Sainte-Julie: Audrick Dufort aux essais des Championnats du monde
Le journal a questionné Audrick Dufort, un athlète julievillois qui se démarque en natation, notamment au 200 mètres brasse, son épreuve de prédilection. Le jeune homme de 21 ans a été finaliste aux essais des Championnats du monde, qui ont eu lieu à Victoria du 7 au 12 juin.
Tout d’abord, pourquoi la natation?
Je viens d’une famille de sportifs. Mon père a été coureur pendant plus de trente ans et ma sœur a également fait de la natation. Jeune, j’ai essayé plusieurs sports avant de trouver ma discipline : le football, le baseball, le hockey… Mais j’avais une peur de l’eau. Ma sœur, tannée de me voir toujours à l’extérieur de la piscine, m’a finalement forcé à apprendre à nager. J’ai suivi des cours et, depuis, je ne suis plus jamais ressorti de l’eau.
Quand avez-vous su que vous vouliez faire de la compétition?
J’ai commencé à nager vers l’âge de sept ans et demi. J’ai simplement continué à progresser et, graduellement, les compétitions un peu plus sérieuses sont arrivées au secondaire. Ce n’était pas un choix réfléchi à la base. C’est plutôt la suite logique de mes entraînements qui m’a mené vers le volet compétitif. Je savais seulement que je ne voulais pas arrêter de nager.
Qu’est-ce que ce sport vous apporte?
Depuis mes débuts, faire du sport était pour moi une façon de ressembler à mon père et à ma sœur, qui étaient très actifs. J’ai toujours eu beaucoup d’énergie, et j’ai une facilité à bouger et à apprendre de nouveaux sports. Après 14 ans d’entraînement en natation et 17 ans dans le milieu sportif, s’entraîner est devenu une habitude, presque une addiction. La natation me procure énormément de bonheur. Je me considère chanceux de pouvoir faire autant de compétitions. J’ai vu plusieurs athlètes devoir arrêter à cause de blessures. Ce n’est pas mon cas. En natation, c’est plus rare que les blessures mettent fin à une carrière, même si ce n’est pas impossible. Maintenant que je suis l’un des plus vieux sur le circuit provincial, je profite de chaque moment.
À quoi ressemble votre routine d’entraînement?
Durant l’été, c’est un peu différent : on nage moins pour profiter des vacances, mais il faut quand même maintenir un bon niveau d’entraînement. En saison régulière, qui s’étend de septembre à août, je participe à environ quinze compétitions. Mon horaire type, c’est de la natation les lundi, mardi, mercredi, vendredi et samedi matin, de 6 h à 8 h. Les lundi, mardi, jeudi et vendredi en fin de journée, de 16 h 30 à 18 h 30 environ, on ajoute des séances de mobilité et de renforcement musculaire. En tout, ça représente entre 20 et 21 heures d’entraînement par semaine, parfois jusqu’à 24 si je fais des séances personnelles en plus.
Quels sont vos prochains objectifs?
En ce moment, je fonctionne année par année. En novembre dernier, je n’étais même pas certain de terminer la saison ou de revenir après les Fêtes. Puis, en décembre, une compétition m’a permis de me recentrer. J’ai battu un record de club au 200 mètres brasse, en vigueur depuis 2009. C’était mon objectif de l’année. Donc, le réaliser aussi tôt m’a redonné le goût de m’investir. J’ai encore envie de me dépasser et de performer. L’année prochaine, j’aimerais aller chercher les autres records de club à la brasse sur les deux autres distances. Je ne suis pas du genre à me fixer des objectifs très précis, mais si l’occasion se présente, mon rêve à long terme serait de participer aux Jeux olympiques de 2028 à Los Angeles.
Comment arrivez-vous à concilier vie sportive et travail?
Je travaille dans une boutique de vélo. Mon gérant est très compréhensif vis-à-vis mon horaire. Il comprend mes objectifs personnels dans l’eau, ayant lui-même été cycliste pendant de nombreuses années. Il ne me met pas de pression pour manquer des entraînements ou des compétitions à cause du travail. C’est vraiment un privilège de pouvoir compter sur ce soutien.
Comment se sont déroulés les essais pour les Championnats du monde?
Ça s’est bien passé! Nous étions une douzaine d’athlètes, et la compétition se déroulait sur une semaine et demie à Victoria. J’avais quatre épreuves au total. Ma meilleure épreuve, le 200 mètres brasse, était prévue dès la première journée. Comme je n’avais rien d’autre ce jour-là, j’ai pu tout donner sans fatigue accumulée. J’ai réussi à abaisser mon temps et à me qualifier pour les finales. J’étais classé deuxième pour la finale B, donc dixième au total en préliminaires, et j’ai terminé douzième. Ces temps-ci, j’essaie différentes approches en compétition pour voir ce qui me convient le mieux sur cette distance.
