Sainte-Julie: le plus jeune Québécois au Bromont Ultra

Timothy Johan, un Julievillois de 18 ans, est devenu le plus jeune Québécois à terminer un ultramarathon de 160 kilomètres lors du Bromont Ultra 2025.

Le 18 octobre dernier, tôt, à 7 h 02, le plus jeune athlète de la course a pris le départ avec 115 autres participants. Le 19 octobre, 34 heures 24 minutes et 22 secondes plus tard, Timothy Johan franchissait la ligne d’arrivée. 

« Il n’y a pas que la distance qui est impressionnante dans ce défi, mais c’est aussi une course avec 6 666 mètres de dénivelé », explique l’athlète.

L’idée de réaliser un tel défi provient d’un concours de circonstances, alors qu’un ami à lui, Danovick Pitre, participait au QMT 135, un ultratrail de 135 kilomètres à Baie-Saint-Paul. Les coureurs pouvaient compter sur la compagnie d’un meneur d’allure (pacer) pour les 30 derniers kilomètres. Par un heureux hasard, c’est Timothy qui l’a appelé pour venir l’aider. « J’ai adoré mon expérience. En revenant, je me suis inscrit au Bromont Ultra », explique-t-il.

Les trois mois précédant l’évènement n’ont pas été sans sacrifices. Timothy Johan a toutefois pu compter sur un entourage qui avait de l’expérience dans cette discipline, dont Jay du Temple, l’humoriste, qui a déjà participé à l’évènement. 

Dans sa préparation physique, Timothy s’est entouré d’un nutritionniste, Benoît Boulanger, d’un massothérapeute et d’un ostéopathe pour s’assurer de maintenir un état de santé optimal dans le but d’éviter les blessures et de maximiser la récupération avec ses semaines d’entraînement chargées.

« Les deux premières personnes que j’ai approchées pour me coacher ont refusé en raison du danger que cette préparation physique et ce défi pouvaient avoir sur moi », explique-t-il, conscient lui-même du risque qu’il courait.

Quelques sacrifices

Il a toutefois fait la rencontre de Cédric Laliberté, un triathlète. Le volume d’entraînement a augmenté graduellement au cours des 90 jours précédant l’évènement, passant de 70 kilomètres par semaine à plus de 130. « À 20 h 30, tous les soirs, je m’assure d’être couché pour avoir neuf heures de sommeil », précise Timothy.

L’étudiant en sciences humaines a aussi choisi de réduire le nombre de cours à sa session d’automne afin de consacrer le temps nécessaire à son entraînement. 

Au-delà du physique, l’épreuve joue, selon lui, beaucoup sur le mental des coureurs. « Il faut savoir se développer un bon mental. J’avais un objectif précis de devenir le plus jeune Québécois à parcourir cette distance », mentionne-t-il.

Il faut dire que Timothy Johan souhaitait d’abord devenir le plus jeune Canadien à parcourir une telle distance, mais, quelques semaines avant le Bromont Ultra, dans une autre compétition, un athlète plus jeune de quelques mois a terminé la course. « Je suis quand même quelqu’un de têtu dans la vie. J’ai partagé mon histoire et mes objectifs sur les réseaux sociaux. C’était donc impossible dans ma tête d’abandonner. »

Cet entêtement lui aura permis de réaliser son objectif malgré les obstacles auxquels il a dû faire face durant la course. Au 50e kilomètre, les chevilles de Timothy avaient « lâché », comme on dit dans le jargon des athlètes. En d’autres termes, il était impossible pour lui de fléchir ses chevilles en raison de la douleur. Il lui restait alors 110 kilomètres. 

C’est aussi avec les hallucinations reliées au manque de sommeil que Timothy a dû continuer la course. Les athlètes ne dorment pas pendant cette épreuve. « Tu arrives vers 21 heures, le samedi soir, en ayant complété la première boucle de 80 kilomètres et tu sais qu’il t’en reste tout autant devant toi, alors que tu ne souhaites qu’aller dormir », raconte l’athlète. C’est à ce moment que plusieurs athlètes abandonnent, selon ses observations.

« Il y a un mur mental à briser. La nuit qui suit est longue et très solitaire », témoigne-t-il.

Une équipe derrière lui

À la ligne d’arrivée, l’athlète a peu de souvenirs. Il se rappelle toutefois avoir vu sa famille et ses amis qui l’attendaient. Il a pu compter sur ces derniers lors des ravitaillements, soit environ tous les 20 kilomètres. « On est un peu traités comme des rois. Ma mère prenait le temps de refaire mes bandages, mon frère allait me chercher de la nourriture. Je n’avais qu’à m’asseoir et à récupérer », explique Timothy. Il faut toutefois ne pas trop tarder, puisque le temps est calculé. Il faut courir un kilomètre toutes les 13 minutes. La vitesse moyenne de Timothy aura été de 12 minutes 47 secondes du kilomètre. En plus des ravitaillements, les athlètes doivent aussi marcher une partie de leur parcours en raison de dénivelé à 30 % d’inclinaison. 

Même si les souvenirs sont flous à la ligne d’arrivée, Timothy a eu la chance d’être suivi par un vidéaste qui a réalisé un documentaire sur sa performance, qui sortira à la mi-décembre. La bande-annonce sera diffusée prochainement. C’est Mathis Lemieux qui signe ce récit.

Un nouvel objectif

En revenant à Sainte-Julie, le 19 octobre, c’est la mère de Timothy et son frère qui l’ont transporté jusqu’à son lit. « Je ne pouvais plus bouger. Ça m’a pris une longue semaine à m’en remettre. J’avais des béquilles pour aider mes chevilles », explique-t-il à propos des répercussions de cette course sur son corps.

Graduellement, l’athlète recommence les entraînements à la course, même s’il concentre beaucoup de son temps au vélo et à la natation. Si le défi de terminer le Bromont Ultra est derrière lui, il souhaite maintenant s’entraîner en vue de se qualifier, l’été prochain, au Championnat du monde d’Ironman dans sa catégorie d’âge.