LNH : une violence qui ne passe pas

Les présidents des associations du hockey mineur de Saint-Bruno et de Saint-Basile déplorent les gestes survenus il y a deux semaines dans la Ligue nationale de hockey entre les Rangers de New York et les Capitals de Washington.

« Je trouve ça désolant. Mon père [Serge Savard], moi, la famille Savard, on a toujours été contre ça, les batailles au hockey. Les bagarres n’ont pas leur place au hockey. Pourtant, c’est encore le seul sport d’équipe qui le permet », exprime le président de l’Association du hockey mineur de Saint-Bruno, Marc Savard.

Le président de l’Association du hockey mineur de Saint-Basile, Laurent Lemieux, évoque un geste inapproprié de la part de Tom Wilson, mais selon lui, il y en a déjà eu des pires dans le passé. « C’est un geste parmi tant d’autres qui sont demeurés impunis par la LNH », estime Laurent Lemieux.
Les images ont fait le tour de la planète hockey. Peut-être ont-elles fait aussi le tour du globe.

« C’est un geste parmi tant d’autres qui sont demeurés impunis par la LNH » – Laurent Lemieux

Pour les rares qui n’auraient pas vu les reprises dans les bulletins sportifs, les événements sont survenus entre les Capitals de Washington et les Rangers de New York.

Pendant qu’il est étendu, visage contre la glace, le joueur des Rangers Pavel Buchnevich se fait frapper derrière la tête par le dur à cuire de l’autre club, Tom Wilson. S’ensuit un début d’escarmouche. Dans la mêlée, Wilson agrippe par derrière et par les cheveux le joueur vedette des Rangers, Artemi Panarin, et le projette au sol. Panarin n’a plus de casque et sa tête frôle la surface glacée. Le matamore de Washington n’y va pas de main morte et inflige une blessure assez sérieuse à Panarin pour que ce dernier rate le reste de la saison. Il n’est pas revenu pas au jeu.

On aurait pu penser que les gestes posés par Tom Wilson entraîneraient des sanctions sévères de la LNH et de son comité de discipline. L’attaquant des Capitals est un récidiviste. Mais le directeur du secteur de la sécurité des joueurs, Georges Parros, un ancien joueur et dur à cuire lui-même, a décidé d’imposer une amende de 5000 $ au belligérant. Une décision qui a choqué l’organisation des Rangers de New York, qui a demandé la démission de Parros.

Deux jours plus tard, les deux formations s’affrontaient de nouveau. En désaccord avec la Ligue, les joueurs des Rangers ont décidé de se faire justice eux-mêmes. Trois combats ont éclaté lors de la mise au jeu initiale. Puis d’autres tout au long de la rencontre. Des coups dangereux ont été portés, dont un double-échec de Pavel Buchnevich, la première victime de Wilson, sur Anthony Mantha.

Laurent Lemieux appelle à un changement de mentalité. D’après ses dires, c’est avec des joueurs comme Tom Wilson, « irréfléchi et violent », que le hockey ira dans la bonne direction. Il précise : « [À la suite des gestes posés par Wilson], on a vu des gens réagir. La réaction des joueurs à l’encontre de la Ligue aussi… La LNH n’aura pas le choix de changer. Tranquillement, à moyen terme. »

Au bout du compte, les Rangers auront été plus punis que les Capitals dans cette histoire. Pavel Buchnevich est suspendu pour un match pour son coup porté sur Mantha. Puis une amende de 250 000 $ a été imposée à la concession des Rangers pour avoir critiqué la LNH.

Le président du hockey mineur de Saint-Bruno souligne que c’est gênant de voir de tels gestes dans un sport qu’il adore. « Le problème, c’est que la Ligue nationale de hockey ne met pas ses culottes, affirme Marc Savard. Tom Wilson a reçu une amende de 5000 $ pour avoir brassé comme un pied de céleri un autre joueur. Il y avait risque de blessure sérieuse! C’était un geste odieux! En retour, les Rangers écopent d’une amende de 250 000 $ pour des paroles. Pour des paroles! C’est complètement ridicule! »

Marc Savard rappelle qu’en raison de la pandémie, la façon dont les divisions ont été conçues cette année dans la LNH fait que les équipes se rencontrent à plusieurs reprises au cours de la campagne, parfois deux ou trois fois dans la même semaine. Par exemple, le duel entre le Canadien de Montréal et les Maple Leafs de Toronto, samedi dernier, était le 10e entre les deux organisations cette saison. Ç’a été le cas entre les Rangers et les Capitals, qui se sont revus moins de 48 heures après les premiers événements. « C’était écrit dans le ciel qu’il y aurait une suite lors du deuxième match. Tout le monde savait. Mais la Ligue a laissé faire ça… »

Marc Savard est d’avis que s’il avait posé les gestes de Tom Wilson dans la rue sur un homme sans défense, la peine aurait été plus sévère. « On m’aurait mis les menottes et jeté en prison. C’est criminel », illustre-t-il.

Au hockey mineur, la violence n’est pas tolérée, rappelle Laurent Lemieux. « La violence, les coups bas et les coups salauds sont en forte diminution. Quand il y en a, la réaction est automatique. C’est le rôle des entraîneurs et des arbitres d’assurer la sécurité de nos jeunes pendant le jeu », insiste-t-il.

De son côté, Marc Savard évoque les séries éliminatoires, qui s’amorceront bientôt dans la LNH, puis les compétitions de hockey tenues lors des Jeux olympiques et des Championnats du monde; des événements suivis par un grand nombre de téléspectateurs. « Ce sont les événements les plus regardés quand on parle de hockey. Les rendez-vous pour voir le plus beau hockey qui soit. Pourtant, il n’y a pas de batailles dans ces moments. C’est encore possible d’avoir du beau hockey. »