Prolifique Rébecca Mathieu

Photo de Frank Rodi
Par Frank Rodi
Prolifique Rébecca Mathieu
L’auteure Rébecca Mathieu, lors de son voyage en Islande, au cœur de Kerlingarfjöll, une chaîne de montagnes à proximité de la piste de Kjölur dans les hauts plateaux islandais. (Photo : courtoisie )

L’auteure Rébecca Mathieu est au Salon du livre de Montréal en fin de semaine, ainsi qu’au Grand Salon des auteurs jeunesse de l’École Jacques-Rocheleau, à Saint-Basile-le-Grand, les 4 et 5 décembre. Entrevue avec une jeune femme qui n’arrête jamais d’écrire.

Pourquoi souhaitez-vous être présente au Grand Salon des auteurs jeunesse de l’École Jacques-Rocheleau?

C’est à Jacques-Rocheleau que j’ai fait ma première année du primaire, et les professeurs et organisateurs y sont tellement accueillants que ce serait un crime de ne pas trouver le temps d’y participer. J’aime revoir toute l’équipe, ainsi que découvrir de nouveaux visages; je pense entre autres aux élèves bénévoles, qui sont toujours d’une grande aide et gentillesse.

Est-ce important pour vous de rencontrer les jeunes lecteurs?

Absolument! J’aime rencontrer d’autres amoureux de la lecture, et ça me fait toujours plaisir de discuter avec des jeunes qui commencent à écrire. Je fais toujours de très belles rencontres dans les salons.

« Le “problème”, c’est que je n’arrête jamais d’écrire. » – Rébecca Mathieu

Quels moyens utilisez-vous pour les intéresser à vos romans?

Les anecdotes! Beaucoup de mes livres, et surtout la série Coup de patin, sont truffés d’aventures un peu absurdes qui sont vraiment arrivées à des gens que je connais. Par ailleurs, beaucoup de mes protagonistes sont des gens comme vous et moi, comme eux, qui cherchent simplement leur chemin dans la vie; il est facile de s’identifier à de tels personnages, de vivre l’histoire et de la ressentir à travers leurs yeux.

Le Salon des auteurs jeunesse de Jacques-Rocheleau se déroule dans votre patelin, est-ce un rendez-vous particulier pour vous?

C’est dans cette ville que j’ai grandi, et elle a changé avec les années, beaucoup, même, mais Jacques-Rocheleau est toujours au même endroit, la bibliothèque Roland-LeBlanc n’est qu’à un coin de rue, et je m’y sens toujours autant “chez moi”!

Cette semaine, vous êtes aussi au Salon du livre de Montréal (SLM)… Comment abordez-vous ce rendez-vous littéraire comparé à celui de Jacques-Rocheleau?

C’est un événement très différent, où les rencontres entre auteurs et lecteurs se font souvent sur le coin d’une table, parce que le SLM est une immense ruche où tout bouge constamment. C’est une bonne chose, mais j’apprécie également l’atmosphère plus détendue à Jacques-Rocheleau, où auteurs et lecteurs ont le temps de discuter de ce qui les passionne; c’est un rendez-vous familial, et l’accueil est très chaleureux!

Est-ce qu’il y a trop de salons du livre au Québec?

Pas du tout; même qu’il y en a beaucoup auxquels je n’ai pas participé! Je fais le SLM chaque année, mais j’ai aussi essayé celui de Saint-Hyacinthe, de Trois-Rivières… Ils ne sont pas tous à la même échelle, et c’est cette variation qui me plaît, cette variété. L’interaction avec les lecteurs, le rythme, tout y est différent, et chaque expérience n’en est que plus intéressante.

Cet été, vous avez voyagé en Islande et en Irlande; en tant qu’écrivaine, que ramenez-vous de ces voyages?

Des idées! Je suis justement en train d’insérer des éléments de mon voyage en Islande (notamment une référence aux sources chaudes, qui sont absolument sublimes au cœur de la nature sauvage islandaise) dans un roman. Je m’inspire de la vie quotidienne lorsque j’écris, mais il est certain que les éléments puisés dans mes voyages sont plus exotiques!

La série Coup de patin, Mémoire et compulsion, Rouge pouvoir, Amadentelle, Ouroboros… tant de romans, mais aussi tant de genres littéraires différents. Pourquoi une palette si large?

J’aime les défis! Je crois que je resterai toujours attachée à la fantasy et à la science-fiction, mais le drame humain s’explore sur tellement de fonds différents que j’ai laissé libre cours à ma curiosité.

Le troisième tome de Coup de patin vient de paraître… Une corvée ou un accomplissement d’avoir été jusqu’au bout?

Contrairement à ce que je croyais avant de commencer à écrire plus régulièrement, la création littéraire n’a rien d’une transe continue où l’histoire “s’écrit toute seule”. Les idées n’affluent pas tout au long de la rédaction; au contraire, l’écriture est un chemin pavé de questionnements, de suppressions et de recommencements, et chaque livre que j’ai écrit a eu ses moments plus faciles, où mes idées se branchaient directement au clavier sans le moindre effort, et ses journées de frustration, où rédiger un paragraphe relevait de l’impossible. L’inspiration est une alliée sans prix, mais ses visites sont peu régulières, quel que soit le livre, et c’est pourquoi je considère chaque point final, chaque roman terminé, comme un accomplissement.

Vous dédiez votre roman Mémoire et compulsion « aux premières fascinations, qui laissent toujours une marque ». Que vouliez-vous dire?

Que j’ai écrit ce livre à un moment de ma vie où mes émotions jouaient aux montagnes russes, alors que je découvrais un monde bien au-delà des limites que mon adolescence avait tracées jusqu’alors.

D’ailleurs, d’où vous est venue l’idée d’écrire ce pavé, Mémoire et compulsion, et que représente-t-il pour vous dans l’ensemble de votre œuvre?

C’est une histoire assez rigolote, en fait. Un soir où je n’arrivais pas à dormir, je me disais que ce serait intéressant de rédiger les aventures d’une femme amnésique qui doit à tout prix convaincre un homme qu’elle doit rester chez lui, car elle a besoin de lui, et vice versa… Le lendemain, j’ai commencé à m’intéresser au pourquoi. Je considère que ce livre marque mon passage à un contenu plus mature, et la plupart des livres que j’ai écrits depuis ou que je suis en train d’écrire reflètent cette évolution. Par ailleurs, ce pavé était trois fois plus volumineux à l’origine; c’est à travers sa révision, sur plusieurs années, que j’ai affûté ma “lame à retrancher”, en quelque sorte.

Enfin, quelle est la suite littéraire pour Rébecca Mathieu?

Le “problème”, c’est que je n’arrête jamais d’écrire. Ces jours-ci, je travaille sur deux trilogies distinctes en français, un nouveau roman en anglais, et puis il y a une dizaine d’autres livres que je dois réviser ou continuer d’écrire. Si j’ai terminé mes projets actuels d’ici mes 50 ans, je m’estimerai chanceuse!

QUESTION AUX LECTEURS :

Avez-vous déjà lu un roman de Rébecca Mathieu?

Partager cet article

Laisser un commentaire

avatar
  S'inscrire  
Me notifier des