Sainte-Julie protégera le boisé des Hauts-Bois

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Par Frédéric Khalkhal
Sainte-Julie protégera le boisé des Hauts-Bois
La Ville de Sainte-Julie a officialisé ce soir lors de la séance du conseil municipal l'achat du boisé des Hauts-Bois. (Photo : archives)

Le boisé des Hauts-Bois est racheté par la Ville de Sainte-Julie à un promoteur immobilier pour être protégé. Grâce à un programme de subvention, la facture pour Sainte-Julie sera limitée à 1,3 million de dollars.

« C’est une très, très bonne nouvelle! L’équipe de la mairesse a fait un excellent travail en un temps record! » indique Sonia Pépin, porte-parole du comité citoyen qui s’était mobilisé pour sauver le boisé des Hauts-Bois à Sainte-Julie.
La nouvelle est tombée en début de semaine. La Ville de Sainte-Julie, avec l’aide de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) et le gouvernement du Québec, se porte acquéreur du domaine des Hauts-Bois. Tout a été confirmé lors de la séance du conseil municipal ce soir par la mairesse de Sainte-Julie, Suzanne Roy.

Le propriétaire privé qui comptait y bâtir des logements de luxe a accepté l’offre d’achat de la Ville pour un montant de 4,5 millions de dollars. Une subvention de 3,2 millions de dollars de la CMM vient alléger la charge fiscale de la Ville, qui n’aura à payer que la différence, soit environ 1,3 million de dollars.

« Nous avons travaillé en étroite collaboration avec le ministère de l’Environnement et la CMM. L’entente avec le propriétaire a été signée à la juste valeur marchande du terrain. Le boisé est désormais protégé. Il pourrait y avoir des sentiers qui seront aménagés, tout au plus. Il fallait que tout arrive à point et nous avons travaillé fort en mode solution pour trouver l’ensemble du financement. Le propriétaire a fait preuve d’une belle ouverture d’esprit. C’était le dernier boisé constructible à Sainte-Julie qui est désormais protégé », d’indiquer au journal Mme Roy.

C’est ainsi qu’en très peu de temps, la Ville est passée de vouloir accorder un permis de construire à un promoteur dans le boisé des Hauts-Bois à trouver une solution avec la CMM et le ministère de l’Environnement du Québec pour acheter le boisé au propriétaire à des fins de conservation.

« Je ne m’attendais pas à ce que ce dossier n’avance avant Noël. Tout a été fait en un temps record. Je tiens à saluer le travail de la mairesse et de son équipe, explique Sonia Pépin. C’est un bel exemple de ce que peut apporter une mobilisation citoyenne en agissant toujours dans le respect de chacun. Tout cela est très beau. J’espère que l’on pourra influencer d’autres actions de groupes citoyens. C’est aussi très beau, la façon d’agir de la Ville. C’est une belle réussite de la part de Mme Roy. »

Changement en un temps record
Rappelons que Sainte-Julie, en mai 2021, avait fait marche arrière pour voir les opportunités de sauver le boisé des Hauts-Bois d’un projet immobilier.

Sainte-Julie était alors « à la recherche de partenaires pour protéger le boisé adossé au mont Saint-Bruno ».
La Ville comptait interpeller la CMM, le gouvernement du Québec, le gouvernement du Canada, les fondations spécialisées et tout autre partenaire pour aider la Municipalité à protéger à perpétuité le boisé adossé au mont Saint-Bruno.

Mme Roy avait alors été très claire. « Il est impossible pour la Ville de Sainte-Julie d’acquérir le terrain seule sans faire un impact majeur sur l’endettement et le niveau de taxation. C’est pourquoi il est essentiel que les différents gouvernements et organismes de protection de l’environnement nous aident à acquérir ce boisé de 4,2 hectares. Je multiplie les démarches, appuyée par le conseil municipal, auprès des différentes instances. »
Ce qui est chose faite depuis peu. Le boisé des Hauts-Bois fait partie dorénavant du corridor forestier en vertu d’un programme de préservation. « En 2009, nous avions déjà préservé 16 hectares de la superficie globale du boisé. Nous ajoutons aujourd’hui les 4,2 hectares restants », précise Mme Roy.

Plus de 4,2 hectares
Rappelons que ce secteur, situé sur le flanc de la montagne, ne comptait plus que 4,2 hectares à développer à des fins résidentielles. Des normes de protection environnementales très élevées avaient été imposées par le conseil municipal pour toute nouvelle construction dans ce secteur afin d’assurer son intégration harmonieuse et respectueuse de la forêt. Aujourd’hui, il n’y aura plus de construction possible.

Depuis plusieurs années, la Ville travaille activement à préserver le plus de boisés possible sur son territoire. Avec le concours de Nature-Action Québec, c’est ainsi qu’elle a pu soustraire au développement 16 hectares de la superficie initiale de ce seul terrain qui restait à développer. La Ville indique avoir déjà protégé et mis en valeur 64 hectares de terrain avec l’aide de la CMM au parc des Étangs-Antoine-Charlebois ainsi que par l’adoption de sa politique de l’arbre, de son plan vert, du programme Grandir avec mon arbre, pour ne nommer que ceux-là.

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