Projet pilote à Saint-Basile

Photo de Frank Rodi
Par Frank Rodi
Projet pilote à Saint-Basile
La Ville de Saint-Basile-le-Grand lance le projet pilote Écorues. (Photo : courtoisie)

Écorues dans le quartier des Arbres

La Ville de Saint-Basile-le-Grand lance un projet pilote d’Écorues pour la prochaine saison hivernale afin de réduire son empreinte écologique. L’initiative sera menée dans le quartier des Arbres.

Pour l’hiver à venir, Saint-Basile-le-Grand implantera un projet pilote d’Écorues. C’est-à-dire un quartier dans lequel le contrôle de la chaussée glissante se fera en privilégiant l’utilisation d’abrasifs naturels composés de sable et de petites pierres concassées. Seule une quantité minimale de sels de déglaçage sera utilisée.

« Il est primordial de revoir nos façons de faire en pensant à des initiatives plus vertes et durables. » – Denis Vézina

Le secteur ciblé est composé des rues des Chênes, des Mélèzes, des Peupliers, des Pommiers, des Sorbiers, des Tilleuls et des Trembles. Le quartier comporte 2 km de chaussée ainsi qu’une dizaine d’intersections. Constitué que de rues locales, il a été visé parce qu’il est facile à délimiter. Il est localisé en périphérie de la zone urbanisée du territoire. Il comporte également peu d’entrées distinctes. « C’est avec fierté que la Ville met en place son tout premier projet pilote d’Écorues au sein de la municipalité. Par la mise en place de ce projet, la Ville désire concrétiser de nouvelles initiatives favorisant le respect de l’environnement au sein de ses actions déjà en place », souligne dans un communiqué le maire de Saint-Basile, Yves Lessard. Celui-ci rappelle que les sels de voirie sont nocifs pour les écosystèmes et les infrastructures. « La réduction de leur utilisation permettra de protéger notre milieu de vie qui nous est si précieux. »

Protéger l’environnement et les infrastructures

Il faut savoir que les sels de déglaçage ou de voirie, aussi appelés « fondants », sont considérés comme des produits toxiques par la Loi canadienne sur la protection de l’environnement, car ils ont des répercussions néfastes importantes sur plusieurs plans, dont la dégradation des écosystèmes aquatiques et leur biodiversité; le dépérissement des végétaux; la dégradation et le vieillissement prématuré des infrastructures; les dommages aux fondations des bâtiments. « Afin de préserver la qualité de [nos] milieux naturels, il est primordial de revoir nos façons de faire en pensant à des initiatives plus vertes et durables, note le conseiller du district 3 et responsable des dossiers de développement durable, Denis Vézina. Cela ne fera qu’améliorer la qualité de vie de nos citoyens. »

En plus des bénéfices environnementaux, cette pratique pourrait permettre à la Ville, à long terme et à plus grande échelle, de réaliser des économies substantielles par la diminution des coûts d’entretien de la chaussée en période hivernale et par une meilleure préservation des infrastructures. Les sels de déglaçage mélangés à l’eau de ruissellement viennent corroder l’acier d’armature se trouvant dans les trottoirs et les bordures, dans les bases de lampadaires et dans le mobilier urbain.

Faut-il rappeler les sommes que le conseil municipal actuel consacre à la réfection des infrastructures du territoire? Quelques exemples des plus récents travaux : la réfection du rang des Vingt au coût de 6 millions de dollars; la réfection de l’avenue du Mont-Bruno dont les travaux sont estimés à 6,7 millions; la scarification du boulevard du Millénaire et l’élargissement de son passage à niveau, pour environ 2,5 millions. Enfin, 8 millions de dollars sont prévus pour les travaux de réfection de la rue de la Montagne et une partie de l’avenue de Montpellier; une opération prévue au début de 2021. Ces travaux s’inscrivent dans le plan global du conseil municipal en place, visant à maintenir les infrastructures et d’en assurer la pérennité.

Opération de déglaçage normale et celle des Écorues

En temps normal, une opération de déglaçage consiste à épandre un mélange d’abrasif constitué à 40 % de petites pierres concassées et à 60 % de sels de déglaçage. L’épandage s’effectue durant et après des précipitations de neige, et ce, sur la totalité des surfaces des artères collectrices, mais uniquement aux intersections dans les secteurs composés de rues locales. Ce projet pilote réduira donc la quantité de fondants utilisée pour le traitement d’une dizaine d’intersections dans le secteur visé.

Utilisation de sels de déglaçage en cas de situation exceptionnelle

Certaines conditions météorologiques hivernales pourraient rendre l’utilisation de sels de voirie nécessaire afin d’assurer la sécurité des usagers de la route, par exemple à la suite d’un épisode de verglas. D’autres conditions extrêmes causées par des épisodes successifs et rapprochés de gel et de redoux, qui empêcheraient le dégagement rapide de l’ensemble des puisards, pourraient entraîner l’utilisation exceptionnelle de fondants. Le Service des travaux publics surveillera tout au long de l’hiver les conditions météorologiques ainsi que l’état de la chaussée dans les Écorues.

La sécurité : une priorité

La sécurité des piétons et de l’ensemble des usagers de la route est une priorité pour la Municipalité. La décision d’implanter un projet pilote s’est prise à la lumière des expériences vécues ailleurs au Québec. Pensons entre autres au projet d’« écoroutes d’hiver » du ministère des Transports du Québec. À cet effet, la collaboration des automobilistes est primordiale. C’est pourquoi la Municipalité instaure une campagne de sensibilisation afin de responsabiliser les conducteurs à réduire leur vitesse lorsqu’ils circulent dans une Écorue et à freiner à l’avance sans bloquer les roues, ce qui permet à l’abrasif de rester en place. « Nous sommes sensibles aux inquiétudes de nos citoyens. Nous souhaitons que ce quartier paisible demeure sécuritaire pour les familles s’y étant établies », poursuit Denis Vézina.

En plus de la collaboration des automobilistes pour adapter leur conduite en conditions hivernales, la Ville souhaite insuffler aux Grandbasilois un sentiment de fierté de contribuer à réduire l’empreinte environnementale de l’entretien des routes, et ce, sans compromettre la sécurité des usagers.

Un projet pilote visible

Une page Web dédiée au projet est accessible au villesblg.ca/ecorues. Des affiches extérieures grand format ont été prévues aux entrées principales de la ville et des panneaux de signalisation seront installés aux intersections de l’avenue des Ormes et des rues des Mélèzes, des Tilleuls, des Pommiers et des Chênes, de même qu’à l’intersection de la montée Robert et de la rue des Trembles.

Le projet pilote 2020 ne concerne qu’une partie du territoire urbain, mais il permettra à la Ville de recueillir des données de fonctionnement ainsi que les commentaires des citoyens. Par la suite, le conseil municipal pourra prendre une décision éclairée quant à l’élargissement du projet. Commentaires et interrogations à propos du projet pilote d’Écorues par téléphone au 450 461-8000, poste 8300 ou par courriel à tp@villesblg.ca. La Municipalité rappelle aux citoyens d’adapter leur conduite aux conditions hivernales.

La Ville n’a pas répondu à la demande d’entrevue du journal avant la tombée.

Partager cet article
S'inscrire
Me notifier des
guest
0 Commentaires
Inline Feedbacks
Voir tous les commentaires