Serge Dessureault perd la vie sur le K2

Serge Dessureault perd la vie sur le K2

Une photo prise lors d’un 5 à 7 du journal : on y aperçoit Serge Dessureault, Jean-Pierre Danvoye et Sylvain Dessureault.

Crédit photo : Frank Jr Rodi

Le Montarvillois tentait d’escalader le deuxième plus haut sommet de la planète

L’aventurier Serge Dessureault a perdu la vie samedi lors de son expédition sur le K2, le deuxième plus haut sommet du monde situé à la frontière entre le Pakistan et la Chine. Le Montarvillois de 53 ans aurait fait une chute mortelle.

La page Facebook Serge Dessureault, Maurice Beauséjour et Nathalie Fortin au K2 en faisait l’annonce le 7 juillet à 9 h 01 : « Tragique nouvelle du côté du K2. C’est avec une tristesse indescriptible que nous annonçons le décès de Serge ce matin. À 9 h 25, heure du K2 (12 h 25 au Québec), Serge a fait une chute près du camp 2 à 6 700 mètres d’altitude. Son corps a été retrouvé. La famille et les amis ont appris les faits. Plus de détails suivront pour expliquer l’accident. »

« Nous sommes sous le choc et tous dévastés. » -Sylvain Dessureault

Maurice Beauséjour et Nathalie Fortin l’accompagnaient lors de cette expédition. Au moment d’écrire ces lignes, ils ont quitté le camp de base à bord d’un hélicoptère pour rapatrier le corps du capitaine des pompiers de la caserne 19 de Montréal. L’aventure est terminée. C’est le frère de Maurice Beauséjour, Claude, qui a appris la nouvelle à Sylvain Dessureault, le frère de Serge. Il était 5 h 30 samedi matin. « Comme beaucoup de personnes, nous sommes sous le choc et tous dévastés, commence Sylvain Dessureault, au bout du fil lundi matin. Un appel comme celui-là, on pense tout de suite que quelque chose s’est passé pour toute l’équipe. Mais c’est à ton frère que c’est arrivé. Alors, c’est le choc… En même temps, c’est un soulagement de savoir pour les autres. Pour le moment, nous concentrons nos énergies au rapatriement de Serge. »

Sylvain Dessureault dira de son frère qu’il était un « grand chum, un homme aux valeurs familiales, un passionné, un bon vivant et un être rassembleur toujours prêt à ouvrir sa maison ».

Serge Dessureault n’en était pas à un premier séjour sur les pentes du K2. En 2016, lors de sa première tentative, lui et les grimpeurs qui l’accompagnaient avaient décidé de faire demi-tour à la suite d’une avalanche. Il avait promis à sa famille qu’il ne prendrait pas de risques et qu’il reviendrait à la maison sain et sauf. Serge Dessureault était alors au camp n° 2, à 6 760 m d’altitude.

Avant son départ, M. Dessureault expliquait au journal Les Versants qu’il s’en allait pour cette deuxième tentative « avec plus de contrôle sur ce qui m’attend et sur mes émotions. Je n’ai aucune crainte. Je me concentre uniquement sur la raison première de mon expédition, soit celle de grimper une montagne. »

Cause inconnue

C’est à cette altitude, un peu plus de 6 700 mètres, que sa chute mortelle est survenue samedi. Son corps a été découvert à près de 5 200 m. Les circonstances sont encore inconnues. Dans un article paru dans La Presse+ dimanche, « il n’est pas mort durant un passage difficile de la montagne », dira son ami et guide de montagne Jean-Pierre Danvoye. Celui-ci l’avait accompagné jusqu’au camp de base du K2, il y a quelques semaines. La conjointe de Serge, Marie-Josée, était aussi du groupe. Dans les médias, personne, pour le moment, ne peut expliquer ce qui est arrivé, mais certains avancent l’hypothèse d’un « bête accident, d’un bris d’équipement ou d’un malaise ». Sylvain Dessureault commente : « On lui a rappelé souvent d’être prudent, de toujours revenir à la maison. Je l’achalais avec ça. Mais Serge était hyperprécautionneux. Il connaissait les risques d’une telle mission. Cependant, sa passion, sa volonté, ce voyage, c’était plus fort que lui. Il voulait se taper cette montagne. »

Le journal a communiqué avec le Montarvillois Jean-Pierre Danvoye, qui souligne la « perte d’un ami ainsi qu’une partie de nous-mêmes ». Il rappelle que la montagne est cruelle, même pour ceux qui la respectent. « On ne veut pas y croire. Je me console en pensant que la passion et la joie de vivre qu’il nous a transmises resteront éternelles. »

Du côté du Service de sécurité incendie de Montréal, on qualifie la perte du capitaine Dessureault de « grande tristesse et d’un immense regret ». L’homme de Saint-Bruno approchait de la retraite.

La Ville de Saint-Bruno privilégie une « approche à caractère privé ». « Le maire communiquera avec la famille pour offrir ses condoléances », nous a-t-on répondu.

Un passionné

Serge Dessureault était un passionné d’alpinisme et préparait avec beaucoup de rigueur et de professionnalisme ses expéditions. Contrairement au mont Everest, dont il avait déjà réussi à atteindre le sommet, le K2 représente une montée plus technique, de nombreuses parois verticales, des corridors étroits, des risques d’avalanche, une météo imprévisible, une montagne difficile d’accès, surnommée « montagne sauvage ».

Le journal avait croisé par hasard l’alpiniste dans ce café qui a été le lieu de rendez-vous pour les entrevues avec lui. C’était au début du mois de juin, quelques jours avant qu’il ne quitte le pays. Il y avait eu poignée de mains, des mots d’encouragement, et ces dernières paroles : « On se revoit ici à votre retour… »

Serge Dessureault était père de deux filles. Toutes nos pensées vont à sa famille et à ses proches.

QUESTION AUX LECTEURS :

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