Retour aux sources pour Louis Émond

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Par Frank Rodi
Retour aux sources pour Louis Émond
L’auteur Louis Émond. (Photo : David Émond-Ferrat)

Les ennemis invisibles

Louis Émond publie un nouveau roman, Les ennemis invisibles, paru plus tôt cet automne chez Soulières éditeur. Pour l’auteur de Saint-Bruno-de-Montarville, il s’agit d’un retour aux sources.

Louis Émond n’a pas écrit de roman depuis 2003.

Demande spéciale

De long roman, on s’entend. Dont le lectorat cible les adolescents plutôt que les enfants. Soit depuis la parution de La guerre des lumières. Qui plus est, l’écrivain ne s’était pas lancé dans la rédaction d’un suspense depuis Taxi en cavale (1992) et Un si bel enfer (1993). Il y a au-delà de 25 ans. « Il était plus que temps que je m’y remette!, lance Louis Émond. Les ennemis invisibles a été écrit à la demande de mes enfants, qui me répétaient depuis un certain temps avoir hâte de lire un long roman de leur papa. »

Entre La guerre des lumières et Les ennemis invisibles, Louis Émond aura aussi publié de courts romans pour premiers lecteurs, des nouvelles ainsi que des albums jeunesse. Des albums qui ne passeront pas inaperçus, nommés dans certaines catégories ou lauréats de divers prix.

Mais avec son plus récent titre, le romancier a aussi voulu penser à lui. « Ce retour au roman, je ne l’ai pas juste fait pour mes enfants, mais aussi pour moi. Je m’ennuyais d’écrire quelque chose de costaud, d’inventer un monde et des personnages avec lesquels j’évoluerais pendant un moment. J’avais surtout le goût d’écrire un récit dense, touffu. Je me suis donc fait plaisir », explique Louis Émond.
Il qualifie son nouveau roman de polar, par l’élaboration d’une « grosse histoire avec des surprises, des rebondissements, des personnages inattendus ». Il précise : « J’avais aussi envie de créer une sorte d’antihéros. »

Cet antihéros, c’est Hector, un personnage principal plutôt froussard accompagné tout au long de l’histoire par son courageux chien Lego. Dès les premières pages du récit, Hector se retrouve dans une situation particulière bien malgré lui et à son insu. Des alliés imprévus l’aideront dans sa quête pour connaître la vérité du complot qui se trame autour de sa voisine et amie. Grâce à des chapitres très courts, de deux, trois, quatre pages, l’auteur réussit à garder le lecteur en haleine tout au long du roman.

Des dictées d’enfants

Aspect intéressant, la prémisse du roman Les ennemis invisibles repose sur une trentaine de dictées d’élèves du primaire. L’auteur se confie sur l’origine de son histoire à la fin du livre. Louis Émond se demande d’ailleurs si, parmi ses lecteurs fidèles, il ne s’en trouvera pas quelques-uns qui reconnaîtront l’amorce de ces dictées. « C’est ce que j’en ai gardé, le début; autrement dit, la marche avec le chien, le cri, l’intrusion de mon antihéros dans la maison, et enfin, le cadavre sans tête… À part un ou deux détails plus tard, pas mal tout le reste est de l’inédit, du neuf. Mais tout part de cette marche, de ce cri et de l’entrée en scène du peureux. »

La peur

La peur rôde partout dans ce bouquin. Pour le romancier, la peur est neutralisante. « C’est ce que j’exprime dans ce roman. Elle peut être une ennemie invisible autant qu’un allié précieux. La citation de Boucar Diouf que j’ai mise en exergue au début du roman est parfaite [« Devant un danger potentiel, la peur est un système d’alarme, hérité de notre longue évolution, qui a fait ses preuves. »]. La peur nous aide… mais jusqu’à un certain point. »

Quand on lui demande quelle est sa plus grande frayeur, l’enseignant à la retraite répond la « lente dégradation, celle du corps comme celle de l’esprit ». Puis il ajoute : « La maladie. Qui m’affecterait moi ou une personne que j’aime. »

Après

Quelle est la suite pour Louis Émond, l’écrivain? À cette question, l’auteur jeunesse indique qu’il vient de conclure l’écriture d’un conte pour Noël (à défaut d’un conte de Noël), une commande spéciale du festival Métropolis Bleu. « S’il est accepté, on pourra très bientôt m’entendre lire ce conte sur le site Internet de Métropolis Bleu grâce à la caméra inventive et au montage de mon fils David. J’aimerais bien qu’ensuite, La Bagnole publie ce conte en album illustré. Mais on verra… », laisse-t-il planer. Rappelons qu’en 2015, Louis Émond présentait Le jouet brisé, un conte de Noël illustré par Jean-Luc Trudel et publié aux éditions de La Bagnole. Deux ou trois autres projets de roman sont aussi en chantier, deux dans le genre fantastique, un autre plus réaliste. « Ils ne demandent qu’à voir le jour… », termine-t-il.

Notons que Louis Émond sera de la Féerie de Noël à Saint-Bruno-de-Montarville, ce vendredi, de 17 h à 21 h, et samedi après-midi, de 13 h 30 à 17 h. Il sera sur place pour rencontrer les lecteurs et dédicacer ses bouquins.

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