur nos coups », explique l’athlète.