Saint-Bruno en transition : pour un jardinage de proximité dans des jardins collectifs

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Par Frédéric Khalkhal
Saint-Bruno en transition : pour un jardinage de proximité dans des jardins collectifs
À gauche, Éloïse Simoncelli-Bourque avec trois autres jardinières. (Frédéric Khalkhal)

L’organisme Saint-Bruno en transition propose à une quinzaine de personnes de cultiver, ensemble, le premier jardin collectif de Saint-Bruno-de-Montarville.

Un terrain vague appartenant à la Ville, derrière le bureau postal à Saint-Bruno-de-Montarville, voit depuis deux ans pousser tomates, haricot, concombres pour le plus grand plaisir d’une quinzaine de jardiniers urbains.

Aucune action clandestine ici. Le terrain appartient à la Municipalité qui offre la parcelle de terre, pour la deuxième année consécutive, à l’organisation environnementale Saint-Bruno en transition. Cette dernière en a fait un jardin collectif, une sorte de projet pilote, qu’elle souhaite développer partout dans la ville.

Saint-Bruno en transition, un organisme à but non lucratif a été créé en septembre 2019 par un collectif de citoyens et s’est donné pour mission de promouvoir des actions éco-citoyennes qui favorisent la résilience face aux changements climatiques et aux enjeux environnementaux.

Un jardin collectif

« Le jardin collectif se distingue du jardin communautaire en ce sens où nous travaillons ensemble toutes les planches de culture. Il s’y développe un esprit de convivialité, un fort sentiment de solidarité et d’appartenance et un maillage avec notre milieu de vie. L’énergie et la motivation des uns décuplent celles des autres. Chacun apporte son expertise au bénéfice de tous. Le jardin collectif devient un véritable lieu de rassemblement (dans le respect des règles de distanciation et d’hygiène) où il fait bon être et où les corvées ne sont plus une tâche astreignante, mais un moment de socialisation dans l’action », explique aux Versants Éloïse Simoncelli-Bourque, une résidante de Saint-Bruno, membre de l’organisation.

L’emplacement du jardin actuel n’est que temporaire. Un projet de construction de logement social devait s’y implanter, ce dernier risque d’être chassé de l’endroit par un autre projet immobilier. Mais peu importe, pour les cultivateurs en herbe, l’endroit a permis de lancer l’initiative, en espérant que l’idée germera un peu partout dans la ville de manière permanente.

« Le jardin collectif se distingue du jardin communautaire en ce sens où nous travaillons ensemble toutes les planches de culture. » – Éloïse Simoncelli-Bourque

En temps de pandémie
Par petit groupe de 4 à 5 personnes, tout en respectant les règles de la santé publique en ces temps de pandémie, les jardiniers se relaient pour l’entretien du jardin en attendant la récolte.

Même si l’activité est en plein air, toutes les mesures sont prises pour respecter les normes de la santé publique. Distributeur de désinfectant accroché à un arbre pour se laver les mains avant de se mettre à l’ouvrage, terrain délimité par du ruban de construction pour en réduire l’accès à tous ou encore, pancarte à l’entrée du site pour indiquer les règles de distanciation physique à suivre.

L’initiative est jeune et elle attire le voisinage qui a appris par le bouche-à-oreille qu’un jardin collectif venait de s’implanter à côté de chez eux. Mais l’organisation veut aller plus loin et collecter d’ores et déjà, pour l’an prochain, les noms des personnes intéressées à cultiver leurs légumes. «

Nous ne savons pas encore si nous aurons cette parcelle l’année prochaine, mais nous commençons à nous organiser pour savoir combien de terrain il faudrait demander à la Ville pour satisfaire la demande », indique Mme Simoncelli-Bourque. Cette année, la quinzaine de jardiniers ne se suffiront pas des quelques pieds carrés de terre pour ne plus aller à l’épicerie. « Il faudrait au moins 10 fois plus grand », espère la jardinière.
Il faut dire que la Ville encourage l’initiative. Elle a même adopté une politique de ville nourricière en 2017, faisant d’elle l’une des premières au Québec à faire pousser des fruits et des légumes sur ses plates-bandes.

Le collectif de jardiniers a d’ailleurs eu le soutien de la Ville de Saint-Bruno et des Serres Dauphiais pour l’expertise, la terre, les plants ou encore les semences, mais il aimerait trouver pour les années à venir d’autres partenaires. « On souhaite grossir pour pouvoir nourrir tout le monde dans chaque quartier de la ville et éventuellement des serres pour démarrer les semis et cultiver des espèces qui requièrent de plus longues périodes de chaleur », de conclure Mme Simoncelli-Bourque.

Pour ceux qui veulent se joindre à l’initiative et mettre la main à la terre l’an prochain, il est possible de se faire connaître à l’adresse suivante : jardinscollectifs@saintbrunoentransition.org

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