RTL : mise à pied dans les transports en commun

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Par Frédéric Khalkhal
RTL : mise à pied dans les transports en commun
(Photo : courtoisie)

Des suppressions de postes sont à prévoir au RTL à la suite de la baisse d’achalandage depuis le début de la pandémie.

À la demande de l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM) et en raison du contexte des derniers mois qui a occasionné des manques à gagner importants pour les sociétés de transport, le conseil d’administration du Réseau de transport de Longueuil (RTL) a approuvé, au dernier conseil d’administration qui se tenait le 2 juillet, un plan d’optimisation de ses ressources.

« Aujourd’hui, on sait qu’il y aura des mises à pied, nous allons tenter de les limiter le plus que possible. » L’annonce, aujourd’hui, d’un plan d’optimisation des transports du RTL fait craindre à Marc Gingras, président du syndicat SCFP du RTL, ce qui semble être inéluctable.

« Il y a beaucoup d’intervenants dans la décision qui va être prise. La commande vient de plus haut que le RTL. Nous étions pourtant sur une lancée positive au RTL avant la pandémie. Nous avions une augmentation de la fréquentation des transports en commun. On n’en est plus là aujourd’hui. Il faut travailler sur des alternatives, mais les mises à pied sont dangereuses au RTL. Actuellement à Montréal, la STMengage des chauffeurs. S’il y a des mises à pied à Longueuil, ces derniers pourront partir à Montréal. Quand la situation reprendra, il faudra trouver de nouveau des chauffeurs. »Le syndicaliste ajoute qu’il faut entre 4 et 5 semaines pour former un chauffeur.

Michel Veilleux, directeur général duRTL, connaît la situation et explique qu’il serait content que les personnes qui risquent de perdre leur emploi retrouvent un travail. « Nous avons recruté ces dernières années une centaine de chauffeurs, j’espère que lorsque tout reviendra à la normale nous réembaucherons nos chauffeurs. »

Baisse d’achalandage
L’objectif de l’entreprise est maintenant
« d’ajuster le service en fonction de la demande. Nous avons de 60 à 65 % de perte d’achalandage. C’est allé jusqu’à 80 % pendant le confinement. On ne peut pas faire rouler 100 % des autobus. »

À cela, il faut ajouter les dépenses additionnelles non prévues en raison des nouvelles normes sanitaires et une réorganisation du travail. Des efforts ont déjà été déployés, notamment en offrant un service estival réduit afin d’ajuster le service à la demande. Sans compter plusieurs mesures de diminution des coûts pour minimiser les impacts financiers.

En moyenne, ce sont 5 M$ que le RTL perd chaque mois. « Il fallait réagir. Nous sommes un service obligatoire et c’est pourquoi en septembre nous maintiendrons 85 % de notre activité », d’ajouter M. Veilleux.

Une aide de Québec a permis d’apporter un peu d’air à l’entreprise, mais cela n’est pas suffisant pour couvrir toutes les pertes. « Même si la somme est importante, le financement de 400 M$ pour toutes les sociétés de transport de la province, récemment annoncé par le gouvernement du Québec, ne pourra couvrir l’ensemble des pertes de revenus et des coûts engendrés par la pandémie, a souligné M. Veilleux. Il va falloir trouver des compensations ailleurs. Nous n’avons pas vraiment le choix, soit nous augmentions le titre de transport, ce qui est inconcevable en ce moment, ou bien ce sont les Villes qui augmentent leur contribution. Tôt ou tard, ce sont les citoyens qui vont devoir payer la facture. »

« Ce n’est pas un exercice simple et des décisions faciles à prendre pour passer au travers de cette situation unique dans laquelle nous nous trouvons; plusieurs inconnus demeurent dans l’équation. »
– Michel Veilleux

Un avenir incertain
Le RTL annonce donc un plan d’optimisation des ressources pour ajuster l’offre à la demande et minimiser les impacts financiers à prévoir. Surtout que l’entreprise s’approche de prévisions budgétaires pour 2021 alors que le spectre d’une deuxième vague de la COVID-19 est annoncé et qu’aucun vaccin ne pointe à l’horizon.

C’est pour cela que dès septembre, « une réduction de service et des coûts d’exploitation sera nécessaire », précise le transporteur.
P

our le syndicat, le problème réside dans les bus du corridor desservant les immeubles à bureaux du centre-ville de Montréal, qui ont été fortement allégés. « La direction a estimé que les bureaux étant fermé il n’y aurait pas assez de passagers à bord, mais nous n’en savons rien. C’est à cause de cela qu’il y a une si grande baisse de l’achalandage », de préciser M. Gingras.

M. Veilleux confirme que la décision de retirer ces lignes vers le centre-ville de Montréal est la conséquence de la fermeture des bureaux de la métropole. « Nous avons beaucoup d’indicateurs qui nous permettent de savoir s’il y a une demande pour la desserte du centre-ville et il n’y en a pas. Le centre-ville de Montréal mettra plusieurs mois à reprendre. Comme beaucoup de gens qui travaillent à Montréal, les gens de Saint-Bruno font soit du télétravail, soit malheureusement ils ont perdu leur emploi, soit ils ne veulent pas prendre le transport en commun. »

« Ce n’est pas un exercice simple et des décisions faciles à prendre pour passer au travers de cette situation unique dans laquelle nous nous trouvons; plusieurs inconnus demeurent dans l’équation. Je peux toutefois vous assurer que nous déploierons tous les efforts nécessaires pour que le RTL soit à l’écoute de sa clientèle afin d’ajuster en continu son service, et qu’il travaillera de concert avec les syndicats pour identifier des pistes de solutions afin de minimiser l’impact de ces compressions sur nos effectifs », a ajouté M. Veilleux.

Port du masque
L’espoir d’une reprise progressive de la fréquentation des bus du RTL commencera par l’obligation du port du masque dans les transports en commun à partir du 27 juillet. « Avec le port du masque obligatoire, nous allons pouvoir augmenter l’achalandage, mais on souhaite garder une marge de manœuvre pour la sécurité de tous. Nous ajusterons le service en conséquence », d’ajouter M. Veilleux.

Pour M. Gingras, le port du masque est aussi une bonne nouvelle, comme toutes les mesures de protection qu’a mises en place le RTL, mais il prévient : « Les chauffeurs ne joueront pas le rôle de policier. Si une personne entre pas masquée, nous la laisserons faire, nous sommes en train de réfléchir à la mise en place d’une procédure. Ce que l’on craint surtout ce sont les altercations que cela risque de créer entre les passagers entre eux. »

Le RTL procèdera à la distribution de couvre-visage lundi matin de 7 h à 8 h et de 16 h 30 à 17 h 30 au terminus Longueuil et de 7 h à 8 h au terminus Panama. Mardi matin, la distribution se fera au terminus de Longueuil.

exo a indiqué que les 13 et 14 juillet, une distribution de couvre-visage sera effectuée gratuitement aux abords de certaines stations. Plus d’information : exo.quebec/fr

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