Faire de l’escalade de blocs à Sainte-Julie
Sainte-Julie a un centre d’escalade sur son territoire et plusieurs amateurs qui le fréquentent sont en provenance de nos villes: incursion dans ce monde méconnu et en développement.
Il est 19h00, un jeudi soir, dans le quartier industriel julievillois. Plusieurs usines ont fermé leurs portes depuis un certain temps, mais en bordure de l’autoroute 20, ils sont de plus en plus nombreux à se déplacer pour grimper sur les murs. Et pas n’importe lesquels:ceux du centre d’escalade Hook.
Parmi les particularités de l’espace, on note d’abord en entrant le fait qu’une arcade de Mortal Kombat et une console de jeu sont installées à proximité l’une de l’autre dans un coin ressemblant à un salon. L’établissement a aussi un espace café-bar où il est possible de prendre une pause après avoir grimpé.
Ouvert le 8 mars 2020, l’établissement est le premier dédié à l’escalade au bloc à s’installer sur la Rive-Sud de Montréal. D’ailleurs, certains sportifs viennent de Montréal pour pratiquer leur discipline ici. Dans la région, il y a un autre centre à La Prairie, mais ce n’est pas pour la même discipline que ces deux espaces sont aménagés.
Grimpeur
Jérémie Régnier est de ceux qui viennent ici assez souvent durant la semaine. À 14 ans, il fait partie des meilleurs athlètes de sa catégorie d’âge dans la province et son club s’entraîne au centre julievillois. « Les autres centres sont intéressants, mais ce n’est pas la même ambiance qu’ici », indique le jeune grimpeur, qui pratique la discipline depuis maintenant 5 ans.
Pour l’accompagner et l’amener au centre et dans les compétitions, son père, Éric. « Quand j’étais au secondaire et au cégep, on allait jouer au badminton après l’école. Maintenant, de plus en plus de jeunes se retrouvent ici après les cours pour grimper ensemble. J’aurais aimé avoir un espace comme ici pour pouvoir en profiter avec mes amis », dit M. Régnier. Dans tout le centre, il y a justement plusieurs petits groupes d’adolescents et de jeunes adultes qui vont et partent, en prenant le temps de se frotter aux différents parcours de blocs colorés sur les murs.
« Ce qui est bien ici, c’est que tout le monde s’aide et qu’il n’y a pas de pression, peu importe notre niveau d’expérience », mentionne Éric Régnier.
Jérémie a d’ailleurs aidé d’autres sportifs dans leurs défis à plusieurs reprises au courant de la soirée. Car comme le mentionne son père, l’escalade est comme un jeu d’échecs, où il faut prévoir chaque coup avec précision et en avance pour être en mesure de réussir à atteindre le sommet de la paroi. « Parfois, ça aide d’avoir d’autres personnes avec soi pour réfléchir à plusieurs sur le même problème, un peu comme en mathématiques. »
« Ce qui est bien ici, c’est que tout le monde s’aide et qu’il n’y a pas de pression, peu importe notre niveau d’expérience »
-Éric Régnier
Le bloc
Dans un centre de bloc, l’objectif n’est pas d’atteindre le sommet d’un mur de 15 mètres. Il faut plutôt réfléchir à la manière dont il est possible de grimper en utilisant les blocs définis comme une « voie » et atteindre le bloc identifié comme le « sommet » en y posant les deux mains. Le mur est d’une hauteur d’environ 5 mètres (15 pieds) et il n’y a pas de cordes pour être retenu, ce qui fait que les chutes doivent être contrôlées pour atterrir correctement sur le matelas qui se trouve en bas.
Les « cotes » sont un autre aspect qu’il est possible de découvrir en entrant dans un centre d’escalade comme celui de Sainte-Julie. Chaque série de blocs qui se trouve ici a une couleur – qui importe peu – et une cote, qui commence à V0 et peut se rendre dans certains cas jusqu’à V15. Au moment où le journal est passé au centre julievillois, la paroi la plus difficile à franchir était une V11.
Jérémie Régnier, qui fait de la compétition, est pour sa part en mesure de faire la majorité des parcours qui se trouvent entre V0 et V6. Notre journaliste, qui n’avait jamais grimpé, a réussi à accomplir, non sans un certain niveau de difficulté, une voie de niveau V3.
Alors que l’escalade pourrait être perçue comme un sport qui nécessite d’avoir une grande force physique, Jérémie raconte que cet atout n’y est pas pour tout dans le bloc. « Un champion de bras de fer, qui était très musclé, était venu faire du bloc et il n’a jamais été capable de faire plus que du V3. »
Seriez-vous prêts à essayer l‘escalade de blocs?


