Réactions des élus de notre région à l’aide pour la presse écrite

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Par Frédéric Khalkhal
Réactions des élus de notre région à l’aide pour la presse écrite
(Photo : Frédéric Khalkhal)

Le journal Les Versants a demandé aux élus des villes où il est distribué ce qu’ils pensaient de l’importance des médias locaux. La réponse est unanime : ils ne veulent pas les voir disparaître.

Martin Murray, maire de Saint-Bruno-de-Montarville

« Les médias locaux sont indispensables. Toute la presse est un élément fondamental de la démocratie. Malheureusement, ce qui arrive à Groupe Capitales Médias était prévisible. Les médias locaux vivent de la publicité, mais des géants du numérique cannibalisent tous ces revenus. Dans les municipalités, même les commerces locaux souffrent à cause de ces GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazone), c’est un autre élément de drainage de la publicité dans les journaux. Est-ce que nos collectivités devraient contribuer en aidant la presse locale, en s’assurant de mettre un pare-feu à l’indépendance des journalistes? Ce qu’il est important de sauvegarder, ce sont les journalistes dont la profession est d’analyser l’information. Le fédéral, quant à lui, n’a pas la volonté d’aller chercher de l’argent auprès des GAFA. Nous sommes pourtant aujourd’hui à un moment crucial et il faut trouver des solutions. Il y a là un enjeu de démocratie. Le média local a un taux de pénétration qu’on ne pourrait pas avoir avec les outils numériques de la Ville. Ça ne me dérangerait pas que le gouvernement oblige de nouveau les municipalités à afficher les avis publics dans un journal local, mais ce n’est pas là que je vois l’avenir de l’aide aux médias. À dire vrai, nous n’avons pas diminué nos annonces dans le journal local, car le but premier est d’informer le plus grand nombre de citoyens. »

« Ça ne me dérangerait pas que le gouvernement oblige de nouveau les municipalités à afficher les avis publics dans un journal local, mais ce n’est pas là que je vois l’avenir de l’aide aux médias. » – Martin Murray

Suzanne Roy, mairesse de Sainte-Julie

« Capitales Médias est à l’image de ce qui se déroule en ce moment pour la presse locale. C’est préoccupant. Il est essentiel de maintenir la presse locale pour informer les citoyens de ce qui se passe chez eux. Avec le projet de loi 122, nous permettant de ne pas diffuser les avis publics, nous avons compensé avec des publicités et nous dépensons exactement le même budget dans les médias locaux qu’avant. Il faudrait par contre que le gouvernement provincial ainsi que le gouvernement fédéral envoient un pourcentage de leur publicité dans les journaux locaux. Il est important de taxer Netflix et les géants du numérique qui ne paient même pas d’impôt au Québec. Il ne faut pas mettre la faute sur le dos des municipalités, ce serait dangereux et pernicieux. C’est une responsabilité partagée. Il faut vraiment aller plus loin et mettre en place une situation structurante à long terme. Il faut redistribuer les taxes de l’Internet qui seront retournées à l’information locale et régionale. J’espère que Groupe Capitales Médias ne fera pas faillite. »

Yves Lessard, maire de Saint-Basile-le-Grand

« Dans les dictatures, on veut faire taire les médias. Trump veut donner la nouvelle et discréditer les médias d’information. Sur le plan macro, les médias sont tout aussi importants. Le gouvernement semble avoir saisi l’urgence de la situation pour Capitales Médias afin de lui donner un peu d’oxygène. Il faut sauver le journalisme. Au-delà des mesures d’urgence, il faut chercher à pérenniser les médias. Toutes les régions du Québec ici sont touchées. Si cela ne sonne pas l’éveil des consciences, je ne sais pas ce qui va se passer. Depuis plus de 10 ans, les solutions provenaient des initiatives à l’interne des médias. Entre eux, ils ne peuvent pas s’en sortir. Il faut que les citoyens se saisissent de la chose. »

Michel Picard, député fédéral de Montarville

« Cette situation est un autre signal d’alarme. Dans ma circonscription, j’utilise beaucoup le papier, les journaux locaux, mais je n’arrêterais pas d’utiliser les réseaux sociaux. Je ne veux pas valoriser l’un au détriment de l’autre. Mon but est de m’assurer que le plus grand nombre de personnes soient au courant de ce que je souhaite faire savoir. En fait, c’est la manière dont les règles se jouent qui fait que ça ne marche pas. Si un musicien entend à la radio sa chanson, il obtient une redevance. Il faut revoir le modèle média, mais il n’y a pas une réponse unique. J’aime bien le modèle de la France. La presse locale est indispensable. Je crois qu’il n’y a aucune autre solution pour parler de chez nous. On ne peut pas être indifférent à ça. On a du travail à faire. »

Hier soir, lors de la séance du conseil municipal à Saint-Bruno, sur une proposition du conseiller du district 4 Ludovic Grisé Farand, le conseil a voté à l’unanimité la démarche lancée par la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) sous le slogan » Je soutien mon journal. «

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