Quand la créativité en prend un coup

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Par Frank Rodi
Quand la créativité en prend un coup
Il semble que le confinement a entraîné certains artistes dans un vide créatif. (Photo : Bassam Sabbag)

Confinement

Le journal Les Versants a appris que la production d’environ 85 % des membres de l’Association des artistes peintres affiliés de la Rive-Sud avait été au plus bas pendant le confinement du printemps. Il semble que cette mise sur pause, pour tous, n’a pas été bénéfique pour les artistes.

C’est l’artiste peintre de Saint-Bruno-de-Montarville, RaShel, qui a mentionné cette information à notre journaliste lors du Circuit des arts, la semaine dernière. « Selon l’Association des artistes peintres affiliés de la Rive-Sud (AAPARS), nous sommes 85 % à avoir stoppé la créativité. Plusieurs d’entre nous sommes tombés raplapla », de déclarer RaShel.

Au journal, elle parle de « créativité en berne ». RaShel poursuit : « Les artistes, nous sommes reconnus pour ce côté solitaire, à travailler dans notre bulle. Je pense que la COVID en a rajouté une couche. »

Le vice-président de l’AAPARS et artiste peintre, Jacques Landry, confirme cette donnée à propos que plus du 3/4 des membres ont souffert du syndrome de la toile blanche le printemps dernier. « Moi non plus, je n’ai pas produit », confie le Montarvillois.

Des projets de rénovation

En mars dernier, le journal rapportait que la COVID-19 forçait l’AAPARS à annuler son Expo-galerie printanière, prévue à La Prairie les 4 et 5 avril. Jacques Landry revient sur cette période difficile. « En fait, j’ai produit au début du mois de mars en vue de notre rendez-vous à La Prairie. Puis par la suite, à deux semaines d’avis, notre événement sur lequel nous avions travaillé très fort pour le préparer a été annulé. Pendant les deux semaines suivantes, j’ai regardé les nouvelles et les conférences de presse quotidiennes. Puis un jour, nous avons décidé de partir au chalet et d’y réaliser des rénovations. Un projet que nous repoussions depuis quelque temps déjà », raconte M. Landry.

Quand on lui pose la question, ReBel, une autre artiste peintre de Saint-Bruno-de-Montarville, nous répond que le printemps dernier, lorsque le Québec est entré en confinement, elle a pris un moment de recul. « Je crois que beaucoup d’artistes ont fait ça. Pour ma part, le printemps n’est jamais une période très productive. Je peins plutôt l’été et l’automne, en vue des événements à venir. »

Réorganisation

ReBel, de son véritable nom Renée Bellavance, aura donc pris ces semaines de confinement pour se réorganiser. Elle reprend : « Tous ces petits projets que je me promettais de travailler lorsque la terre allait arrêter de tourner… voilà, j’ai profité du confinement pour rattraper le temps. »

De son côté, RaShel commente un autre aspect qu’elle a constaté au cours du confinement. « En tant qu’artistes, nous n’avions pas l’inspiration pour créer. Personnellement, les couleurs ne me parlaient plus; je n’étais pas dans un état d’esprit créatif. Puis, à l’inverse, ce sont les gens qui ne peignaient pas, qui sont pris dans un emploi prenant et qui avaient toujours rêver de peindre qui se sont finalement mis à l’œuvre et qui ont découvert une nouvelle passion », raconte-t-elle.

Mais il n’y a pas que les artistes peintres que le confinement a réduits au silence. L’artiste se retrouve dans la musique, l’écriture, la sculpture, la photographie…

Une période difficile

En entrevue avec Les Versants, le romancier Emmanuel Lauzon admet que le début du confinement a été pénible pour lui. « Pour moi, c’était impossible d’écrire. Je vivais trop de stress; je vivais quelque chose de difficile, explique le père de deux jeunes enfants. Créer, écrire, me concentrer, je n’y arrivais pas! Tout était au point mort. »

Emmanuel Lauzon a pris la décision, il y un peu plus de trois ans, de délaisser son emploi régulier afin de se consacrer à l’écriture, aux salons du livre, aux conférences… bref, il vit de ce qu’il couche sur le papier. « Oui, le confinement aurait été une période idéale pour créer. Cette période nous donnait tous plus de temps. Mais dans mon cas, il y a plus de contres par rapport à la productivité. Je trouve mon inspiration grâce au contact avec les gens. J’ai besoin de ce rapprochement, ça me nourrit. Cet aspect, durant le confinement, m’a beaucoup manqué », évoque-t-il.

Puis, questionnée par le journal, l’auteure Rébecca Mathieu, de Saint-Basile-le-Grand, fait savoir que le confinement a été pour elle l’occasion de retravailler de vieux manuscrits. « Je n’ai pas vécu de différence au niveau (sic) de mon écriture. Par contre, j’ai décidé https://masterra.com/ d’apprendre le japonais et j’ai commencé à explorer les blogs pendant ce temps », de conclure Rébecca Mathieu.

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