Saint-Bruno : Alice Philbert aux Jeux olympiques avec la France

La gardienne de but Alice Philbert, de Saint-Bruno-de-Montarville, endosse l’uniforme de la France aux Jeux olympiques d’hiver de Milano-Cortina 2026. 

« Les Jeux olympiques, c’est le plus grand tournoi au monde, la plus grande scène possible. Pourtant, il n’y a pas si longtemps, je pensais que ce rêve ne se réaliserait jamais », confie Alice Philbert au journal.

Son objectif aux Jeux olympiques est clair : donner le meilleur d’elle-même, être prête et solide dans la cage, et offrir à son équipe toutes les chances de remporter chaque match.

Un rêve devenu réalité

Originaire de Saint-Bruno, Alice partage le filet de l’équipe de France avec les gardiennes Margaux Mameri et Violette Pianel-Couriaut. « J’en avais même fait le deuil. Mais me voilà aujourd’hui, à m’apprêter à vivre ce que je croyais impossible. Participer aux Jeux, c’est la concrétisation d’un rêve d’enfant, mais aussi l’aboutissement de nombreuses années de travail, de sacrifices, de remises en question et de persévérance », raconte Alice, visiblement fière de porter le chandail tricolore. « C’est un honneur, mais aussi une grande responsabilité. Représenter la France, ses valeurs, son histoire, et nos racines, c’est quelque chose de très fort », poursuit-elle.

L’équipe féminine de hockey sur glace de la France affronte l’Italie le jeudi 5 février, le Japon le vendredi 6 février, la Suède le dimanche 8 février et l’Allemagne le lundi 9 février.

En Italie, Alice est accompagnée de ses parents, de ses deux sœurs et de son copain. « Pour moi, ce n’est pas tant sa participation aux Jeux olympiques qui me rend fière d’Alice, mais ce sont tous les défis qu’elle a relevés depuis plus de deux ans. C’est un accomplissement incroyable. Peu importe la suite, Alice en sort déjà gagnante. Elle représente, comme beaucoup d’autres femmes face à de gros défis, l’importance de croire en ses convictions », confie la maman d’Alice, Véronique Graton.

Sélection française

Sur le site Internet de Hockey France, Alice est présentée ainsi : Franco-canadienne, elle a gardé les cages de l’équipe de France pour la première fois en compétition officielle lors du dernier Championnat mondial à Shenzhen (CHN). Après deux ans passés à Wasquehal, elle a rejoint l’Italie cette saison pour jouer sous les couleurs des EV Bozen Eagles.

Quant à sa sélection en équipe de France, Alice explique que cela est dû à son travail acharné, sa persévérance, sa volonté de repousser ses limites et de croire en elle. « En avril 2025, j’ai eu la chance de représenter la France au Championnat du monde, en Chine. Après l’annonce de la qualification de la France pour les Jeux olympiques, j’ai choisi de revenir jouer dans le hockey féminin pour me préparer au mieux pour cette échéance. Cette saison, je joue donc en Italie pour les Bolzano Eagles, dans la ligue européenne de hockey féminin. Je suis reconnaissante de la confiance qu’on m’a accordée », explique-t-elle.

Véronique Graton précise que, en jouant en France et après deux ans de résidence, Alice a obtenu la naturalisation française, ce qui lui a permis de représenter le pays. « Elle a aussi travaillé dans une école primaire en France comme éducatrice spécialisée. Elle a fait ses débuts internationaux au Mondial avec les Bleues avant la campagne olympique », indique Mme Graton.

Préparation pour les Jeux de 2026

Alice a signé avec les EV Bozen Eagles en Italie pour se préparer aux Jeux de 2026. Elle évolue aux côtés de sa sœur Léonie Philbert, défenseure dans le même club.

Son parcours hockey

Alice Philbert, qui aura 30 ans plus tard cette année, a grandi à Saint-Bruno. Elle a appris à patiner sur la patinoire de l’aréna Michaël-Bilodeau avant d’enfiler l’uniforme de l’Association du hockey mineur de Saint-Bruno. Elle a notamment joué une saison en peewee BB avec le Phénix du Richelieu. « Cette année-là a été incroyable ! J’ai adoré ma saison ! Les gars m’acceptaient pleinement dans l’équipe et je faisais réellement partie de la gang. Ce sentiment d’appartenance m’a beaucoup marquée et m’a permis de m’épanouir pleinement dans ce milieu », raconte-t-elle.

Avant d’atteindre ce niveau, Alice a fait la transition de l’attaque à la défense. Ce n’est que plus tard, dans la catégorie bantam, qu’elle a joué ses deux premières saisons comme gardienne de but dans le hockey masculin. Deux années qui ont transformé son rêve d’enfant en réalité. « Je serai toujours reconnaissante envers tous les joueurs et entraîneurs qui m’ont soutenue, encouragée et acceptée en tant que fille dans le monde du hockey masculin.

Je ne me suis jamais sentie exclue, bien au contraire. Je garde donc un souvenir exceptionnel du hockey mineur de Saint-Bruno, car c’est là que ma carrière de gardienne a véritablement commencé », se souvient Alice.

Le championnat des Stingers

À l’Université Concordia, elle a joué pour les Stingers de 2017 à 2023. Elle a d’ailleurs remporté le championnat national canadien U Sports en 2022 avec les Stingers, réalisant l’exploit de ne concéder aucun but lors de la compétition. « Ces années ont été déterminantes pour moi. C’est là que j’ai trouvé mon identité en tant que gardienne, mon style, mon système de jeu, et ma façon d’aborder les matchs. J’y ai appris des principes essentiels, comme croire que chaque effort finit par être récompensé, faire confiance au processus, contrôler ce qu’on peut contrôler et toujours mettre l’équipe avant soi. On nous a aussi encouragées à prendre la parole, à avoir une voix et à nous exprimer. Autant sportivement qu’humainement, ces six années ont été fondatrices et ont contribué à la personne que je suis aujourd’hui », commente Alice.

Une expérience en Europe

Après son passage à l’Université Concordia, Alice a vécu ses premières expériences en Europe, d’abord du côté masculin U20 avec l’Entente Flandres 59, puis avec les Lions de Wasquehal Lille Métropole en France, où elle a joué pendant deux saisons dans des ligues masculines.

« Quand Alice nous a parlé de ce projet il y a presque trois ans, je dois admettre que je n’ai pas été exemplaire comme mère. J’étais très sceptique, pensant que c’était difficile de changer les mentalités concernant le sport féminin. L’idée de tenter de se tailler une place dans le hockey masculin en France me semblait utopique. Mais disons que j’ai appris une belle leçon de vie », reconnaît Véronique Graton.

Saint-Bruno lui manque

Bien qu’elle retourne à Saint-Bruno entre les saisons de hockey pour retrouver la maison familiale, Alice admet que son patelin lui manque. « C’est là d’où je viens, là où j’ai grandi. C’est toujours spécial d’y revenir. J’essaie de m’y rendre dès que je peux, surtout pendant les Fêtes et l’été, pour environ deux mois. Ça me permet de retrouver mes proches avant de repartir vers l’Europe. »