Projet solo pour Aswell

Photo de Frank Rodi
Par Frank Rodi
Projet solo pour Aswell
Le rappeur Aswell. (Photo : Félix Bossé)

Le rappeur Aswell présente son premier microalbum, SOLO, paru tout récemment. Le projet a été entièrement produit, mixé et matricé par les soins de ce Montarvillois d’origine.

Aswell compte, pour l’ensemble de ses chansons, plus de 8 millions d’écoutes sur les plateformes numériques.

Qui plus est, le magazine Paroles & Musique de la SOCAN considère cet artiste de 22 ans comme l’une des cinq recrues rap québécoises à surveiller en 2021.

Jeudi dernier, Aswell lançait son premier microalbum, SOLO. Pour le principal intéressé, à qui le journal Les Versants s’est adressé, cette sortie rend officiel sa carrière de musicien. « Avant [ce EP], j’avais sorti seulement huit singles en trois ans sur les plateformes numériques. J’attendais le bon moment pour sortir un premier projet. Je ne voulais pas sortir un [travail] trop dense à mes débuts, car les gens écoutent très rarement des projets en entier d’artistes qu’ils ne connaissent pas déjà », répond Aswell.

« J’ai vécu les vingt premières années de ma vie à Saint-Bruno; je crois que d’une certaine façon, il y a un peu de la ville dans chaque . » – Aswell

Cette parution, c’est aussi un signe pour Aswell qu’il est rendu à un moment de sa carrière où il se sent confortable et confiant pour proposer un projet plus complet. « D’un côté plus humain, la sortie de ce EP représente la dernière étape du deuil d’une relation qui fut assez complexe pour moi », confie-t-il.

Quand on lui demande quel objectif il désire réaliser avec ce premier projet important, le musicien veut que le disque soit apprécié par ses fidèles auditeurs. « Pour 2021, je souhaite que ce EP soit apprécié par les gens qui m’écoutent depuis le jour 1, me permette de me faire connaître à un public encore plus grand et me donne l’occasion de faire des spectacles! »

Il poursuit : « L’année 2020 a été pour moi extraordinaire sur les plateformes numériques et Internet. Par contre, dans la ‘’vraie vie’’, je ne suis pas assez sur la map à mon goût. J’ai confiance qu’avec l’aide de mon attaché de presse et de mon booker, je puisse y arriver! »

Six chansons

Le microalbum contient six chansons, dont « Leaving ». À elle seule, cette pièce compte près de trois millions d’écoutes sur les plateformes. À ce propos, il se dit surpris de la visibilité qu’il génère sur celles-ci. « Mais je comprend le phénomène, reconnaît-il. Les statistiques ont vraiment grimpé lorsqu’une de mes chansons a explosé sur les réseaux sociaux. Ce buzz m’a donné une visibilité énorme et m’a fait découvrir à beaucoup de gens qui écoutent maintenant tout mon catalogue de chansons au lieu de seulement écouter celle qui a explosé. »

D’ailleurs, pour revenir sur cette prédiction du magazine Paroles & Musique de la SOCAN, le jeune homme de Saint-Bruno-de-Montarville se montre « très honoré d’avoir été mentionné dans cet article et cela fait juste me confirmer que je m’en vais dans la bonne direction ».

Rappelant des artistes comme Juice Wrld, The Kid Laroi ou encore Lomepal, ce microalbum de rap québécois se situe entre le pop rap et l’emo rap. Aswell utilise ainsi des mélodies chantées, rendant l’ensemble accessible à un public très large. Le narratif, assez introspectif, est centré sur des thèmes tels l’échec amoureux, le regret, le vide existentiel. Aswell ouvre les portes de ses pensées, qu’il soigne avec la musique, et se confie dans un franglais décomplexé.

Saint-Bruno, l’inspirante

Grandir dans une ville peut inspirer tout musicien qui écrit ses chansons. C’est le cas d’Aswell, qui nous affirme que Saint-Bruno-de-Montarville l’inspire fréquemment. « J’en fais référence dans plusieurs chansons. J’ai vécu les vingt premières années de ma vie à Saint-Bruno; je crois que d’une certaine façon, il y a un peu de la ville dans chaque chanson. »

Par exemple, la pièce 99 est un clin d’œil à la ligne du même numéro du service d’autobus du Réseau de transport de Longueuil qui dessert la municipalité. Puis dans Hard To Love, l’auteur-compositeur écrit « Dieppe, Browntown, on est partis d’en bas ». Il explique : « Browntown en référence au surnom ‘’Saint-Brun’’ que l’on donne à la ville de Saint-Bruno et Dieppe en référence à la rue sur laquelle je vis maintenant à Sherbooke [pour mes études]. »

Notons qu’il y a aussi une rue de Dieppe à Saint-Bruno-de-Montarville.

Un ancien de La Collection

Adolescent, celui dont le véritable nom est Louis Lussier enregistre ses premières chansons aux côtés du rappeur PC the Infamous (Alexis Plante), avec qui il formera le collectif La Collection. Ce même groupe qui se produira au Centre Marcel-Dulude, à Saint-Bruno-de-Montarville, une première fois en février 2017, puis plus tard la même année, le 2 décembre, afin d’assurer la première partie du concert de Koriass. Depuis, le collectif s’est séparé et tous les membres de La Collection ont entamé une carrière solo. « J’ai toujours eu de la difficulté à travailler en groupe, reconnaît Aswell, qui voulait poursuivre sa carrière solo avec sérieux. C’est très cliché chez les artistes, mais je suis quelqu’un de perfectionniste et j’ai beaucoup de misère à concéder lorsqu’il est question de création artistique. J’aime avoir le contrôle absolu sur ce que je fais. C’est d’ailleurs pourquoi je produis, j’écris, je mixe et matrice seul la totalité de mes chansons. Exception faite de ce projet, dans lequel j’ai demandé l’expertise d’Alexandre Boivin, aka Nimbus2k, un ancien membre de La Collection, afin de m’aider à quelques endroits sur le mix. »

Lancé jeudi dernier, SOLO est maintenant en vente partout.

Partager cet article
S'inscrire
Me notifier des
guest
0 Commentaires
Inline Feedbacks
Voir tous les commentaires