Sainte-Julie: des médecins d’ici s’en vont
Les médecins des deux cliniques de Sainte-Julie, soit la Clinique familiale des Hauts-Bois et la Clinique médicale Sainte-Julie, manifestent leur inquiétude quant aux conséquences de la Loi 2.
Ce sont sept médecins, au total, qui ont pris la décision de quitter ou de se désister.
À la Clinique familiale des Hauts-Bois, trois médecins prennent leur retraite, dont deux de façon anticipée, un autre quitte pour aller pratiquer en Ontario, et l’un d’eux quitte pour le Nouveau-Brunswick. Un de leurs collègues se réoriente pour effectuer de l’hospitalisation et de la pratique en CHSLD. Un diplômé, qui devait débuter dans le domaine en décembre, s’est désisté. Un médecin à la Clinique médicale de Sainte-Julie quittera.
« Il y en a plusieurs autres qui sont extrêmement inquiets et qui regardent pour des plans B », mentionne Mathilde Bourdua, médecin responsable de la Clinique familiale des Hauts-Bois. Elle précise toutefois que, selon les négociations en cours, un ou deux médecins pourraient reconsidérer leur décision. « Il y en a d’autres, toutefois, que c’est définitif, et ils vont quitter », exprime-t-elle.
Moins de services
Les membres des deux cliniques s’interrogent sur les conséquences que ces changements entraîneront sur les patients. Ils soulèvent que ces départs menacent la survie des cliniques, car ils diminueront l’offre de services médicaux proposés. Selon un communiqué conjoint, cosigné par les médecins des deux cliniques, l’accès aux soins, déjà difficile, ne sera pas amélioré. Actuellement, la Clinique familiale des Hauts-Bois compte 18 000 patients. La perte de six médecins dans cette équipe, passant de 18 à 12, fait craindre les principaux intéressés que 5 000 patients deviennent orphelins. « Si l’on perd le tiers de nos effectifs, on va perdre le tiers des patients », explique Mme Bourdua. Elle ajoute que ces départs, en plus d’affecter les patients inscrits, toucheront aussi le service sans rendez-vous.
À la Clinique médicale Sainte-Julie, les quatre médecins propriétaires craignent pour la survie même de leur établissement. « Le recrutement de nouveaux médecins est devenu extrêmement difficile, ce qui accentue la surcharge déjà importante des médecins en place », mentionne le communiqué publié conjointement.
Malgré leurs efforts pour maintenir une offre de soins accessible et continue, la charge clinique et administrative qui est imposée par la Loi 2 dépasse largement les capacités actuelles de l’équipe, déplorent-ils. « À cela s’ajoute une réalité financière de plus en plus précaire, avec des revenus incertains, des coûts d’exploitation en hausse et des obligations administratives qui ne cessent de s’alourdir. La clinique ne pourra tout simplement pas survivre à long terme sans ajustements législatifs ou mesures de soutien concrètes », se désolent les médecins, qui ne souhaitent que pratiquer dans des conditions qui le permettent.
Une pétition circule, notamment pour appuyer les médecins dans la demande visant principalement à instaurer la responsabilité collective quant à l’amélioration de l’accès aux services médicaux et à assurer la continuité de la prestation de ces services. https://www.assnat.qc.ca/fr/exprimez-votre-opinion/petition/Petition-11807/index.html
Les pourparlers
Au début du mois de novembre, la Municipalité de Cantley, en Outaouais, a adopté une résolution qui demande une entente entre les fédérations de médecins et le gouvernement.
Mario Lemay, maire de Sainte-Julie, n’a pas avancé, en entrevue, que le conseil adopterait une résolution de la sorte, mais il encourage les deux parties à s’entendre rapidement pour rassurer la population. « Ce sont les patients qui perdent au change. On ne doit pas jouer avec la santé des Julievillois et des Québécois », précise-t-il.
Sur une note plus personnelle, il trouve inquiétant d’assister au départ de médecins de Sainte-Julie. « Je suis très sympathique à la détresse des gens qui se retrouveront sans médecin de famille », mentionne-t-il. Le jeudi 4 décembre, au matin, les négociations entre les médecins de famille et Québec, après avoir repris environ une semaine plus tôt, ont été rompues. « Nous avions l’impression que les discussions avançaient relativement bien », exprime Mme Bourdua. Québec et les médecins de famille ont effectué un blitz de négociations qui durera toute la fin de semaine.
