Soin à domicile : le privé se met de la partie

Par Gabriel Provost
Soin à domicile : le privé se met de la partie
Les soins à domicile sont de plus en plus en demande au Québec. (Photo : courtoisie Amik)

Alors que le gouvernement du Québec peine à embaucher du personnel pour assurer les soins à domicile dans la province, notamment à cause des conditions de travail difficiles, le gouvernement a annoncé à une quarantaine d’infirmières à domicile qu’elles devront rembourser leurs primes d’assiduité offertes pendant sept mois à partir de mai.

Cette situation remet les soins à domicile dans l’actualité, à un moment où de plus en plus d’aînés désirent passer leurs vieux jours à domicile plutôt que d’aller vivre dans un établissement de soins de longue durée. Mais le manque de personnel pour assurer les services et les cibles gouvernementales, qui visent davantage les résidences, font en sorte que peu de citoyens connaissent les services qui leur sont offerts afin que leurs proches soient en mesure de rester chez eux malgré des pertes d’autonomie.

« Le désir des gens, c’est de rester à domicile. Les personnes qui sont en perte d’autonomie perdent encore plus de capacités lorsqu’elles sont désorientées, comme dans le cas d’un déménagement. Les proches aidants ne connaissent pas forcément les options qui s’offrent à eux, autant sur le plan des CLSC que des entreprises privées ou des entreprises d’économie sociale », dit Alexandre Blais.

Parmi cette offre de service, des entreprises privées se sont notamment spécialisées dans les soins à domicile. Alexandre Blais est le directeur général et cofondateur de l’entreprise Amika soins. Il a créé sa compagnie après avoir vécu avec sa grand-mère, qui souffrait de la maladie d’Alzheimer. Les soins à domicile sont pour lui une façon de faire en sorte que les aînés puissent finir leurs jours dans un environnement qu’ils aiment, même s’ils sont en perte d’autonomie. Son entreprise, en affaires depuis trois ans, offre entre autres des services chez des citoyens des villes de Saint-Bruno-de-Montarville, Saint-Basile-le-Grand et Sainte-Julie.

Plus de budget, autant de problèmes
Pour M. Blais, les ratés du système public feront probablement en sorte que les proches y penseront à deux fois avant d’envoyer en résidence des membres de leur famille qui ont des capacités plus limitées. « Les résidences pour aînés sont souvent considérées comme étant plus sécuritaires, mais on a vu avec la COVID que ce n’est pas forcément le cas, que les soins n’y sont pas nécessairement adaptés aux besoins des personnes. » Ainsi, il estime que davantage de personnes voudront avoir accès à des services de soins à domicile dans le futur. « Il y a de très bonnes résidences, de très bons CHSLD, mais à domicile, ça demeure aussi sécuritaire qu’aller en résidence ou en CHSLD si l’on a les bons services », dit M. Blais.

Lors du dernier budget déposé par le gouvernement Legault, en mars 2020, des centaines de millions de dollars étaient accordés aux soins aux aînés. Cependant, la COVID-19 a montré que le système avait encore des problèmes qui nécessitent au-delà de l’argent disponible pour son fonctionnement.

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