Sainte-Julie : le plus jeune Québécois à atteindre le mont Everest
Le 21 mai dernier, Xavier Ladouceur est devenu le plus jeune Québécois à atteindre le sommet de l’Everest. Derrière cet exploit se trouve sa copine Morgane, qui a vécu l’ascension avec lui à distance.
Le jeune homme de 23 ans est rentré au bercail le 27 mai dernier après près de deux mois passés au Népal. « Depuis ce temps, je suis presque 24 heures sur 24 avec ma copine! J’ai aussi retrouvé mes amis et mes proches. Je suis vraiment heureux d’être de retour. »
Le couple est officiel depuis environ six mois, mais les tourtereaux se sont rencontrés lors d’une ascension du Kilimandjaro, en Tanzanie, en août 2025. Lorsque Morgane fait la connaissance du jeune aventurier, elle sait déjà qu’il veut gravir l’Everest. « C’était son rêve depuis plusieurs années. J’ai l’ai appuyé dans ce projet et soutenu tout au long de l’expédition. Je savais qu’il allait réussir à atteindre le sommet. Il a un mental extrêmement fort », affirme la femme de 25 ans.
Unis malgré la distance
Pendant les sept semaines qu’a duré l’expédition, Morgane a dû apprendre à vivre avec l’absence de celui qu’elle décrit comme son meilleur ami. « Honnêtement, cela a quand même été difficile. J’étais un peu en mode survie. J’essayais de ne pas trop penser au nombre de jours qu’il restait avant son retour. Sept semaines à distance, c’est énorme. »
Malgré les milliers de kilomètres qui les séparaient et le décalage horaire, le couple est parvenu à maintenir un contact quotidien grâce aux communications satellites accessibles sur la montagne. « Nous sommes très fusionnels dans la vie. On se parlait tous les jours, pas seulement par textos, mais aussi en visioconférence. Si l’un de nous allait moins bien, on s’encourageait et on se répétait que l’on allait passer à travers ensemble », raconte-t-elle.
Un rêve devenu réalité
Le projet de gravir l’Everest a pris forme pour Xavier à 19 ans lorsqu’il s’est découvert une passion pour les sommets. « J’aimais faire la fête. Puis, j’ai eu un déclic. J’ai commencé à gravir des montagnes presque chaque semaine et je n’ai jamais arrêté depuis », confie l’alpiniste. Au fil des années, il multiplie les ascensions et se lance constamment de nouveaux défis.
L’idée d’escalader la plus haute montagne du monde finit par s’imposer. « C’est un projet que j’ai bâti de A à Z. J’y ai mis quatre ans de préparation », explique-t-il. Monter l’Everest, selon moi, nécessite beaucoup plus une préparation mentale que physique. Tu dois accepter qu’il puisse arriver des situations hors de ton contrôle et tu te dois de rester concentré sur ce que tu as à faire. »
Dans la « zone de la mort »
L’ascension finale vers le sommet de l’Everest représente le point culminant de plusieurs semaines d’acclimatation et d’efforts. Au-delà de 8 000 mètres d’altitude, dans ce que les alpinistes appellent la « zone de la mort », il n’y a plus assez d’oxygène, ce qui est une véritable épreuve physique, et les risques de mourir augmentent considérablement.
Durant son expédition, Xavier a été témoin du décès de deux grimpeurs. « Quoique vraiment malheureuses, ce ne sont pas des situations qui m’ont trop déstabilisé, car j’étais préparé mentalement.
Il fallait que je reste concentré sur ce que je devais faire. Si tu essaies de tout contrôler autour de toi, tu n’y arriveras jamais. »
Il atteint finalement le sommet le 21 mai 2026, après une semaine d’expédition. « Honnêtement, j’étais fier, mais je pensais seulement à redescendre. J’étais complètement exténué. Cela faisait seize heures que nous étions partis. Je savais que la descente serait encore plus dangereuse et qu’il ne fallait pas perdre de temps. » Lors de sa descente, le moment le plus critique survient au camp 4, situé à environ 8 000 mètres d’altitude, alors que Xavier est victime d’hypothermie. Lui et son sherpa, Purna Lopchan, passent alors plus de 48 heures pratiquement sans dormir ni manger. Il raconte que son compagnon lui a sauvé la vie en lui prodiguant des soins pour le réchauffer et en le gardant conscient.
Des textos précieux
Pendant que Xavier affrontait les dangers de l’Himalaya, sa copine Morgane suivait son parcours à partir du Québec. La nuit du 21 mai demeure gravée dans sa mémoire. Le dernier message qu’elle reçoit sur son téléphone satellite ne contient qu’un seul mot, « Summit », accompagné d’un cœur.
Il est alors deux heures du matin au Québec. « Quand j’ai reçu le message de Xavier, je me suis mise à pleurer pendant une heure. Je regardais des vidéos d’un documentaire sur l’Everest montrant des scènes au sommet et j’essayais de me mettre à sa place. »
Puis, les nouvelles cessent. Habituée à recevoir des mises à jour régulières, la jeune femme s’inquiète. « D’habitude, il m’envoyait son altitude, par texto, presque heure par heure. Cette journée-là, je regardais mon téléphone sans arrêt en attendant d’avoir des nouvelles. »
Ce n’est que plus tard qu’elle apprendra que Xavier luttait alors contre l’hypothermie. Après avoir repris des forces, il la contacte finalement par vidéoconférence à partir du camp 3. « J’ai été la première personne qu’il a appelée après cet épisode éprouvant, même s’il était complètement exténué. Il m’a raconté en détail son ascension pendant près de deux heures, mais cela a semblé duré cinq minutes! »
Changé à jamais
Cette expédition a laissé des traces chez le jeune homme. « J’ai l’impression d’avoir vieilli de dix ans en trois jours », résume Xavier. Selon sa copine, les épreuves traversées sur la montagne ont changé son amoureux pour le mieux. « Il a frôlé la mort. Je pense qu’il tient encore moins les choses pour acquises même si ce n’était déjà pas le cas avant son aventure. Il a encore plus de gratitude envers tout. »
Les derniers jours ont surtout été consacrés à reprendre leur souffle après cette aventure hors du commun. « On ne savait pas comment ça allait se passer après sept semaines de séparation, mais depuis son retour, on ne se lâche plus. Notre amour est encore plus fort qu’avant », confie Morgane.
Elle ajoute en riant : « Les cinq jours qui ont suivi son retour, on les a pris pour reprendre nos esprits et calmer mon rythme cardiaque. Disons que je n’avais pas besoin de caféine! » « D’être le plus jeune Québécois à avoir réussi cet exploit, c’est juste la cerise sur le sundae. Je suis simplement content d’être de retour en vie et d’avoir retrouvé les personnes que j’aime. C’est tout ce qui compte en ce moment pour moi », conclut Xavier.



