Retour en classe

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Par Frank Rodi
Retour en classe
Les enfants du préscolaire et du primaire sont de retour sur les bancs d’école ce matin alors que les jeunes du secondaire reviendront en classe le 18 janvier. (Photo : archives)

COVID-19

François Legault a annoncé la semaine dernière qu’au contraire de plusieurs autres secteurs d’activités au Québec qui se retrouvent confinés, les établissements scolaires reprendraient du service. Les enfants du préscolaire et du primaire sont de retour sur les bancs d’école depuis ce lundi matin alors que les jeunes du secondaire reviendront en classe le 18 janvier. Réactions.

Pour le directeur de l’École De Montarville, Robert d’Aquila, ce retour prévu pour le 11 janvier au primaire est une bonne chose. Il ne croit pas que c’est un retour précipité. « Personnellement, ça ne change rien. Mais pour l’équipe école, je sais que c’est un soulagement d’être en présentiel avec les élèves. Les enfants veulent revenir, ont envie de revenir. Ça va soulager autant les parents que les professeurs », dit-il en entrevue avec Les Versants. Vendredi dernier, Robert d’Aquila nous confiait que seulement 2 jeunes, sur 610 inscriptions à l’École De Montarville, ne seraient pas là lundi matin. « Les parents nous ont signalé que c’était trop tôt pour un retour. »

Le directeur de l’école de Saint-Bruno insiste pour dire que la décision du gouvernement du Québec de ne pas fermer davantage les établissements scolaires est appréciée. « Tous, presque, saluent cette décision. L’enseignement à distance, c’est noble, mais pour les enfants vulnérables et les petits, c’est difficile. Il est temps qu’ils reviennent dans des conditions optimales », confie Robert d’Aquila.

Rappelons qu’avant la tenue du point de presse de François Legault, l’Association des pédiatres du Québec implorait le premier ministre de rouvrir les écoles le 11 janvier pour le bien-être des enfants. Un groupe de plus de 100 médecins de différentes spécialités appuyait aussi cette demande. Dans une lettre ouverte publiée mercredi dernier, les docteurs signataires estiment que « garder les écoles ouvertes, peu importe la situation épidémiologique, semble éthiquement et scientifiquement la meilleure décision ».

L’enseignante de maternelle Nathalie Goyer ne cache pas sa joie à propos de son retour à l’école auprès des jeunes. « Comme mes petits élèves, je suis vraiment heureuse de retourner à l’école! J’ai hâte de les revoir et je crois qu’eux aussi! Un élève de ma classe qui a écouté la conférence de presse de M. Legault a dit : « J’ai sauté de joie quand j’ai appris qu’on revenait à l’école! » Ça m’a fait chaud au cœur et je n’en ai que davantage le goût d’y retourner! », répond la Montarvilloise.

« Les enfants ont besoin de retrouver leur routine. » – Marie-Claude Lajeunesse

La professeure applaudit aussi ce retour en classe. « Je crois que pour les enfants d’âge préscolaire, la routine est importante dans leur vie afin de leur offrir des repères. La maternelle est une micro société et les élèves apprennent à vivre une vie normale avec de nouvelles normes sanitaires. »

Néanmoins, elle appréhende le port du masque et de la visière dans son local. « Mais je n’ai pas hâte de porter le masque et la visière à nouveau. C’est l’aspect le plus difficile que je trouve à l’heure actuelle. Mais pour être avec mes élèves, je suis prête à relever le défi », poursuit Mme Goyer.

L’enseignante de 6e année Marie-Claude Lajeunesse se dit aussi heureuse de ce retour : « Les enfants ont besoin de retrouver leur routine tout en étant entourés de leurs amis et de leur enseignant. L’école reste un endroit très sécurisant pour la plupart d’entre eux. »

Elle n’hésite pas à clamer qu’elle a hâte de revenir en classe. « Ma place est auprès de tous ces enfants qui ont besoin de moi. J’ai besoin d’eux aussi! Le contact humain est important et la santé mentale de plusieurs en a déjà pris un coup…, témoigne-t-elle. Vivement le retour à la normale! »

C’est aussi ce que pense Dorothée Pâris, maman de deux garçons, qui a répondu à notre question. « Je suis plus que ravie [qu’ils] puissent revenir à l’école, ne serait-ce que pour leur santé mentale. Ils ont besoin de voir leurs amis, d’être stimulés et de socialiser avec d’autres enfants et d’autres adultes que nous. L’école, c’est tout ce qui leur reste pour continuer un semblant de vie normale. Ils ont besoin de contacts et d’enrichissement pour s’épanouir. C’est juste essentiel à leur développement », partage Dorothée Pâris.

Le port du couvre-visage

Dorénavant, les élèves de 5e et 6e années doivent porter le couvre-visage, même en classe. Quant aux écoliers de 1ère à la 4e année, ils doivent arborer le masque dans les aires communes, comme le transport scolaire, les corridors et le gymnase. Pour les jeunes de niveau secondaire, le masque de procédures sera désormais obligatoire. Deux masques de procédure par jour leur seront fournis. Robert d’Aquila évoque un moyen de protection additionnel, « un plus ». Il ajoute : « Depuis septembre, il y avait déjà une belle collaboration des parents pour le port du couvre-visage. En cas d’oubli, l’école mettait des masques à la disposition des élèves. L’idée n’est pas de pénaliser l’enfant. C’était un filet de sûreté. Alors, pour ce qui a été annoncé concernant les jeunes de 5e et 6e années, c’est une suite logique. Je crois que dans l’ensemble, cette mesure va rassurer tout le monde, autant les enseignants que les parents et la population. » Pour sa part, Nathalie Goyer souhaite que cette mesure sur le port du couvre-visage restreigne la propagation du virus, mais… « La proximité entre les élèves à l’école comme à l’extérieur de l’école demeurera toujours. »

Un mot sur le délai du bulletin

Par ailleurs, il avait été annoncé qu’il n’y aurait que deux étapes cette année, donc deux bulletins. Le premier devait être remis au plus tard le 22 janvier. Un délai a été accordé et le corps professoral aura jusqu’au 5 février pour le décerner. « Ce délai permettra de porter un meilleur jugement sur le développement de l’enfant, croit Nathalie Goyer. Nous avons connu nos élèves de septembre à décembre, mais voilà que plus de trois semaines se sont passées sans connaître leur niveau d’évolution. »

Mais pour Marie-Claude Lajeunesse, ce délai n’est pas nécessaire. « À ce stade-ci de l’année, nous connaissons bien les forces et faiblesses de nos élèves. Nous sommes amplement capables de porter un jugement. »

QUESTION AUX LECTEURS :
Que pensez-vous de ce retour à l’école pour les enfants du primaire?

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