Redonner grâce à son potager

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Par Frank Rodi
Redonner grâce à son potager
Le Julievillois Julien Racicot redonne l’argent récolté par la vente de ses paniers de légumes. (Photo : Frank Jr Rodi)

Julien Racicot vend les surplus de légumes de son potager afin de redonner à l’Association de paralysie cérébrale du Québec. Le résidant de Sainte-Julie est papa d’un garçon de deux ans, Jacob, atteint de ce trouble neurologique.

La pandémie a permis à plusieurs personnes de se découvrir au cours des premiers mois de confinement. Chez certains, la période de pause a été bénéfique pour développer de nouvelles passions, de nouveaux intérêts, pour changer d’emploi, se réaliser autrement, pour créer, cuisiner, passer du temps en famille…

« Quand j’ai les mains dans la terre, ça m’occupe l’esprit. » – Julien Racicot

Pour Julien Racicot, le confinement du printemps 2020 l’aura amené à développer son intérêt pour le jardinage et l’agriculture. « Mon histoire s’explique en deux volets, commence Julien Racicot, interrogé par Les Versants. Je me suis découvert une passion pour le jardinage. À l’achat de notre maison, en 2013, il y avait déjà un jardin. Avec le temps, nous l’avons bonifié. J’ai développé la piqûre. »

Julien Racicot œuvre dans le domaine du spectacle. Il se spécialise avec les infrastructures scéniques. Lorsque la culture a été mise sur pause en 2020, le père de famille a aussi cessé de travailler. « Pour nourrir ma famille, j’ai agrandi le potager en façade de ma maison. Avec un jardin de grande envergure, nous avons eu trop de récoltes », mentionne-t-il.

Après avoir écoulé les surplus de ses récoltes de la saison estivale 2020, M. Racicot a remis un don de 100 $ à l’Hôpital Sainte-Justine. Il avait vendu cinq paniers. Cette année, ce sont 34 boîtes de légumes qu’il a réussi à écouler. Il a décerné un chèque de 830 $ à l’Association de paralysie cérébrale du Québec.

Jacob, né un 25 décembre

Jacob, le fils de Julien Racicot, est né le 25 décembre 2018. Quelques heures seulement après sa naissance, il y a eu des complications. Le bambin est devenu bleu dans les bras de sa mère. Jacob faisait un arrêt respiratoire. Il a été ventilé manuellement parce que son taux d’oxygène oscillait entre 20 et 25 % dans le sang. Rapidement, il a été transporté au Centre hospitalier de Sainte-Justine. La famille a passé la période des Fêtes 2018-2019 à l’hôpital. « C’est la raison pour laquelle la première année, en 2020, c’est à cette fondation que j’ai remis mon don. Le personnel a administré des soins hors pair à mon fils. Je suis rempli d’admiration pour ces gens », raconte Julien Racicot.

Le diagnostic est tombé peu de temps après ce séjour hospitalier. Jacob avait « quelque chose de neurologique ». Il est né avec ce diagnostic à la suite d’un incident intra-utérin. Quand on lui demande « Quelle réaction a-t-on, en tant que parents, à la suite d’une telle annonce? », l’homme dit que tout s’arrête. Il évoque la publicité sur le cancer dans laquelle la femme qui apprend la nouvelle tombe à la renverse. « On se reconnaît dans cette publicité. C’est cliché, mais on ne pense jamais qu’une telle chose peut nous arriver. On est sous le choc. C’est une nouvelle difficile à absorber. »

Aujourd’hui, près de trois ans plus tard, Jacob va « relativement bien ». Son père ajoute : « Il y a des hauts et des bas. Jacob montre de beaux signes positifs. Il est très éveillé et a pris du poil de la bête. C’est encourageant. » La famille se dit bien entourée au Centre montérégien de réadaptation. « Pour le moment, nous n’avons pas encore eu besoin des services de l’Association de paralysie cérébrale du Québec », admet-il.

L’Association de paralysie cérébrale du Québec offre divers services d’aide aux personnes avec la paralysie cérébrale, leurs parents et proches aidants, notamment l’accompagnement, le transport adapté et l’aide financière.

Jardiner, une thérapie

Pour Julien Racicot, le jardinage est thérapeutique. « Quand j’ai les mains dans la terre, ça m’occupe l’esprit. Ça me détend au même titre que certains prennent un verre de vin après le travail. En même temps, je suis un grand défendant de l’alimentation locale et biologique. C’est important de bien se nourrir. Nous avons été autosuffisants en légumes de juin à septembre cette année. »

La famille attend un autre enfant, prévu en janvier prochain. D’ici la prochaine naissance, Julien Racicot tente d’inculquer les valeurs du jardinage à Jacob. « Je l’amène dans le potager. Il vient récolter les légumes avec moi le soir. Il s’amuse à faire de petites choses simples :transplanter des plants de tomates, planter des semences de haricots, arroser… C’est une passion que j’aimerais implanter auprès de mes enfants. »

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