Quoi planter pour nos pollinisateurs

Par Marianne Julien
Quoi planter pour nos pollinisateurs
L’échinacée est intéressante pour les pollinisateurs pour son nectar, son pollen et ses graines. (Photo : Archives)

Dossier

Le mois de mai est enfin bien installé et, si ce n’est déjà fait, il est temps de penser à ce que vous voulez planter dans votre cour. Ce faisant, il est possible de joindre l’utile à l’agréable, soit de planter des espèces qui non seulement sont jolies, mais qui pourront aussi aider les insectes pollinisateurs.

Le journal Les Versants est allé s’entretenir avec l’organisme Alvéole afin de découvrir ce que monsieur et madame Tout-le-Monde peuvent aménager pour attirer les pollinisateurs, tels que les abeilles, les papillons, etc.

Selon Laurence Hamelin, directrice communications et marketing chez Alvéole, il est facile de créer une « oasis à pollinisateur » dans son aménagement paysager. « Il suffit de planter des fleurs et des plantes qui sont vivaces et qui vont offrir une source de pollen ou de nectar, voire un habitat », explique-t-elle.

Par exemple, certaines vivaces telles que l’eupatoire, dont les tiges sont creuses, deviennent un endroit idéal pour la ponte d’œufs des pollinisateurs. L’échinacée serait également une espèce très intéressante pour les pollinisateurs pour le nectar et le pollen, ainsi que pour les oiseaux pour ses graines.

Laurence Hamelin informe que plusieurs arbres peuvent également grouiller de vie : « En ce moment, l’érable est une source principale de pollen, les abeilles rapportent aussi du pollen de saule, de peuplier, etc., ainsi que des arbres et arbustes fruitiers. »

C’est ce que corrobore Lucien Comeau, un amateur de botanique ici à Saint-Bruno : « Pas mal toutes les plantes et fleurs attirent les abeilles, mais si je peux en suggérer une ou deux, ce serait la luzerne, les géraniums, ou de laisser le trèfle pousser sur votre terrain. »

« Il suffit de planter des fleurs et des plantes qui sont vivaces et qui vont offrir une source de pollen ou de nectar à un pollinisateur, voire un habitat. »

– Laurence Hamelin

En bref, il ne suffit que de rechercher les ressources dites mellifères. Notons que cette mesure aidera majoritairement les pollinisateurs indigènes, comme les abeilles solitaires et les papillons, donc pas nécessairement les abeilles à miel. « Ce sont eux qu’on peut protéger, dont on peut favoriser la reproduction avec des aménagements et différentes bonnes pratiques écologiques », ajoute Laurence Hamelin

Autres gestes à poser au quotidien
Pour Alvéole, il y a un autre aspect très important pour protéger les populations de pollinisateurs en déclin, soit l’utilisation des pesticides et des herbicides de synthèse. Pour leur bien-être, il faudrait donc moins tenir à avoir une pelouse parfaite, cesser l’utilisation de ces produits et accepter la présence de quelques pissenlits.

« Le pissenlit est parmi les premières ressources de pollen et de nectar qui émergent au printemps et les pollinisateurs se jettent dessus pour avoir enfin des ressources dans le but de se nourrir, informe Laurence Hamelin. Il faut apprendre à changer sa perception et à aimer les fleurs qu’on pourrait considérer comme de la mauvaise herbe. »

Dans la même optique, les gens sont encouragés à consommer des produits biologiques afin de décourager l’utilisation des pesticides dans les champs.

D’après Alvéole, c’est l’agriculture industrielle qui est la plus grande menace pour les populations de pollinisateurs. « Si on arrête d’utiliser ces produits dans les champs, on permet à des fleurs sauvages de pousser et on arrête de tuer les insectes qu’on aime », soutient la directrice.

Il suffirait donc d’encourager les fermiers de famille, de s’abonner à un panier bio et de demander aux producteurs dans les marchés d’été s’ils utilisent ou non ce genre de produits.

Finalement, il est possible d’installer un hôtel à pollinisateur chez soi, qui offre un habitat aux abeilles. « Ce n’est pas nécessairement une mesure de grande échelle, mais elles peuvent aller y pondre leurs œufs et ça nous permet d’être plus en contact avec elles et de les voir faire. C’est un outil d’éducation intéressant », souligne-t-elle.

Il faudrait toutefois choisir un hôtel à pollinisateur qui a été spécifiquement conçu pour ça et qui est facile d’entretien afin d’éviter les parasites et la prolifération de maladies au fil du temps.

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