Saint-Bruno : Krystel Orhue au sommet des Championnats du monde de cheerleading 

Les Flyers All Starz Karma, représentant le Canada, ont remporté les Championnats du monde de cheerleading, disputés à Orlando du 24 au 27 avril. Au sein du groupe, la Montarvilloise Krystel Orhue en était à ses derniers championnats mondiaux.

« C’est l’accomplissement d’une vie! répond Krystel Orhue. Mais aussi la fin d’un chapitre. » 

Des championnes du monde

Il faut savoir que l’équipe Flyers All Starz Karma a été sacrée championne du monde de sa catégorie à neuf reprises, dont sept années consécutives avant le rendez-vous international de 2026. Le groupe performe dans la catégorie International Ouvert niveau 7 sans thumbling. Avec la formation, Krystel Orhue est championne du monde à cinq occasions. « Karma est encore une fois championne du monde, pour une 10e fois et 8 années de suite! Pour ma part, c’est un 6e podium! » indique l’athlète internationale de cheerleading. En finale, elles ont offert une performance sans erreur (hit zero), décrochant le 1er rang au monde avec huit points d’avance. 

Toutefois, cette édition des Championnats du monde de cheerleading avaient pour Krystel Orhue une signification bien particulière. En effet, il s’agissait pour elle d’une dernière participation à cet événement d’envergure.

« Oui, j’accroche mes chaussures et mes uniformes. Je me retire après 25 ans de carrière. Un pan de ma vie que je laisse derrière moi, mais avec des souvenirs et des victoires incalculables, accompagnés d’une immense fierté », confie-t-elle.  

Quand on lui demande pourquoi elle décide maintenant de se retirer de son sport, la cheerleader répond qu’à 31 ans, les priorités et le mode de vie changent et que c’est de plus en plus ardu d’intégrer ce volet dans sa vie et son horaire. « C’est beaucoup de temps, de sacrifices et d’argent.

C’est des réunions de famille manquées, des anniversaires entre amis où l’on doit s’absenter, des événements reportés. Des risques de blessures également. C’est très difficile sur le corps », précise celle qui demeure à Saint-Bruno-de-Montarville depuis 2012. Elle avait alors 14 ans.

Parcours

De 9 à 17 ans, Krystel Orhue s’est adonnée au cheerleading en activité parascolaire. C’est par la suite qu’elle a rejoint le cheerleading au niveau civil. Elle a intégré le volet international à 19 ans et tenté de se qualifier pour les Championnats du monde. « Cela n’a jamais été facile », admet-elle.

Elle raconte qu’avec ses employeurs, elle s’est toujours fait un devoir de les avertir avant d’amorcer un nouveau travail. Pour que ses horaires concordent avec ses entraînements. « De là à avoir plusieurs emplois afin de m’assurer que j’avais assez d’heures malgré mes plages horaires restreintes en raison du cheerleading », illustre celle qui a déjà participé, de 2017 à 2019, aux Championnats du monde avec Flames All Stars, une équipe de Saint-Bruno. 

Toujours dans l’esprit de s’adapter à la portion de sa vie de cheerleader et d’avoir plus de temps à son sport, Krystel Orhue a choisi de faire un DEP. Elle voulait s’assurer d’être sur le marché du travail dès que possible afin de financer ses saisons à l’international.

Un sport dispendieux

Car le cheerleading, du mois à ce niveau, est une discipline dispendieuse, selon la principale intéressée. « Tout dépend du niveau auquel on performe. Oui, dans mon cas, on parle d’entre 6000 $ à 8000 $ par année, les Championnats du monde inclus. Sans compter l’essence pour les déplacements, les salaires en moins lorsqu’on prend congé pour les compétitions, les uniformes loués, certains achetés, les souliers toutes les deux à quatre saisons, le maquillage… »

À la suite d’une carrière décorée à maintes reprises et bien remplie, le plus grand honneur de Krystel Orhue est bien simple. C’est celui de faire partie de cette équipe dont une dizaine de filles sont de la Rive-Sud (Montréal), notamment Boucherville et Longueuil. « Karma est indéfendu depuis 2018! Et l’unique championne dans la catégorie International Ouvert niveau 7 sans thumbling. Cette catégorie existe depuis 2020. Jusqu’à présent, personne d’autre n’a remporté cette catégorie. Karma est l’unique championne de cette catégorie encore à ce jour. »

Ses débuts 

« J’ai toujours aimé les sports de spectacle, tout ce qui était impressionnant! » poursuit-elle.

Toute petite, Krystel aimait beaucoup la gymnastique. Cependant, les occasions ne se sont jamais présentées à elle. Puis elle est tombée en amour avec le film Le tout pour le tout (série de films Bring It On sur le cheerleading). Il s’y donnait des cours dans un centre communautaire près de chez elle, à Longueuil. Elle s’est inscrite, et c’est ainsi qu’elle a développé la piqûre. Selon elle, le cheerleading est un sport d’équipe qui s’adresse à tout le monde, peu importe l’âge et la physionomie. Homme ou femme, enfant, adolescent ou adulte.   

Le cheer comme mode de vie

Tout au long de sa croissance, il y a toujours eu une place pour Krystel Orhue parmi ses équipes. « C’est un sport où tu grandis et évolues en tant qu’individu. Tu apprends à te surpasser, à te faire confiance et à faire confiance aux autres. On repousse nos limites physiques et mentales. C’est de la discipline, de la rigueur, de la persévérance, de l’assiduité, du dévouement », commente-t-elle. 

D’après ses dires, le cheerleading n’est pas un sport qui se fait à moitié. Elle précise. « On lance des gens dans les airs au-dessus de notre tête. Il faut être là les unes pour les autres. Le cheerleading, c’est un mode de vie, à l’extérieur et dans toutes tes décisions. Tes actes ont une répercussion sur ta saison. Tu dois être cheersmart sur le mat et dans ta vie. Tu ne peux pas être sur un lendemain de veille ni être en retard à un entraînement. Lorsqu’il nous manque une personne, que ce soit mentalement ou physiquement, ça affecte l’entièreté de la routine.

Il faut être fort mentalement et physiquement. C’est une énorme discipline qui demande beaucoup de rigueur », insiste Krystel Orhue. 

Avec son témoignage, elle souhaite inspirer d’autres jeunes et encourager ceux et celles qui font du sport de haut niveau dans l’ombre et sans financement. Ce qui a été son cas.