Un vote étudiant au Québec identique au vote national, même dans la classe 603 à l’École Montarville

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Par Frédéric Khalkhal
Un vote étudiant au Québec identique au vote national, même dans la classe 603 à l’École Montarville
Les éléves de la classe 603 ont voté le 18 octobre à l’École De Montarville. (Photo : courtoisie)

À 21 h 30, heure de fermeture officielle des bureaux de vote au pays, on connaîtra déjà ce que pourra être la tendance des futurs résultats à la fin de la soirée.

Tous les élèves qui n’ont pas encore le droit de vote ont déjà eu la possibilité de s’exprimer pour le chef de parti qu’ils choisiraient à ces élections.

« Depuis le mois de septembre, les classes de 6 année de l’École De Montarville ont participé au projet Vote étudiant. Nous avons parlé de politique et comparé les projets/idées de chaque parti. Le 18 octobre, les élèves ont fait un vote dans l’isoloir, avec un scrutateur et une urne. Le résultat sera dévoilé ce soir. » Voilà comment l’enseignante Amélie Rheault présente le projet qu’elle a mis en place avec sa classe 603 à Saint-Bruno-de-Montarville.

Le Vote étudiant était offert gratuitement à toutes les écoles primaires/élémentaires, intermédiaires et secondaires. L’École De Montarville a ciblé ses quatre classes de 6 année pour participer à l’expérience du vote démocratique.

Ainsi, l’établissement a reçu d’Élections Canada le matériel électoral nécessaire pour simuler cette élection en quasi temps réel.

« L’objectif de la démarche est d’informer les élèves sur le gouvernement et le processus électoral, d’améliorer leurs compétences en analyse de l’information, d’encourager la recherche sur les partis, les candidats et les enjeux, et de favoriser le dialogue entre les élèves et leur famille », peut-on lire sur le site d’Élections Canada.

Rencontre de la classe 603

Le journal Les Versants est allé à la rencontre des élèves de cette classe pour savoir comment ils avaient vécu cette expérience.

Sur la trentaine d’élèves, beaucoup ont répondu aux questions du journal avec conviction devant leur enseignante sans jamais dévoiler le résultat du vote qu’il connaissait déjà. « Il y a une grande majorité qui se dégage des quatre classes qui ont voté. Une personne a récolté 20 voix de plus que les autres, c’est quasiment l’équivalent d’une classe. » C’est le seul résultat qu’il a été possible de connaître.

Depuis le mois de septembre, les élèves, accompagnés de leur professeure, ont utilisé tous les supports pour passer au peigne fin les programmes des candidats. « Nous avons commencé par les programmes des candidats sur les sites Internet afin d’avoir un point de vue de tous sur les thématiques qu’ils abordaient », « J’en parlais beaucoup avec ma famille et j’écoutais ce qu’ils disaient », « J’ai aimé ça, mais j’étais un peu perdu parfois. Il y a tellement de points de vue différents. Quand j‘en parlais avec mes amis, nous pouvions être en désaccord. »

« Ma mère m’apprend à ne pas couper la parole. C’est tout ce que j’ai vu lors du débat. Je n’ai vraiment pas envie de faire de la politique. » – Un élève de la classe 603

Les débats des chefs ont suscité la curiosité des élèves. Malgré l’heure tardive des discussions retransmises à la télévision, les jeunes politologues ont trouvé un moyen d’en regarder des bribes pour pouvoir les analyser. « J’ai regardé des bouts du Débat des chefs, mais c’était long », « J’ai regardé des moments, mais j’ai trouvé qu’il était plus facile de comprendre les idées de chacun sur le site Internet que pendant le débat où on ne comprenait rien », « J’ai regardé tout le débat. Je l’ai trouvé intéressant », « J’ai enregistré le débat. J’ai trouvé ça drôle. Rien ne semblait naturel. »

Manque de respect

La chose qui a le plus marqué les élèves de la classe 603 est le manque de respect qu’il y a eu entre les chefs lors des débats. C’est pour les mêmes raisons qu’aucun d’entre eux n’a trouvé dans l’exercice politique l’élan pour une vocation future. « Ma mère m’apprend à ne pas couper la parole. C’est tout ce que j’ai vu lors du débat. Je n’ai vraiment pas envie de faire de la politique », « Cela ne me tente pas non plus. Ils ont fait preuve de manque de respect. Les chefs ne voulaient que rabaisser l’autre », « Je n’aimerais pas ça faire de la politique, car tout le monde parle de toi, de ta vie privée. C’est sûr que certaines personnes vont parler méchamment de toi et ce n’est pas très respectueux », « Je n’aimerais pas ça marcher dans la rue et me faire reconnaître par les gens »…

Pour la petite histoire, la classe 603 n’a donné aucune majorité absolue à l’un des candidats, contrairement aux autres écoliers de 6année de l’École De Montarville. Un résultat qui reflète beaucoup plus la réalité à l’échelle canadienne, où Justin Trudeau a été élu sans majorité à la Chambre des communes du Canada, contrairement à 2015.

Au Québec, le vote étudiant avait également donné un gouvernement minoritaire libéral avec 27,4 % des voix pour Justin Trudeau.

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