Éric Tremblay et ses Cicatrices

Ligue de ballon-chasseur du Québec

Malgré des débuts plutôt modestes en 2004, la Ligue de ballon-chasseur du Québec (LBCQ) amorçait sa 10e saison le 18 mai dernier. Depuis, l’organisme a su rassembler plus d’une centaine de formations différentes et présenter au-delà de 4 500 matchs de ballon-chasseur, ce jeu d’enfants que tous les jeunes écoliers québécois ont connu durant les récréations. Originaire de Saint-Bruno-de-Montarville, Éric Tremblay porte les couleurs des Cicatrices, une équipe qui a vu le jour dès la fondation de la LBCQ.

« Je n’aurais jamais pensé un jour rejouer au ballon-chasseur. Jamais de la vie! C’était loin dans ma liste de sports préférés. Mais aujourd’hui, je ne serais pas capable de m’en passer », lance Éric Tremblay, le petit nouveau des Cicatrices, dont il fait partie depuis trois ans seulement. Il est donc le dernier de l’équipe à avoir été « marqué », à avoir reçu la piqûre pour poursuivre l’aventure. Les autres membres de l’équipe sont des amis d’enfance et des métalleux (des musiciens de heavy métal).

« Au départ, c’est un collègue de travail qui m’a demandé si je voulais remplacer un autre joueur. Nous avons joué quelques matchs au cours de la journée; ce qui m’a permis de voir ce que c’était. Contrairement à ce que j’avais comme souvenirs d’enfance, le ballon-chasseur avait atteint un niveau assez compétitif. Ensuite, chaque fois que les Cicatrices avaient besoin d’un remplaçant, je me présentais », de poursuivre le joueur de 26 ans. 

Par niveau « assez compétitif », celui qui a fréquenté la cour de l’École De Montarville pendant son enfance parle en fait d’un jeu stratégique et plus rapide. « Ça demeure quand même un sport dans lequel il y a place aussi au plaisir. Je dirais que la LBCQ nous permet d’allier la compétition et le plaisir », explique l’étudiant en électromécanique de systèmes automatisés au CFP Pierre-Dupuy.

L’an dernier, la formation des Cicatrices, dont la devise est « Faut ça saigne! », a remporté son premier tournoi; elle a également participé à quelques finales importantes depuis son entrée dans la LBCQ. « Nous avons soulevé le trophée l’été dernier. C’est une émotion difficile à décrire… Quand on pense qu’il se joue environ 252 parties en une seule journée de tournoi, c’est beaucoup de ballon-chasseur! Je dirais que c’est un accomplissement, c’est l’extase, et ce, même si c’est juste du ballon-chasseur! »

Outre les Cicatrices, parmi les autres groupes qui participent aux tournois de la LBCQ, notons entre autres les Garnottes, Facteurs, Pierre Lambert, Matataké, Malpropres, Gros Pas Fin, Ballons dans la fourche, Chiens-Vaches, Fous débiles, Karotte Power et FantasmicSix, une dynastie, ou le CH du ballon-chasseur. Bref, l’originalité des noms d’équipe laisse présager que le plaisir prime peut-être la compétition… Selon le tournoi, il peut y avoir entre 20 et 30 formations inscrites à la compétition. Le prochain événement, la 68e Classique de ballon-chasseur, se déroulera le 15 juin, à l’École Saint-François-Solano, à Montréal.

À 5 pi 9 po, Éric Tremblay se décrit comme un chasseur défensif, c’est-à-dire qu’il sait bien se positionner afin de réduire les chances de l’adversaire de l’atteindre. C’est d’ailleurs sa spécialité : il est souvent l’un des derniers sur le terrain pour les Cicatrices. « J’ai un certain talent pour attraper et esquiver le ballon. De l’autre côté, par contre, j’ai une faiblesse au niveau de l’attaque. Je manque de puissance et de précision dans mes lancers », avoue-t-il. 

Selon lui, pour être un excellent joueur de ballon-chasseur, l’idéal, c’est la grandeur, ce qui permet d’intercepter beaucoup de passes. Et aussi le fait de détenir un tir précis et puissant pour viser les épaules et les jambes.

« Le ballon-chasseur me permet non seulement de pratiquer une activité qui demande beaucoup physiquement, mais aussi de relever des défis et de socialiser et rencontrer beaucoup d’autres personnes. Faire partie de la LBCQ, c’est faire partie d’une communauté! »