Russell Davis : à la recherche de ses racines paternelles (Deuxième partie)

Russell Davis : à la recherche de ses racines paternelles (Deuxième partie)

Dans l’édition du 20 juillet 2011, dernière avant les vacances, nous avons fait connaissance avec la famille Davis, qui fut la deuxième à habiter la gare de Saint-Basile-le-Grand et à en être care taker, de 1948 à 1959. Russell Davis, le benjamin de la famille de cinq enfants, et qui a pris racine à Saint-Basile, en a raconté l’histoire. Son père, George Lawrence Davis, un Américain, et sa mère, Germaine Rochette, se sont épousés en 1944, dix-sept ans après la naissance du premier enfant. Le jour du mariage fut aussi celui du baptême de George L. Davis ainsi que celui des enfants. Le père est décédé cette même année, emportant avec lui le secret de ses origines. Voici la suite.

C’est connu que Russell Davis a fait sa vie à Saint-Basile, qu’il a épousé Rollande Trudeau, qu’ils ont eu deux filles et qu’il a fait carrière dans les assurances. Il s’est impliqué dans le Club optimiste et il joue toujours au croquet. Cependant, bien peu savent qu’une interrogation fondamentale taraudait cet homme : les origines de son père. Celui-ci avait dit aux siens être né au Delaware, que son père se nommait Archibald et qu’il avait trois sœurs. C’était bien peu. Intrigué, en 1998, Russell part avec sa conjointe, Rollande, vers le Delaware, à la recherche d’information. À Dover, aux archives nationales, il ne trouve rien sur son père, ni sur sa famille. Déçu, il abandonne.

En 2005, récemment retraité, il se reprend. Antonio Gagnon, de Saint-Basile, l’oriente vers les mormons, réputés dans le domaine de la généalogie. On lui suggère de s’abonner au site Ancestry.com et de poursuivre son projet. Il ne trouve rien qui coïncide avec le nom du père de son père, Archibald Davis, mais il cherche toujours intensément. « J’ai la tête dure, je vais trouver mon père », poursuit-il. Dans le recensement du Delaware de 1900, il regarde 3600 noms, il n’y est pas. Dans celui de 1910, même chose.

Sans se laisser décourager, Russell poursuit ses investigations sans relâche. Dans les papiers laissés à la maison par son père, il met la main sur une lettre du State Board of Health du Delaware, adressée à Mrs. Catherine B. Counselman, épouse de Geo. Counselman. Il fouille à nouveau et trouve un Geo. Counselman, (son grand-père) venu au monde dans le Missouri en 1856, qui épouse Catherine Smith, en 1880. Les prénoms des enfants apparaissent : celui de son père, nommé à l’époque Lawrence Winfield, et ceux de ses sœurs dont il parlait. Cette fois, la piste semble réaliste; cependant, le nom de famille n’est pas Davis, mais Counselman. Après plusieurs étapes, il trouvera finalement dans le recensement de 1900 le nom de son père à l’époque, marié la même année à Ella Evans. Le couple aura une fille, Edith, née en 1901, et un garçon, George Lawrence, né en 1913.

M. Davis voulait une preuve tangible. En 1918, son père, Lawrence Winfield Counselman, alias George Davis, avait rempli un formulaire pour les Forces armées américaines. Les mormons ont copie de ce formulaire. La comparaison des signatures prouve qu’il s’agit bien du même homme. Donc, Russell comprend que son père avait déjà été marié aux États-Unis, qu’il avait des enfants et, qu’en venant au Canada vers 1925, il avait changé son nom.

Il veut maintenant retrouver sa demi-sœur Edith et son demi-frère George, issus du premier mariage de son père. Dans un recensement de 1930, il apprend qu’Edith a été mariée à un monsieur Miller et que George demeurait avec elle. Au cours de ses recherches, il vient en contact avec une dame Miller. « Elle m’apprend qu’Edith est la grand-mère de son mari. » C’est par elle qu’il prend contact avec une bonne partie de la famille.

La rencontre familiale

« J’ai appris que ma demi-sœur Edith a eu une fille, Carol, et un fils, Ken, rencontré l’été dernier, à l’occasion d’une rencontre au Maine, à laquelle ont participé mon frère, Gordon, et quelques membres de la famille de Ken. » Cependant, c’est au New Jersey, du 28 au 31 juillet 2011, que vient d’avoir lieu la rencontre familiale la plus impressionnante. Une vingtaine de descendants d’Edith et de George (tous deux décédés), venus d’Arizona, d’Oklahoma, du Colorado, de New York et du New Jersey se sont rassemblés pour venir à sa rencontre et celle de son épouse Rollande, afin de faire connaissance et de savoir enfin l’histoire de leur grand-père disparu.

Dans une atmosphère conviviale, ils écoutent le résultat des recherches de Russell Davis, qui leur apporte la preuve que son père George Lawrence Davis est bien leur grand-père, Lawrence Winfield Counselman, et qu’il a changé de nom en arrivant au Canada. Ils font connaissance, partagent des informations, prennent part à de joyeux repas chez Carol (fille d’Edith) et Marty (fille de George). Un après-midi, par  une température de 95 degrés F., Russell et son neveu Ken (qui a presque son âge) visitent toutes les bibliothèques des municipalités environnantes. Ils ne trouvent rien de plus. Ce qui fait dire à Ken : « La bibliothèque, c’est Russell! »

Si connaître ses origines paternelles était une question fondamentale pour Russell Davis, connaître la suite de l’histoire du grand-père disparu était aussi importante pour tous ses descendants, comme l’en témoigne un courriel très touchant que Russell a reçu de son neveu George à son retour. « … le mystère de Lawrence Winfield (Coulselman) a occupé mon esprit depuis l’âge de huit ans, quand mon père m’a révélé que mon grand-père était disparu. Je suis maintenant convaincu qu’il a déménagé au Canada et est devenu George Lawrence Davis. » Dans ce même courriel, avec beaucoup de sensibilité, George poursuit : « … j’ai réalisé que je n’étais pas seulement en train de connaître un parent jusqu’alors inconnu, mais que je découvrais une personne que je serais fier d’avoir comme ami. »

Après cinq ans de recherches intensives, quelle récompense pour Russell Davis! On peut comprendre que d’autres rencontres familiales sont prévues. Avoir retrouvé ses racines paternelles est pour cet homme un des accomplissements les plus importants de sa vie. Est-il amer à l’endroit de son père pour leur avoir caché ainsi sa vie? « Non. Je me sentais ignorant et j’ai fait en sorte d’arrêter de l’être », explique Russell Davis, maintenant satisfait, même si la raison du départ des États-Unis de son père d
emeure inconnue.

 

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